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Questions à Pierre Ayroles

Publié le 16 avril 2014

Par Benoît Landré
3 min de lecture
Pierre Ayroles, directeur du marché auto de VivaStreet.

JOURNAL DE L’AUTOMOBILE. Comment expliquez-vous le relatif anonymat de la société sur le secteur des petites annonces automobiles ?
PIERRE AYROLES.
VivaStreet est un site de petites annonces généraliste français qui existe pourtant depuis 2004, mais qui n’a jamais fait partie des panels visibles. A l’époque de ParuVendu, je surveillais déjà ce site même s’il ne représentait pas un vrai danger, faute de remontées de la part des professionnels. En 2012, le groupe a choisi de développer sa croissance en se spécialisant dans les secteurs de l’emploi, de l’immobilier et de l’automobile. Ce dernier représente actuellement 20 % de l’activité de VivaStreet. Nous sommes restés discrets car nous avons d’abord concentré nos efforts en faveur de la charte de qualité, des procédures de contrôle, de la modération et de l’épuration des annonces ou encore de la création de passerelles avec les logiciels des professionnels. Aujourd’hui, nous sortons du bois.

JA. Comment comptez-vous vous imposer sur un secteur où les positions sont déjà bien établies ?
PA.
Je pense qu’il n’est pas trop tard pour se positionner sur ce marché, qui est encore loin d’être concentré, même s’il est certain qu’il aurait été préférable d’arriver plus tôt. VivaStreet, qui est implanté dans 19 pays, gagne bien sa vie et repose sur un modèle économique pérenne, puisque l’ensemble des développements se font en propre. Notre audience ainsi que le référencement naturel sont nos deux principales forces.*

Nous n’avons pas de force commerciale à ce jour, mais nous nous appuyons sur un centre d’appel, au Maroc, qui nous permet de faire de la conquête auprès des professionnels. Aujourd’hui, 60 % de nos annonces émanent de professionnels, contre 10 % il y a encore un an. Enfin, nous avons opté pour un business model différent puisque le dépôt d’annonces est gratuit pour les professionnels comme pour les particuliers. Nous nous rémunérons à parts égales entre la publicité et la vente d’options pour valoriser les annonces.

JA. Le modèle gratuit ainsi que la charte graphique de votre site ne sont pas sans rappeler le Bon Coin…
PA.
Nous avons cette base commune avec Le Bon Coin dans l’ensemble des pays où nous sommes implantés. Il s’agit d’un modèle qui a fait ses preuves en France et un peu partout dans le monde. Aujourd’hui, Le Bon Coin a acquis une telle position et les utilisateurs sont tellement conditionnés par ce site qu’il est devenu difficile de réinventer le métier. Ce qui ne nous empêche pas de nous différencier en développant des nouveaux services ou des options pertinentes en faveur de la performance. Nous faisons des tests et travaillons à mieux monétiser notre audience.

JA. La gratuité a une limite dans le temps. A quel moment la bascule se fera-t-elle ?
PA.
C’est le succès du site et la qualité des contacts générés qui vont conditionner le passage au payant. Faire du gratuit c’est bien, mais cela ne suffit pas. Il faut juste choisir le moment opportun pour amorcer ce virage. Mais l’idée est d’aller le plus vite possible. Nous sommes encore en phase de conquête et le modèle “Freemium” est sans doute le meilleur à l’heure actuelle.

*Le site revendique près de 8 millions de visiteurs uniques par mois sur vivastreet.com. La partie automobile représente 2,3 millions de visites et 1,3 million de visiteurs uniques par mois.

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