Nextlane va supprimer 20 % de ses emplois en France

Le groupe Nextlane s'apprête à supprimer des postes en France dans le cadre d'un vaste projet de réorganisation des ressources humaines. L'éditeur de DMS et de solutions digitales pour les distributeurs automobiles qui compte autour de 250 salariés dans l'Hexagone envisage de se séparer de 50 à 60 personnes, selon Stéphane Suraud, secrétaire CSE et délégué syndical CFE-CGC.
Les salariés ont été informés, lundi 23 mars 2026, de la décision du groupe et des catégories professionnelles se retrouvant sur la sellette. "Le plan concerne une forte proportion de consultants fonctionnels et de personnels qui assurent les fonctions support", explique le délégué du syndicat majoritaire. Des salariés dont la mission première consiste à accompagner les concessionnaires au quotidien, sur site et à distance.
Contactée par nos soins, la direction avance que "Nextlane fait évoluer son organisation à l’échelle européenne afin de renforcer ses capacités et d’accompagner durablement la transformation du marché de la distribution automobile". D'après Stéphane Suraud, les négociations commencent pour définir les conditions exactes du plan de départs volontaires. "Nous chercherons à minimiser le nombre", dit-il. Un accord doit être trouvé en avril.
Délocalisation vers le Portugal
Nextlane va migrer ces postes vers le Portugal. Le groupe prépare la création d'une nouvelle infrastructure à Porto. Il s'agirait d'un centre d'excellence, où les fonctions supports se concentreront dès 2026. "Le calendrier ainsi que les modalités associées, notamment en matière de transfert d’expertise, font actuellement l’objet d’échanges avec les instances représentatives du personnel", rapporte encore le groupe au Journal de l'Automobile.
Du point de vue de l'éditeur, cette évolution s’inscrit dans une logique de renforcement du modèle opérationnel européen. L'enjeu serait donc de mieux accompagner une base clients multimarchés, en améliorant la continuité de service, la réactivité et la coordination dans l’accès à l’expertise.
Dans l'Hexagone, la CFE-CGC témoigne de l'incompréhension, arguant que la France représente encore autour de la moitié du chiffre d'affaires réalisé par le groupe. Mais la croissance de Nextlane ne tiendrait plus réellement au marché tricolore en difficulté. La direction du groupe assure cependant que "la France demeure un marché stratégique pour Nextlane". L'engagement à long terme n'est pas remis en question. Un renforcement des ressources commerciales ferait partie du projet pour la suite.
"La dynamique du marché espagnol pousse à se tourner davantage dans cette direction", commente un cadre de Nextlane France. Pourtant, cette mesure adoptée par l'éditeur de logiciel impacterait d'autres filiales que la France, dont l'Espagne justement. D'après les informations dont dispose le délégué syndical, plusieurs dizaines d'employés seraient menacés de l'autre côté des Pyrénées, malgré l'importance de ce territoire.
Le troisième épisode de l'ère Providence Strategic Growth
Pour les uns, la délocalisation risque de dégrader nettement la qualité de la relation client en mettant de la distance avec les concessionnaires. "Des salariés doués de plusieurs années d'expérience vont être remplacés par des débutants", fustige le syndicaliste. Pour d'autres, elle va créer cet électrochoc. "Depuis des années, Nextlane souffre d'une mauvaise réputation en matière de traitement des clients et de leurs réclamations. Il faut prendre un virage et le centre d'excellence peut apporter la réponse", nous confie-t-on encore sous couvert d'anonymat.
Ce plan de départs volontaires n'est pas la première disposition du genre pour l'entreprise anciennement connue sous le nom d'Imaweb. Après l'effort de consolidation orchestré par Providence Strategic Growth en 2020, un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) a été adopté en 2021. Puis s'en est suivie une rupture conventionnelle collective (RCC) en 2023. À chaque fois, le personnel issu d'ICar Systems à Tours et de Datafirst à Lyon en a fait les frais.
"Depuis l'automne dernier, nous pressentions une nouvelle action", glisse Stéphane Suraud. Ce que confirment d'anciens cadres du groupe ayant justement quitté les rangs en 2025 en signe de protestation contre cette stratégie.
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