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Mobilians : Xavier Horent sur le départ, une transition stratégique s’ouvre

Publié le 1 avril 2026

Par Catherine Leroy
4 min de lecture
Après plus de vingt ans au cœur de la représentation des métiers de l’automobile, dont deux décennies à transformer le CNPA devenu Mobilians, son délégué général Xavier Horent annonce son départ à l’issue de la prochaine mandature. Une page se tourne pour l’organisation, sur fond de crise profonde de la filière.
Xavier Horent
Xavier Horent, délégué général de Mobilians, quittera l'organisation patronale à l'issue des élections professionnelles. ©Xavier Horent

La campagne pour la présidence de Mobilians est désormais lancée. Denis Bernier, Marc Bruschet et Virginie de Pierrepont sont officiellement candidats à la succession de Francis Bartholomé. Mais au-delà de cette élection, un autre tournant se profile pour l’organisation professionnelle.

 

Selon nos informations, le délégué général, Xavier Horent, quittera ses fonctions à l’issue de la prochaine mandature, d’ici à fin juin 2026. Interrogé par Le Journal de l’Automobile, l’intéressé confirme son départ et évoque "beaucoup d’émotion" au moment de tourner la page après plusieurs années à la tête de l’organisation. "Avec la fin de la mandature de Francis Bartholomé, un cycle différent va s’ouvrir avec une équipe élue fin juin, terme auquel je remettrai ma délégation générale", reconnaît-il.

 

Du CNPA à Mobilians

 

Figure centrale de la représentation des métiers de l’automobile depuis plus de vingt ans, Xavier Horent a profondément marqué l’organisation. Diplômé de Sciences Po et de philosophie politique, de formation littéraire et économique, il rejoint le CNPA au début des années 2000 pour y piloter les relations extérieures, puis la communication, avant d’en devenir délégué général à 32 ans en 2005.

 

Fin connaisseur des rouages institutionnels, ministériels et parlementaires, il s’est imposé au fil des années comme l’un des interlocuteurs privilégiés des pouvoirs publics sur les grands enjeux de la filière et comme un partenaire de confiance pour les entreprises.

 

Xavier Horent estime aujourd’hui avoir mené à bien sa mission de transformation de l’organisation. "Mobilians n’a plus rien à voir avec le CNPA d’il y a un peu plus de 20 ans. Garder ce qui vaut, changer ce qu’il faut : c’est ma ligne de conduite. Ma mission est aujourd’hui accomplie", souligne-t-il. De fait, le poids politique et de lobbying de Mobilians s’est largement développé ces dernières années, comme le nombre de ses adhérents, multipliés par quatre.

 

Moove Lab et l’élargissement des métiers au cœur du bilan

 

L’organisation patronale joue désormais dans la cour européenne avec la création de l’AME (Automotive Mobility Europe), dont Xavier Horent est président, avec son homologue allemand, la ZDK. Sous l’impulsion de ce dernier, l’AME intègre même désormais la structure historique du Cecra.

 

En France, Xavier Horent a également créé le Moove Lab, en 2017, un accélérateur de start-up dédié aux nouvelles mobilités, présenté à l’époque comme "d’intérêt général pour la filière". Près de 150 d’entre elles ont ainsi pu bénéficier de l’écosystème de Station F.

 

Enfin, le syndicat réunit désormais près de 25 métiers liés à la mobilité contre une dizaine à son arrivée. "Je n’avais pas prévu de rester aussi longtemps dans ce secteur. Je n'y ai pas vu le temps passer, et ma motivation n'était d’ailleurs pas conduite par un plan de carrière : mon plan était de développer un syndicat performant et respecté en le mettant en mouvement et en lui faisant gagner son espace de liberté", ajoute-t-il.

 

Au-delà de Mobilians, Xavier Horent livre également une analyse sans détour de la situation de la filière automobile française. Il évoque "la plus grande crise de son histoire" et alerte sur le décrochage industriel du pays. L’emploi a chuté de 33 % en 13 ans dans la filière, tandis que "l’automobile française ne joue plus dans la même cour" face à ses concurrents européens. "Cette chute touche l’ensemble des territoires, des secteurs et des métiers de l’industrie automobile, fauchés en première ligne par rapport au reste de l’industrie manufacturière : 138 000 emplois au total", analyse-t-il.

 

Refonder la représentation du secteur

 

Il plaide pour une refondation de la représentation du secteur, estimant que "la fragmentation et la dispersion des moyens de la filière française la menacent d’inefficacité et d’effacement". Dans ce contexte, son départ s’inscrit aussi dans une volonté de se tourner vers de nouveaux engagements. "Je suis à la recherche d’une nouvelle mission où je pourrai contribuer à un effort de renouveau national qui passe par la puissance du socle entrepreneurial et des valeurs qu’il véhicule", indique-t-il, tout en soulignant l’importance à ses yeux de la "responsabilité pour promouvoir une culture du risque et de l’engagement".

 

"Je pars avec un sentiment d’urgence mais sans fatalisme. On dit que tout est perdu : je ne le pense pas car notre pays, dont l’histoire est celle d’un éternel sursaut, reste aussi une nation d’entrepreneurs, avec une automobile qui représente une aspiration populaire très puissante. La responsabilité de Mobilians est de porter cet élan aux côtés de l’industrie, particulièrement dans les tempêtes qui s’annoncent", poursuit Xavier Horent.

 

La campagne interne, désormais ouverte entre Denis Bernier, Marc Bruschet et Virginie de Pierrepont, dépasse ainsi la seule question de la présidence. Elle pourrait redéfinir en profondeur l’organisation et le positionnement de Mobilians dans un secteur en pleine mutation.

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