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Les automobilistes perdus dans le dédale réglementaire

Publié le 7 novembre 2023

Par Catherine Leroy
4 min de lecture
Selon la dernière étude de l'Observatoire de l'automobile Cetelem, les automobilistes sont dans le brouillard. Motorisation, prix des véhicules électriques, méconnaissance des ZFE, interdiction des ventes de thermiques, la multiplication des réglementations concernant la voiture finit par perdre complètement le consommateur, qui préfère attendre avant d'acheter.
étude de l'Observatoire de l'automobile Cetelem
Selon la dernière étude de l'Observatoire de l'automobile Cetelem, seuls 21 % des Français pensent acquérir une automobile dans les douze prochains mois. ©adobestock.com

ZFE, interdiction des vente de véhicules thermiques en 2035, prix des véhicules électriques... les automobilistes ne savent plus où donner de la tête et sont "dans le brouillard". Ce qui provoque de l'attentisme dans les actes d'achat, selon la dernière étude de l'Observatoire de l'automobile Cetelem.

 

Cette étude annuelle sur les attentes et comportements des automobilistes, réalisée dans 16 pays (Allemagne, Autriche, Belgique, Chine, Espagne, États-Unis, France, Italie, Japon, Mexique, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Royaume-Uni et Turquie), met en lumière l'hésitation des consommateurs à acheter un nouveau véhicule.

 

Parmi les 15 000 personnes interrogées lors de cette enquête menée par Harris Interactive du 28 juin au 17 juillet 2023, 41 % ne comptent pas acheter de voiture avant un an et 36 % ne pas en acheter du tout. En zoomant sur la France, ce flou provoque encore plus d'immobilisme. Seuls 21 % des Français pensent acquérir une automobile dans les douze prochains mois. 41 % y songent, mais pas dans ce délai et 38 % ont jeté l'éponge. "Et il ne s'agit que d'intentions d'achat", précise Flavien Neuvy, directeur de l'Observatoire Cetelem. "Sur ces 21 %, nous savons par expérience que seule la moitié passera à l'acte et que seul un sur cinq choisira une voiture neuve."

 

Les freins à l'achat

 

Plusieurs raisons expliquent ce faible engouement et le manque de décision. Le choix de la motorisation par exemple reste un dilemme. 27 % des Européens qui pensent changer de voiture choisiraient un véhicule électrique. Alors que le Conseil de l'Union européenne a validé la fin des ventes de véhicules thermiques en 2035, les consommateurs n'ont pas encore intégré cette nouvelle réglementation.

 

Ainsi, la moitié d'entre eux ne pense pas qu'à terme la voiture électrique va remplacer la voiture thermique. D'ailleurs, ces derniers n'ont même pas connaissance de cette interdiction future (53 % en France). S'ils pensent à 57 % que c'est une bonne mesure qui s'impose, 62 % estiment que la réglementation ne verra pas le jour ou sera annulée. Autant d'incertitudes qui leur font penser que cette mesure est injuste pour les ménages qui ne pourraient pas revendre leur véhicule à moteur thermique (pour 80 % des Européens).

 

A lire aussi : La voiture, source d’inquiétude pour les Français

 

De plus, la flambée des prix de l'électricité est venue rebattre les cartes. 74 % des personnes interrogées pensent que l'augmentation du prix de l'électricité pourrait rendre l'utilisation d'une voiture électrique trop coûteuse. "C'est la première fois que ce frein à l'achat d'une voiture électrique est évoquée" reconnaît Flavien Neuvy. Et 62 % des Européens estiment que les États ne sauront produire suffisamment d'électricité pour répondre à l'ensemble des besoins de recharge.

 

Les ZFE brouillent le message

 

Cette confusion qui règne dans l'esprit des automobilistes concerne aussi d'autres réglementations, comme les zones à faibles émissions (ZFE). Au total, seuls 58 % des Français estiment ainsi avoir compris ce qui est interdit dans le cadre des règlementations automobiles. En Europe, 61 % des automobilistes n'en connaissant pas l'existence ou ne voient pas précisément ce dont il s'agit. Mais 82 % d'entre eux estiment la mesure injuste pour les ménages modestes qui ne pourront pas s'équiper de véhicules modernes pouvant circuler dans ces zones. Le prix des véhicules électriques reste la principale raison pour un automobile de ne pas se diriger vers ce type d'achat (pour 51 % des personnes interrogées en Europe).

 

Un éparpillement de mesures qui font penser à Eric Champarnaud, fondateur du cabinet C-Ways, que le marché automobile au niveau France devrait s'équilibrer autour de 1,8 million d'immatriculations au moins entre 2023 et 2024. "Le portefeuille de commandes non livrées va demander près d'un semestre encore pour se vider. Mais compte tenu de la baisse du taux d'équipement, le parc va continuer de vieillir. Ce phénomène va même s'accélérer", explique-t-il.

 

Autant de doutes qui vont à l'encontre des volontés politiques de décarboner le parc automobile à horizon 2050.

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