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Jimmy Brumant, Bee2Link : "L'IA est une technologie comme une autre"

Publié le 10 juillet 2024

Par Gredy Raffin
4 min de lecture
Responsable des données chez Bee2Link, il est au cœur des projets de l'éditeur impliquant l'intelligence artificielle. Alors que de nouveaux services apparaissent, Jimmy Brumant revient sur les premières incursions de la technologie dans le commerce de véhicules et l'intérêt pour les organisations.
Intelligence artificielle
Jimmy Brumant, responsable des données du groupe Bee2Link. ©Mélanie Robin

Le Journal de l'Automobile : Où en est-on concrètement de l'emploi de l'intelligence artificielle (IA) dans le commerce automobile ?

Jimmy Brumant : L’IA générative a remis le sujet de la donnée au cœur des réflexions des distributeurs automobiles. Malgré son côté bluffant, il faut rappeler que l'IA est une technologie comme une autre. Ce dont il faut parler, ce sont des fonctionnalités innovantes et des solutions apportées aux problèmes des distributeurs. C’est ce que nous faisons avec maprochaineauto.OS par exemple. Même si nous ne parlons nulle part d’intelligence artificielle, nous travaillons avec depuis 2019 pour prédire les intentions d’achat des clients.

 

J.A. : Ne pas en parler est une chose, mais qu'en est-il dans le fond ? 

J.B. : Dans le fond, la technologie a pour but de libérer les humains des tâches complexes ou répétitives. Dans la distribution automobile, ça veut dire que nous allons pouvoir améliorer l’expérience client et la fidélisation, tout en simplifiant la vie des collaborateurs. Outre la génération de texte, qui a permis de faire un bond en avant, il y a d'autres formes d'applications à considérer, comme la voix ou les images.

 

J.A. : Quels sont les premiers retours ? 

J.B. : Nous l'avons d'abord employée à l'atelier pour encourager le renouvellement des véhicules. Les statistiques laissent apparaitre que, en moyenne et après ciblage, 5 % des leads générés sont transformés. Dans les concessions les plus performantes, le volume de vente augmente ainsi de 5 à 10 % avec des VN et des voitures d'occasion, soit l'équivalent de la contribution d'un vendeur supplémentaire. Pour 1 euro investi, le distributeur génère 10 euros de marge.

 

L'IA remplace certaines tâches, pas les métiers. Il faudra toujours quelqu'un pour accomplir le dernier kilomètre

 

J.A. : D'une manière générale, comment les distributeurs s'approprient-ils ces outils ? 

J.B. : Il y a les enthousiastes et les craintifs. Entre les deux, il n'y a personne ou presque. Il faut donc amener la conversation sur le bénéfice et non sur la technologie. Avec nos solutions embarquant de l'IA, il ne s'agit pas de remplacer un collaborateur, mais de gagner en efficacité de manière rentable.

 

J.A. : Sur quels aspects mettrez-vous l'accent dans vos produits ? 

J.B. : Bee2Link vient de lancer le pilote d'une solution de prise en charge téléphonique. Elle vient épauler l'hôtesse d'accueil avec un premier niveau de réponse contextualisée et documentée, ainsi qu'avec une retranscription des conversions. Nous commercialiserons dans la foulée un outil de gestion des leads entrants. Ensuite, un assistant intelligent fera son apparition. Il aura un accès à toutes les informations du système de gestion et pourra discuter avec l'utilisateur sur la base des statistiques. Il recommandera des actions et exécutera les tâches demandées.

 

J.A. : Déplorez-vous, comme d'autres, l'absence de chefs de projets chez les distributeurs pour prendre en main les chantiers ? 

J.B. : Je ne suis pas convaincu que leur fonction relève de l'absolue nécessité. Nous devons aussi assumer notre rôle d'accompagnement et ne pas nous limiter à la vente. L'IA remplace les tâches, pas les métiers. Il faudra toujours quelqu'un pour accomplir le dernier kilomètre, si je puis dire. L'enjeu pour l'humain est donc se concentrer sur la réorganisation en parallèle de l'implémentation. Le duo composé de l'employé et des outils doit être parfaitement calibré pour aller chercher la profitabilité espérée.

 

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J.A. : Faut-il attendre pour avoir accès à l'IA à un coût plus raisonnable ? 

J.B. : C’est le moment idéal pour s’y mettre ! Tout le monde voit la pression financière subie par les distributeurs. Les coûts des entreprises et d'acquisition de leads explosent. L'IA va aider à fidéliser les clients et à mieux organiser les équipes. D'autant que le retour sur investissement peut être important lorsque l'organisation s'y adapte. Ce serait une erreur d'attendre en pensant miser sur la prochaine génération. L'effort sera en réalité plus important en raison de la richesse fonctionnelle et le temps perdu sera dur à rattraper.

 

J.A. : Qui a sauté le pas par exemple ? 

J.B. : Les grands groupes commencent à prendre le sujet très au sérieux. Nous avons aussi de plus en plus de structures de taille intermédiaire. Les prix baissant, elles n'hésitent plus. Elles ont identifié un risque, celui de voir les plus gros être plus performants et finir par les racheter.

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