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Élections législatives : les propositions des différents partis concernant l'automobile

Publié le 19 juin 2024

Par Jean-Baptiste Kapela
5 min de lecture
Après l’annonce de la dissolution de l'Assemblée nationale par Emmanuel Macron, place aux élections législatives. Dans cette quête du pouvoir, les partis politiques présentent leur programme au compte-gouttes dans un timing serré. Quels sont les projets en faveur de la mobilité portés par les forces en présence ?
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L'automobile se fait discrète dans le cadre durant cette campagne des législatives. ©Adobe Stock / rdnzl

Pas le temps de souffler. Après les résultats du Rassemblement national (RN) à l’issue des élections européennes du 9 juin 2024, Emmanuel Macron a annoncé la dissolution de l’Assemblée nationale. Les différents partis repartent donc en campagne dans l'urgence, puisque les nouvelles élections législatives auront lieu le 30 juin 2024 pour le premier tour et le 7 juillet 2024 pour le second tour. Des élections d’une importance cruciale puisque le parti majoritaire au parlement français sera le visage du prochain gouvernement.

 

A lire aussi : Élections européennes et automobile : quelles sont les positions des partis politiques ?

 

Dans la bataille pour les européennes, l’automobile cristallisait les divergences entre les différentes forces en présence, avec des clivages entre les partis qui souhaitent une accélération de l’électrification, ceux qui souhaitent maintenir le thermique et ceux qui aspirent à voir le parc diminuer. Au fil des jours, les personnalités des différents partis politiques présentent tout ou partie de leurs programmes. Mais en comparaison avec la campagne pour les élections européennes, l'automobile se fait plus discrète.

 

Doublement des véhicules électriques en leasing social

 

Le groupe Renaissance, Horizon et MoDem, a fortement soutenu l'essor du véhicule électrique durant les élections européennes. En quelques jours, la majorité présidentielle n’a pas changé ses positions sur le sujet. Si le programme n’est pas entièrement dévoilé, Gabriel Attal a toutefois dévoilé une première mesure à la presse quotidienne régionale le 15 juin 2024. En effet, le groupe Renaissance compte surfer sur le succès du leasing social en remettant une pièce dans la machine. Le premier ministre du gouvernement actuel a ainsi annoncé vouloir doubler le nombre de véhicules du dispositif en fixant l’objectif à 100 000 unités.

 

Un leasing social renforcé qui pourrait coûter entre 100 et 200 millions d’euros, selon les chiffres donnés par Les Échos. Pour rappel, le dispositif a été victime de son succès et a ainsi dû être arrêté à 50 000 demandes au lieu des 25 000 initialement prévues. Selon plusieurs sondages, le groupe Renaissance atteint les 20 % d’intention de votes. Par ailleurs, les propositions de loi, à l'image de celle déposée par le député Renaissance, Damien Adam, sont désormais caduques et devront être redéposées pour une procédure parlementaire repartant de zéro.

 

Des propositions timides à droite de l'échiquier politique

 

Le Rassemblement national se positionnait vent debout contre l'arrêt des ventes de véhicules thermiques neufs prévu en 2035 pendant la campagne des élections européennes. En revanche, dans le cadre des législatives anticipées, le RN n’a pas dévoilé d’axe majeur pour le secteur automobile, et plus largement des transports.

 

Le parti d'extrême droite aspire toutefois à baisser les factures d’électricité et de carburants dans l'objectif de relancer le pouvoir d’achat des Français. Par ailleurs, le groupe RN, crédité à environ 32 % des voix dans les sondages, souhaite proposer un Projet de loi de finances rectificative (PLFR) d’ici l'automne. Précisons que durant les élections européennes, le parti de Jordan Bardella comptait aussi abroger les zones à faibles émissions (ZFE). Une mesure qui n’a pas sa place au sein le Parlement européen, mais qui pourrait prendre sens à l’échelle nationale.

 

A lire aussi : Élections européennes : l’enjeu d’une voiture propre et souveraine 

 

En pleine tempête interne, le parti des Républicains n’a pas encore dévoilé les lignes de son programme. Néanmoins, dans le cadre des élections européennes, sa tête de liste François-Xavier Bellamy souhaitait lui aussi revenir sur l'échéance de 2035. La position du parti de droite dans ces législatives devrait s'inscrire dans la continuité et prôner une flexibilité technologique en matière automobile. Actuellement, les sondages placent les Républicains en quatrième position des intentions de vote, avec environ 7 % des voix.

 

Moins de voitures pour le Nouveau Front Populaire

 

La montée de l'extrême droite a mobilisé les partis de gauche à l’annonce de la dissolution. Les partis Place Publique, Socialiste, France Insoumise, Communiste et Europe écologie-Les Verts ont donc formé le Nouveau Front Populaire (NFP) afin de contrer le RN. Le groupe a fait paraître son programme le 14 juin 2024, et présente un certain nombre de mesures liées aux transports, qui laissent peu de place à la voiture particulière, notamment à la thermique.

 

Le groupe prévoit ainsi "une rupture dans les quinze premiers jours" qui précèdent leur majorité éventuelle aux élections législatives en proposant une batterie de mesures. Parmi ces dernières figure le blocage des prix sur les biens de première nécessité, le carburant en première ligne, via un décret. Le NFP propose aussi de geler les grands projets autoroutiers, mais abandonne – sur le papier – la nationalisation de ces dernières. Le groupe des partis de gauche prévoit aussi d’interdire le financement des banques pour les énergies fossiles. Dans son programme, le Nouveau Front Populaire vise une neutralité carbone en 2050.

 

Pour y parvenir, le NFP propose des mesures pour renforcer la mobilité douce. Le groupe compte garantir des tarifs accessibles et instaurer des mesures de gratuité à destination des jeunes et des personnes précaires dans les transports en commun. Selon le programme, les jeunes pourront aussi bénéficier de billets uniques permettant d'accéder aux transports publics, aux trains, aux vélos et à la voiture en autopartage dans l’Hexagone. Toujours dans le volet transport en commun, le NFP prévoit une TVA à 5,5 % pour ces derniers et souhaite mettre en place un plan rail et fret. Dans les sondages, le parti de Raphaël Glucksmann, Jean-Luc Mélenchon, Fabien Roussel, Marine Tondelier et Olivier Faure est crédité de près de 25 % des voix.

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