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Covéa s'engage pour une réparation automobile plus durable

Publié le 30 mai 2024

Par Mohamed Aredjal
4 min de lecture
Alors que la facture de la sinistralité automobile ne cesse de croître, Covéa publie un livre blanc dédié à la réparation durable. Le groupe mutualiste entend notamment favoriser l’usage de pièces de réemploi et n’exclut pas de prendre part à ce secteur pour favoriser une structuration de son activité.
Stéphane Duroule, directeur général assurances France de Covéa, entend mobiliser l’écosystème automobile pour favoriser une montée en puissance progressive de l'offre et de la demande autour de la pièce de réemploi. ©Covéa
Stéphane Duroule, directeur général assurances France de Covéa, entend mobiliser l’écosystème automobile pour favoriser une montée en puissance progressive de l'offre et de la demande autour de la pièce de réemploi. ©Covéa

Si l’économie circulaire semble (enfin) trouver sa voie dans l’automobile, le chemin est encore long pour que cette pratique vertueuse s’impose dans les ateliers. C’est du moins le sentiment de Covéa qui dévoile un livre blanc consacré à la réparation durable.

 

L’assureur mutualiste veut, en effet, encourager les pratiques vertueuses chez les professionnels de l’automobile. Objectif : réduire l’empreinte environnementale et – surtout – alléger le coût de la sinistralité qui atteint des niveaux trop élevés pour le groupe.

 

"Depuis deux ans en particulier, ce poste a fortement progressé d’environ 15,5 %, soit une hausse plus forte que l’inflation. En 2023, les pièces ont compté pour 52 % du coût total des réparations. Et leur prix ne cesse aussi de croître : l’an dernier, il a grimpé de 18 %", note Stéphane Duroule, directeur général Assurances France du groupe Covéa. Rien que pour l’assureur, le coût de ces réparations a représenté un total de 2,6 milliards d’euros l’an dernier.

 

Réemploi et réparation : "peut mieux faire"

 

Face à cette inflation, Covéa entend donc promouvoir l’usage du réemploi auprès de l’ensemble des acteurs de la filière. En 2023, selon les données de SRA, quelque 6,3 millions de véhicules ont été sinistrés en France. 29 % des pièces endommagées lors de ces sinistres ont été réparées. Autrement dit, 71 % des pièces ont été remplacées… Parmi elles, seules 4,9 % sont issues du réemploi.

 

A lire aussi : La pièce issue de l'économie circulaire en voie d’adoption par les réparateurs

 

Si ces indicateurs sont en hausse depuis quelques années, ce n'est pas suffisant pour Covéa qui veut aller plus vite. "Nous disposons d’une marge de manœuvre conséquente", soutient Stéphane Duroule. De son côté, le groupe se situe légèrement au-dessus de la moyenne nationale : le taux d’usage de PRE atteint 17,6 % à fin 2023 pour les véhicules de cinq ans et plus (contre 15 % fin 2022). L'objectif a été fixé à 20 % à fin 2024.

 

Covéa prêt à s'investir...

 

Pour parvenir à ses ambitions, le groupe veut donc pousser tous les acteurs à mettre en pratique des comportements plus vertueux, en débutant avec les prescripteurs de ce marché : les experts et les réparateurs. Du côté des ateliers, l’assureur se dit favorable à un modèle plus incitatif. "Si on veut que la mécanique prenne, le réparateur doit s’y retrouver financièrement", reconnaît le directeur général.

 

Covéa plaide aussi pour un élargissement du panel de PRE disponibles pour mieux répondre aux besoins du marché. À cette fin, le groupe se dit prêt à accompagner les recycleurs, dont la filière est en pleine mutation, pour les aider à répondre à leurs défis logistiques. "Les écarts de délais de disponibilité entre pièces neuves et de réemploi sont encore trop importants", déplore Stéphane Duroule.

 

A lire aussi : Stellantis : l’économie circulaire tourne à plein régime

 

Sur ce sujet, Covéa n’exclut pas de s’engager plus activement dans la filière, à l’instar du groupe Macif qui a signé l’acquisition du réseau Mondial Pare-Brise l’an dernier. "Nous ne nous interdisons rien… Si nous identifions un contexte qui nous permettrait de mettre à disposition notre puissance financière pour favoriser l’émergence de ce marché, nous le ferons", partage Stéphane Duroule.

 

Vers une libéralisation du marché de la pièce de carrosserie ?

 

Face à tels enjeux, Covéa n’oublie pas non plus le cadre réglementaire qui doit structurer différents acteurs de la filière. L’assureur se dit notamment favorable à l’ouverture du marché de la pièce de carrosserie neuve, toujours aux mains des constructeurs en raison de la protection de la propriété intellectuelle.

 

Alors que ce monopole a été assoupli en 2023, le mutualiste espère de nouvelles avancées dans les prochains mois… En effet, celui-ci suit de près l’évolution de la directive européenne visant à réformer le système de propriété intellectuelle en matière de dessins et modèles. Cette réforme contient une "clause de réparation" qui autorise l’utilisation de pièces de rechange pour la remise en état d’un véhicule.

 

"Mais l’application de cette directive pourrait être longue... Une période transitoire de huit ans est prévue pour harmoniser cette disposition au niveau national et un autre délai de trois ans est accordé aux États pour l’adopter définitivement. Nous espérons que ces durées seront raccourcies par les pouvoirs publics", conclut Stéphane Duroule.

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