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Automobile : l'électrification trouve son chemin dans le Grand Paris

Publié le 10 avril 2026

Par La Rédaction
4 min de lecture
L’analyse des données du parc automobile immatriculé dans la métropole du Grand Paris par l'Atelier parisien d'urbanisme (Apur) révèle des mutations structurelles profondes. S'ils ne la délaissent pas, les ménages gardent plus longtemps leur voiture. Dans ce contexte, les modèles électriques s'installent grâce aux flottes professionnelles. 
étude parc automobile métropole du Grand Paris
Depuis 1990, le parc roulant a fondu de 31 % dans le Grand Paris. ©JA

Dans le Grand Paris, la tendance n’est plus à l’achat de voitures neuves. Ce qui entraîne plusieurs conséquences. D’après un rapport d'étude, réalisée par l'Atelier parisien d'urbanisme (Apur), les voitures en circulation sont de moins en moins nombreuses et vieillissantes à Paris et sa proche banlieue.

 

"La démotorisation des ménages s'installe durablement", portée par une baisse continue de la possession de véhicules (-1,2 % par an sur la période 2021-2025), peut-on lire dans le compte rendu de l'étude. Ainsi, le parc roulant détenu par les Parisiens s'est réduit de 31 % entre 1990 et aujourd’hui.

 

 

Chez les résidents de banlieue, la baisse est moins importante, mais reste significative. On recense en moyenne 5 % de véhicules en moins par ménage, par rapport à 1990, dans les communes de la métropole hors Paris. La tendance à la démotorisation ferait donc tache d'huile.

 

 

"Plus la distance à Paris augmente, plus le nombre de véhicules par ménage est élevé", explique l’Apur. Cet écart est en particulier dû à l’accessibilité aux transports en commun. La dépendance à la voiture étant évidemment plus forte dans les territoires les moins bien desservis. La baisse des immatriculations de véhicules observée est donc plus importante à Paris et dans ses communes limitrophes.

 

Cependant, la population de la métropole parisienne a crû sur la période. La baisse du total de véhicules est une tendance plus récente, ayant démarré en 2016. "Depuis cette date, le parc recule d'environ 18 000 véhicules par an", soit de 0,8 % en moyenne.

 

Des véhicules vieillissants 

 

L'autre tendance est l'allongement de la durée de vie des véhicules. Les ménages conservent leurs voitures plus longtemps. On observe en effet que l’âge moyen des véhicules du parc a augmenté d’environ un an et demi entre 2020 et 2025 pour désormais atteindre 11 ans et 4 mois.

 

Cette tendance est liée à la croissance exponentielle du marché de l’occasion. Dans 88 % des cas, ces voitures ont été achetées d'occasion en 2024, un pourcentage qui ne cesse d'augmenter.

 

 

La croissance globale de la part des véhicules d’occasion dans les nouvelles immatriculations des ménages – passée de 79 % en 2010 à 88 % en 2024 – s’explique en partie par l’augmentation du prix des véhicules neufs.

 

Le parc professionnel : un tremplin pour l’électrique 

 

Toutefois, si le parc immatriculé des ménages diminue, celui des professionnels poursuit sa croissance. Elle a été de 4,1 % par an en moyenne entre 2011 et 2025.

 

Or cette hausse est portée par l’entrée dans le parc de véhicules neufs à motorisations alternatives (électriques, gaz, hybrides rechargeables). Celles-ci atteignant désormais 9 % du parc au 1er janvier 2025, dont 4 % de véhicules électriques.

 

Les véhicules des professionnels représentent 68 % de ce parc à motorisations alternatives, ce qui s’explique par les obligations de verdissement des flottes, la fiscalité avantageuse pour les modèles non thermiques, et enfin par le fait que les professionnels renouvellent leur véhicule en moyenne tous les quatre ans, contre tous les onze à douze ans pour les particuliers.

 

 

Le verdissement progressif du parc s'appuie sur un maillage d’infrastructures en plein développement, dépassant désormais les 13 000 bornes accessibles au public. En parallèle, la métropole du Grand Paris voit l’émergence de stations 100 % électriques. "À Paris, le ratio de bornes privées par rapport au nombre de véhicules électriques des ménages suggère même un début de réponse efficace au défi de la recharge résidentielle", souligne l’Apur.

 

En conclusion, le rapport émet l'hypothèse que les véhicules neufs à motorisations alternatives devraient prochainement arriver sur le marché de l'occasion et être progressivement adoptés par les ménages particuliers. Ainsi, le renouvellement du parc devrait s'accélérer dans les prochaines années : "À moyen terme, les véhicules thermiques sortiront du parc immatriculé et seront progressivement remplacés par des véhicules propres", cite le rapport. (avec AFP)

 

Par Louna Pioche-Catel

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