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Aboto se lance dans l'entretien des VO par contrat

Publié le 7 février 2024

Par Gredy Raffin
5 min de lecture
Avec un lot de formules, Aboto s'invite sur le marché français de l'entretien automobile par contrat. Plus précisément, la société rémoise va s'adresser aux acheteurs de voitures d'occasion, avec l'aide des distributeurs et réseaux de services après-vente.
Aboto contrat d'entretien VO par abonnement
Les formules d'Aboto prévoient la réalisation des entretiens automobiles dans la garages partenaires. ©AdobeStock-burdun

Il n'y avait qu'un garagiste de métier pour imaginer un tel concept. Directeur de l'enseigne familiale Essor Automobile, grossiste en pièces détachées à Reims, Hubert Maupoil vient de fonder Aboto. Une société qui doit lui permettre de s'inviter sur le marché des voitures d'occasion avec des contrats d'entretien et non des abonnements comme le nom pourrait le laisser imaginer.

 

Aboto s'adresse, en effet, à ceux qui font l'acquisition de leur voiture d'occasion auprès d'un distributeur. Par ce canal, Hubert Maupoil leur propose différentes formules. Elles sont échelonnées pour couvrir de plus en plus d'éléments du véhicule. Le client choisit également la durée. Il existe ainsi cinq types de contrats d'abonnement qui peuvent être souscrits pour un à quatre ans.

 

Dans les faits, ceux-ci peuvent s'attacher aussi bien à des exemplaires estampillés 0 km qu'à des modèles plus anciens comme la Peugeot 206 du millésime 1998. Le compteur ne doit cependant pas afficher plus de 350 000 km le jour de la transmission des clés. Ensuite, Aboto limite la distance à 20 000 km par année de souscription, au premier des deux termes échu.

 

D'un point de vue technique, Hubert Maupoil a constitué une entreprise commerciale. Aboto s'appuie sur les compétences de C2A Garantie, une compagnie bretonne. "Nous avons pris deux ans pour constituer notre service, explique le fondateur. Les voitures neuves ont des contrats d'entretien, mais nous avons estimé que les voitures d'occasion n'ont rien de concret en phase avec la réalité du marché". À sa manière, Aboto veut donc bousculer le marché de la garantie.

 

Plus de 1 900 garages partenaires

 

Rien ne peut se faire sans la contribution de tiers. Les distributeurs tout d'abord et les réparateurs par la suite. Les revendeurs de voitures joueront les relais comme ils l'ont toujours été pour les garantisseurs historiques. Ils commercialisent les offres comme une vente complémentaire à la voiture d'occasion. En pratique, soit les boutiques appliquent une marge sur le prix du contrat, soit elles touchent une commission auprès d'Aboto, calculée au prorata de la remise accordée à l'acheteur.

 

Dans les grandes largeurs, le montant moyen d'un contrat va de 200 euros pour la formule Bronze pendant un an à 3 300 euros pour le Pass Constructeur pendant trois ans sur un modèle luxueux. Une amplitude qui laisse au distributeur entre 50 et 300 euros de gain direct par signature, selon Hubert Maupoil. "À la discrétion du revendeur, l'abonnement peut être facturé en option ou inclus dans le tarif de la voiture d'occasion", précise-t-il.

 

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Le client reçoit alors son carnet d'entretien et ses identifiants de connexion. Aboto attache le contrat à la voiture et non à l'abonné. Ce qui le rend cessible. Chaque année, au moment de l'entretien d'usage, l'abonné contacte la plateforme de la société rémoise. Elle se charge alors de programmer un rendez-vous dans l'un des sites partenaires.

 

Ceux-ci sont au nombre de 1 950 à l'heure actuelle. "Les deux années de développement nous ont aussi servi à constituer ce maillage qui rend l'offre attractive", explique Hubert Maupoil. Il s'agit pour la plupart de membres de réseaux de centre-auto (Norauto, Midas, Feu Vert, Speedy…) ou d'enseignes (Top Garage, First Stop, Vulco…), sinon de professionnels opérants en indépendants.

 

Leurs systèmes de gestion ont été connectés à l'univers d'Aboto. Outre le fait de programmer simplement les rendez-vous dans l'agenda, cela facilite la remontée d'informations et le règlement des prestations. "L'abonné ne débourse rien durant sa période de couverture", insiste Hubert Maupoil. En plus, les données alimentent de manière automatique le carnet d'entretien virtuel de l'abonné qui pourra valoriser ses actions à la revente de son bien.

 

Un contrat VE s'ajoute

 

L'entrepreneur rémois pense trouver de l'intérêt aux yeux de tous les distributeurs qui n'ont pas d'après-vente à mettre dans leur argumentaire de vente automobile. "Nous avons beaucoup de demandes en provenance d'Alsace. Ce sont des importateurs de voitures allemandes qui vendent partout en France. Ils aimeraient ajouter un service à valeur ajoutée dans le panier", rapporte Hubert Maupoil.

 

Aboto se fixe l'objectif de s'installer chez 100 partenaires revendeurs en 2024. Une liste qui devrait lui apporter un millier de contrats d'entretien. De quoi générer des revenus pour la société qui se rémunère sur le delta entre le coût de revient de l'abonnement et la facturation à client final.

 

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Depuis quelques jours, un sixième contrat a été ajouté au catalogue. Désormais, Aboto peut couvrir les voitures d'occasion à batterie de traction, dont les 100 % électriques. Ce qui porte à près de 95 % la couverture potentielle du parc roulant. Cette dernière formule préserve la garantie initiale des constructeurs, puisque seuls des partenaires habilités pourront intervenir.

 

Dans quelques mois, le paiement fractionné s'ajoutera. Pour la simple raison que le Rémois envisage de devenir le guichet unique des abonnés. En cas d'incident mécanique non couvert par le contrat d'entretien, Aboto pourra orienter les clients vers un garage et proposer une solution de règlement souple. Le partenaire de cette nouveauté annoncée est en cours de validation, confie Hubert Maupoil.

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