DHL Express vise 100 % d’utilitaires électriques d’ici à fin 2026

Une flotte française entièrement composée d’utilitaires électriques dès la fin de l’année 2026. Voici l’objectif ambitieux que s’est fixé DHL Express. Il faut dire que l’entité du groupe DHL est déjà bien en avance en ce qui concerne l’électrification de son parc automobile.
En effet, DHL Express expérimentait déjà un prototype de Renault Kangoo électrique avant les années 2010. Mais il a fallu attendre 2018, et l’ouverture d’une agence dans le XVIIIe arrondissement de Paris, à quelques mètres de la porte d’Aubervilliers, pour que les véhicules électriques deviennent une réalité au sein de la flotte de l’entreprise.
"Dès l’ouverture de notre agence parisienne en 2018, nous voulions que tous nos véhicules soient 100 % électriques. Le Renault Kangoo Z.E. étant un peu trop petit pour notre activité, nous avons donc décidé de travailler en partenariat avec Nissan, en faisant appel à son NV200", glisse Laurent Zerafa, responsable de la flotte de DHL Express France.
Qui poursuit : "Mais en 2019, Renault a lancé son Master électrique Z.E. Nous nous sommes évidemment positionnés sur ce véhicule utilitaire qui bénéficie d’une taille plus importante. Nous avons donc commencé à alimenter notre réseau avec ce modèle, pour atteindre un total d’une quarantaine de livraisons entre 2019 et 2020."
Un secteur d'activité propice à l'électrique
En France, DHL Express fait appel en moyenne à 1 800 véhicules utilitaires chaque jour pour la livraison du dernier kilomètre. Un chiffre qui peut même grimper à 2 000 lors de certaines saisonnalités, notamment avant les fêtes de fin d’année. En revanche, DHL Express n’exploite pas directement l’ensemble de ces véhicules.
L’entreprise est propriétaire, via de la location longue durée, d’environ 450 utilitaires. Les autres étant détenus par des sous‑traitants de DHL, ils ne sont pas pris en compte dans les objectifs d’électrification du transporteur. "Les quelque 450 utilitaires faisant partie de notre flotte nationale seront tous 100 % électriques avant la fin de l’année 2026", souligne Laurent Zerafa.
Un pari audacieux, presque unique en France, mais rendu possible par les spécificités du modèle opérationnel de DHL Express. "Aujourd’hui, environ 98 % de nos tournées journalières en France font moins de 400 km. Et il existe désormais des offres sur le marché du véhicule utilitaire qui atteignent, voire qui dépassent, cette autonomie", précise le responsable de la flotte de DHL Express France.

Laurent Zerafa, responsable de la flotte de DHL Express France. ©DHL
Ainsi, la société compte déjà, à date, 87 % de véhicules électriques au sein de son parc national. À titre de comparaison, les partenaires sous‑traitants de DHL ne disposent, de leur côté, que de 30 % d’utilitaires électriques.
"Nous accompagnons également nos partenaires dans l’électrification de leur flotte. Nous organisons, par exemple, deux sessions d’information par an afin de leur présenter les nouvelles évolutions techniques et les derniers véhicules des constructeurs. En adhérant à notre programme, nos partenaires sous‑traitants peuvent d’ailleurs bénéficier de remises sur les véhicules de nos fournisseurs, mais aussi sur les infrastructures de recharge et sur le prix de la recharge. Chez nos partenaires, nous visons ainsi 80 % d’électriques d’ici à 2030, ce qui devrait nous permettre d’arriver à 85 % pour la totalité de la flotte", explique Laurent Zerafa.
Pour ce qui est de son propre parc de véhicules utilitaires, DHL Express travaille actuellement avec trois constructeurs automobiles, parmi lesquels figurent Ford et Mercedes‑Benz, deux partenaires historiques. Le second a d’ailleurs récemment livré plus d’une centaine d’eSprinter, ainsi qu’une cinquantaine d’eCitan à DHL Express.
L’entreprise, qui exploite à 80 % des grands fourgons pour les livraisons du dernier kilomètre, possède également au sein de sa flotte des MAN eTGE et des Volkswagen e‑Crafter. "Nous avons aussi testé le nouveau Renault Master E‑Tech. Mais pour qu’un constructeur automobile soit qualifié par DHL, nous lui demandons de nous proposer une version avec aménagement, clés en main. Et sur cette partie‑là, Renault n’est pas encore tout à fait au point", détaille le responsable.
Plus de 1 000 bornes d'ici à fin 2026
En complément de l’électrification de sa flotte de véhicules utilitaires, DHL Express implante également massivement des points de recharge sur ses différents sites français. À ce jour, l’entreprise en compte plus de 900 et elle dépassera les 1 000 bornes d’ici à la fin de l’année 2026.
"La recharge est un vrai défi !", lance Laurent Zerafa. Qui ajoute : "Chez DHL Express, nous avons l’avantage de bénéficier de larges amplitudes de recharge. Les véhicules peuvent, en effet, rester branchés entre 12 et 15 heures, une fois la tournée terminée. Nous faisons donc uniquement appel à des bornes AC, en courant alternatif. Selon le site concerné, nous pouvons les installer en monophasé ou en triphasé, ce qui va nous donner des puissances de charge de 7 ou 22 kW."
Malgré de longs délais de recharge, DHL Express doit néanmoins composer avec une large flotte de véhicules utilitaires, qui doivent tous être rechargés en même temps. "Sur certains sites, nous pouvons avoir jusqu’à plus de 100 bornes et nous devons veiller à ce que chaque véhicule soit bien rechargé. À ce moment‑là, nous réalisons ce que nous appelons du smart charging ou du load balancing, pour répartir les recharges", décrit le responsable de la flotte de DHL Express France.
Par ailleurs, pour certaines situations exceptionnelles, par exemple en cas de panne ou de coupure de courant en pleine nuit empêchant la recharge des véhicules, l’entreprise met, en complément, à la disposition de ses collaborateurs des cartes de recharge utilisables sur des bornes publiques.
Enfin, si de nombreux chauffeurs peuvent être, dans un premier temps, réfractaires à l’utilisation d’un véhicule utilitaire électrique, Laurent Zerafa explique que leurs réticences s’estompent très rapidement, jusqu’à même évoluer vers une adhésion pleine et entière.
"Il suffit de laisser nos chauffeurs rouler juste cinq minutes avec un utilitaire électrique pour avoir un taux de satisfaction de 100 %. La raison est simple. Les VU diesel auparavant utilisés par nos salariés sont des véhicules bien plus anciens, tandis que les nouveaux modèles électriques sont tous bien plus confortables à conduire et embarquent aussi davantage de technologies", argumente‑t‑il. Avant de conclure : "Les chauffeurs-livreurs de DHL Express peuvent d’ailleurs profiter de formations en ligne pour apprendre à utiliser et conduire un véhicule utilitaire électrique."
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