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Industrie

Voiture électrique : les Français veulent du moins cher, pas du "moins sûr"

Publié le 22 janvier 2026

Par La Rédaction
4 min de lecture
TRIBUNE - Alors que l’Europe commence à assouplir sa trajectoire vers le "tout électrique", une question s’impose : les Français sont-ils prêts à suivre ? Selon une enquête exclusive Ipsos BVA, le rejet de cette motorisation reste massif. Mais une voie pourrait faire bouger les lignes : des modèles plus simples, et surtout beaucoup moins chers, selon Guillaume Saint, chief client directeur de la division automobile et mobilités au sein de l'institut d'enquête.
Guillaume Saint, chief client directeur de la division automobile et mobilités, d'Ipsos BVA
Guillaume Saint, chief client directeur de la division automobile et mobilités d'Ipsos BVA. ©Adrien_LGM

En 2022, la Commission européenne avait fixé à 2035 la fin de la commercialisation des véhicules thermiques neufs. Trois ans plus tard, force est de constater que les ventes d’automobiles électriques ne sont pas au niveau attendu et, plus grave, que cet objectif s’avère finalement intenable. La Commission a donc fait passer la volonté de réduire les émissions de CO2 de 100 % à 90 %, ce qui remet les motorisations hybrides dans le circuit.

 

 

En même temps, pour accélérer leur diffusion, l’Europe explore la possibilité de légiférer afin d’autoriser la vente d’un nouveau type de véhicules 100 % électriques : plutôt réservés à un usage urbain, leur vitesse serait bridée et leurs équipements réduits aux éléments de sécurité et de confort essentiels (moins d’airbags, pas de freinage automatique d'urgence, pas d'enregistreur de données des événements de la route1 ni d’aide au maintien dans la file de circulation2, pas de système d'assistance à la vitesse ou de contrôle électronique de la stabilité, etc.).

 

Ipsos BVA a voulu savoir si ce genre de véhicule était susceptible de séduire les Français et changer la donne. Notre enquête exclusive3 montre d’abord qu’ils restent encore très réfractaires à la motorisation intégralement électrique, 83 % déclarant ne pas avoir l’intention d’acheter ce type de modèle pour leur prochaine voiture (dont 56 % pas du tout).

 

Le prix, trop élevé pour 47 %, représente le frein n° 1, suivi des inquiétudes liées à la batterie (durée de vie et coût de remplacement) pour 27 % – à égalité avec le sujet de la recharge (difficile ou impossible à domicile, réseau public insuffisant/peu fiable près de chez soi) – et d’une autonomie jugée insuffisante pour les trajets (24 %). On notera que 20 % des Français expriment encore une préférence pour une motorisation thermique essence ou diesel.

 

Ensuite, quand on les interroge spécifiquement à propos de véhicules 100 % électriques aux équipements de confort et de sécurité limités au strict nécessaire, voitures qui correspondraient à la nouvelle catégorie de voitures "M1E", 48 % des Français se disent susceptibles d’être intéressés (dont 13 % fortement). En revanche, 59 % d’entre eux manifestent plus d’appétence pour un véhicule hybride rechargeable (moteur thermique + recharge sur prise) avec l’assurance que cette motorisation restera autorisée par l’Union européenne après 2035.

 

Dans les mêmes proportions (58 %), les Français sont également ouverts à des voitures électriques avec prolongateur d’autonomie (petit moteur thermique qui recharge la batterie) : cela démontre qu’adresser l’angoisse psychologique de la panne immobilisante reste un facteur-clef de conviction pour les plus sceptiques. Par ailleurs, le prix joue un rôle important dans la décision : 44 % des répondants se déclarent prêts à acheter un véhicule électrique avec des équipements limités s’il coûtait 8 000 euros, 36 % dans une hypothèse à 10 000 euros, 28 % à 12 000 euros. Un net décrochage se produit s’il coûtait 15 000 euros (13 %) pour s’effondrer à 5 % s’il fallait débourser 17 000 euros pour l’acquérir.

 

La démocratisation des véhicules électriques passe plus par un effort sur les prix en général que par la création d’une sous-catégorie minimaliste dans un contexte où trois organisations, dont l’European Transport Safety Council, recommandaient le 27 novembre 2025 à la Commission européenne de ne pas réduire l’obligation d’équipements de sécurité au nom de la protection des usagers de la route et de la ville4.

 

1 - Events data recorder

2 - Lane-Keeping Assistant

3 - Enquête réalisée du 3 au 15 décembre 2025 auprès de 1 000 personnes âgées de 18 ans et plus en France métropolitaine issues d’Ipsos KnowledgePanel, le panel aléatoire d’Ipsos recruté sur invitation grâce à la méthode d’échantillonnage aléatoire. La collecte s’est déroulée en ligne et par téléphone selon l’équipement et les compétences numériques des répondants afin d’inclure toutes les voix.

4 - ETSC response to the European Commission’s proposal on the Small Affordable Cars initiative - ETSC

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