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Industrie

L’extraction de lithium à l’étude en Alsace

Publié le 26 janvier 2023

Par Damien Chalon
3 min de lecture
Le groupe minier français Eramet et Electricité de Strasbourg envisagent d'extraire 10 000 tonnes de lithium par an en Alsace. Ce qui permettrait la production de 250 000 batteries pour véhicules électriques.
lithium Eramet Electricité de Strasbourg
Eramet et Electricité de Strasbourg pourraient débuter l'exploitation avant la fin de la décennie. ©Adobe Stock / martinseb

Eramet a indiqué jeudi 26 janvier 2023 avoir signé un protocole d'accord exclusif avec Électricité de Strasbourg pour étudier le développement en Alsace, d'ici la fin de la décennie, d'une production de lithium de source géothermale, pouvant servir à fabriquer des batteries électriques.

 

Les projets de lithium se multiplient en Europe, continent qui s'est fixé l'objectif de la neutralité carbone d'ici 2050, en passant par l'interdiction des ventes de véhicules thermiques neufs à partir de 2035.

 

A lire aussi : Eramet avance sur le recyclage des batteries

 

En octobre 2022, le groupe français de minéraux industriels Imerys avait ainsi annoncé envisager de construire d'ici 2027 dans le Massif central la deuxième plus grande mine européenne de lithium, pour à terme "équiper l'équivalent de 700 000 véhicules électriques en batteries lithium-ion" par an.

 

A ce stade préliminaire, Eramet et Electricité de Strasbourg (filiale d'EDF) envisagent "une production annuelle d'environ 10 000 tonnes de carbonate de lithium", ce qui correspondrait "aux besoins d'environ 250 000 batteries de véhicules électriques par an".

 

Exploitation d'ici la fin de la décennie

 

Eramet et Électricité de Strasbourg, qui travaillent ensemble depuis 2020 à des "expérimentations" sur deux centrales géothermiques dans le nord de l'Alsace, ont décidé d'approfondir "leur coopération à travers un protocole d'accord pour exploiter, à terme, une capacité d'extraction, de raffinage et de production de lithium géothermal", indique un communiqué commun des deux sociétés.

 

Les expérimentations ont "prouvé l'efficacité" du procédé d'extraction directe du lithium d'Eramet, à partir des saumures géothermales, des eaux aujourd'hui utilisées pour produire de la chaleur et qui sont enrichies en lithium en profondeur, ce qui représente une ressource dormante pour ce métal en Europe.

 

A lire aussi : Une usine de transformation du lithium en France ?

 

L'exploitation pourrait démarrer "avant la fin de la décennie", si les partenaires se mettent d'accord sur la décision finale d'investissement "à un horizon de quatre ans".

 

Le rôle de l'énergéticien alsacien sera d'apporter "sa connaissance de la géologie du territoire nord-alsacien et de son sous-sol". Eramet apportera son "procédé innovant" d'extraction du lithium, "ainsi que son savoir-faire en matière d'extraction, raffinage, production et commercialisation" du métal.

 

Question de souveraineté

 

La production et les réserves de lithium, une poudre blanche, se concentrent surtout en Australie, en Chine et en Amérique du Sud.

 

"Ce projet innovant et durable (...) renforce la souveraineté française et européenne pour l'approvisionnement en lithium, critique dans la chaîne de valeur batterie", selon Christel Bories, PDG d'Eramet. Le président du Conseil d'Administration d'Électricité de Strasbourg, Cédric Lewandowski, y voit lui "une opportunité stratégique pour la France". (avec AFP)

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