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Industrie

La PFA s'inquiète de la baisse des aides à l'achat pour les véhicules électriques

Publié le 14 février 2024

Par Catherine Leroy
3 min de lecture
Face à la baisse du bonus écologique et la faiblesse des carnets de commandes, l'industrie automobile française est dans l'incertitude. La PFA s'attend à des ventes de véhicules électriques moins dynamiques qu'en 2023.
Face à la baisse du bonus écologique et la faiblesse des carnets de commandes, l'industrie automobile française est dans l'incertitude. La PFA s'attend à des ventes de véhicules électriques moins dynamiques qu'en 2023. © Volvo/ACE Team

La baisse du bonus à l'achat d'une voiture électrique par un particulier et sa suppression pour les entreprises plonge encore plus l'industrie automobile dans l'incertitude.

 

Selon Marc Mortureux, directeur général de la Plateforme de l'automobile (PFA), tous les indicateurs économiques (croissance du PIB français, niveaux de marché automobile et l'indice de confiance des ménages) font craindre un année 2024 très incertaine.

 

Après trois années d'immatriculations autour de 1,6 million d'unités, perturbées par par la pandémie de Covid, les pénuries de semi-conducteurs puis les problèmes logistiques, le marché français des voitures particulières neuves est remonté à 1,77 million d'immatriculations en 2023 (+16,1% sur un an). Mais il reste bien en dessous de la moyenne de long terme située autour de deux millions d'unités.

 

 

"Si l'on additionne le volume perdu au cours des années 2020 à 2023, on arrive à un manque de près d'une année d'immatriculations de voitures neuves", fait remarquer ce dernier qui s'inquiète de la baisse des commandes. Le carnet des prises de commandes pour 2023 montre en effet un point bas de 1,637 million de voitures contre une moyenne de 1,9 million sur les dix dernières années. "Le second semestre pourrait être difficile", selon le directeur général de la PFA.

 

2024, année charnière pour l'électrique

 

L'année 2024 sera notamment une année clé pour les voitures électriques, avec l'arrivée de nombreux nouveaux modèles sur le marché dans les gammes moyennes, pour Renault comme Stellantis. Mais l'électrification des ventes de véhicules neufs n'est pas encore suffisamment au rendez-vous avec les 26 % de ventes de véhicules électrifiés (HEV et PHEV) en 2023.

 

" Il y a une certaine déception des investisseurs car les volumes ne sont pas encore au niveau des attentes", ajoute Marc Mortureux, tout en reconnaissant que la France enregistre de meilleures proportions que les autres pays européens.

 

Ainsi, la baisse des aides à l'achat des véhicules électriques, dont le décret est paru le 13 février 2024 n'est pas un bon signal. "Nous sommes bien conscients de l'état des finances publiques, mais la suppression du bonus pour les entreprises n'est pas une bonne nouvelle et supprime même l'intérêt de la mise en place du score environnemental qui n'a plus aucun intérêt pour les entreprises. Elles vont chercher à répondre aux exigences de la loi sur le verdissement des flottes en allant chercher des modèles chinois", avance Marc Mortureux.

 

A lire aussi : Fin du bonus, le secteur des flottes pris de court

 

Le budget du leasing social, plus important que prévu, qui coûtera environ 650 millions d'euros sur une enveloppe budgétée de 1,5 milliard d’euros, vient en effet amputer l'aide à l'achat des voitures électriques. Supprimer le bonus pour les entreprises permet à l’État de "récupérer" 300 millions d'euros si l'on considère les 66 000 immatriculations de véhicules électriques sur le canal des flottes en 2023 (22,1 % des immatriculations totales des véhicules électriques, selon les données AAA Data).

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