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Distribution

Bee2Link met la main sur Planet VO² et accélère sa stratégie “Software Defined Retail”

Publié le 5 janvier 2026

Par Catherine Leroy
5 min de lecture
En finalisant le rachat de Planet VO², Bee2Link franchit un cap majeur dans sa stratégie : faire du logiciel le cœur du pilotage de la distribution automobile.
Bee2Link Planet VO
Avec le rachat de Planet VO, Bee2Link dirigé par Xavier Cotelle veut changer d'échelle. ©Bee2Link

Après plusieurs mois de discussions, Bee2Link vient de finaliser l'acquisition de la Sneep, société éditrice du logiciel Planet VO² et de Cardiff. L'opération, complexe, a été finalisée le 31 décembre 2025, avec Leboncoin et sa maison mère Adevinta.

 

Planet VO² appartenait depuis juillet 2019 à Adevinta/LeBoncoin, suite au rachat du Groupe Argus. Ce dernier a depuis été scindé : le site média a été repris par le groupe Aderdor, la data est conservée par LeBoncoin pour alimenter ses plateformes, tandis que le logiciel de pilotage du véhicule d’occasion rejoint désormais l’écosystème Bee2Link, filiale du groupe Cosmobilis.

 

La création de Bee2Link s'est basée sur l'amélioration de l'activité VO dans la distribution automobile. La société finalise donc sa stratégie de Software defined retail (SDR) avec cette acquisition.

 

 

Cette acquisition marque une nouvelle étape pour Bee2Link, historiquement construit autour d’un objectif : améliorer la performance du véhicule d’occasion dans la distribution automobile. Et elle vient surtout consolider une stratégie assumée par Xavier Cotelle : faire du logiciel le moteur du retail automobile.

 

Un "Operating System" de la concession

 

La colonne vertébrale du projet reste inchangée : le Software defined retail. Pour Xavier Cotelle, il s’agit de gérer la concession comme un système d’exploitation, où les outils et les process deviennent un levier de rentabilité et de standardisation.

 

L’enjeu est clair : sortir d’une logique encore très répandue d’organisation en silos, d’opérations disparates, de fichiers Excel et d’indicateurs hétérogènes, pour basculer vers une gestion industrielle de l’activité, du VO au VN, du marketing à la location, du buy-back à la revente.

 

Un rachat stratégique sur le VO… et sur la donnée

 

Pendant dix ans, Bee2Link et Planet VO² se sont partagé l’essentiel du marché des logiciels VO. Bee2Link dominait davantage l’expertise et la reprise ; Planet VO², le stock management. Avec ce rapprochement, l’entreprise change d’échelle. Planet VO² compte aujourd’hui 2 443 points de vente installés et 14 000 utilisateurs. De son côté, Cardiff, avec 1 039 points de vente installés et 3 000 utilisateurs, bénéficie d’un ancrage fort auprès des spécialistes VO et marchands.

 

Xavier Cotelle met en avant un indicateur clé : la part de marché doit se mesurer non pas en nombre de concessions, mais en volume de véhicules traités. C’est ce volume qui donne la valeur économique réelle… et la profondeur de données.

 

Et c’est précisément là que Planet VO² devient une brique déterminante. En couvrant l’entrée, la sortie et le cycle complet de vie du véhicule, l’ensemble va permettre d’alimenter un “data plane” commun, analysé par des data scientists, au bénéfice des constructeurs, des distributeurs, des loueurs et banques.

 

"L’avantage, c’est qu’il n’y a plus de débat : toute la data de CarShop et de Planet VO² va être mise au même endroit et travaillée de manière objective", explique le dirigeant.

 

Pas de migration forcée : deux outils, deux trajectoires

 

Autre point fort : Bee2Link ne rachète pas Planet VO² pour “aspirer” sa base clients vers ses propres solutions. Xavier Cotelle rejette l’idée d’un fonds de commerce à capturer.

 

Au contraire, Planet VO² est appelé à rester autonome, tant que son socle est robuste et économiquement sain. Bee2Link compte l’enrichir via des briques complémentaires (expertise IA, CRM, connecteurs partenaires…), sans casser l’existant.

 

Cette logique est cohérente avec la stratégie d’acquisitions du groupe. Les solutions restent en place, mais deviennent SDR-ready, grâce à une couche de connecteurs et de microservices et d'API.

 

 

Un enjeu majeur dès 2026 : anticiper le choc du buy back

 

Pour Xavier Cotelle, le timing n’a rien d’un hasard. Le véhicule d’occasion va devenir le sujet majeur de la distribution dès 2026, dans un contexte de montée du risque et de retour de buy-back plus massif.

 

La réponse se tient en deux mots : anticipation et pilotage. Planet VO² et Bee2Link doivent permettre aux distributeurs et constructeurs de mesurer précisément le standing time (date d'entrée en stock et date de sortie), maîtriser les étapes de reconditionnement (mécanique, carrosserie, photo…), optimiser les canaux (particulier, marchand, enchères, remarketing) et surtout… vendre avant même que le véhicule ne rentre, grâce à des campagnes ciblées et industrialisées.

 

"Aujourd’hui, beaucoup de véhicules rentrent, et quand il y en a trop, on se pose des questions. Ce n’est pas anticipé. L’enjeu, c’est de sortir les véhicules presque avant qu’ils rentrent", poursuit-il.

 

Le pari de l’Open Data : "Open ne veut pas dire gratuit"

 

Autre marqueur fort : Xavier Cotelle plaide depuis longtemps pour une logique d’ouverture des systèmes, condition d’un SDR efficace. Le danger, selon lui, vient des outils "fermés" qui empêchent l’intégration et bloquent les projets. Bee2Link revendique au contraire une force : posséder la source de la donnée, puisque les annonces VO proviennent très souvent de solutions comme CarShop ou Planet VO².

 

Pour autant, "Open ne veut pas dire gratuit." L’ouverture crée au contraire des modèles économiques plus vertueux, basés sur la valeur ajoutée. Au-delà de la stratégie produit, Xavier Cotelle insiste sur la dynamique interne. Planet VO² emploie près de 100 personnes pour un chiffre d'affaires de 11 millions d'euros.

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