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Distribution

Antoine Contardo lance la marque Yes My Car

Publié le 2 juillet 2019

Par Gredy Raffin
7 min de lecture
Le distributeur rémois va inaugurer Yes My Car, au mois de juillet. Cette marque représente la volonté de réunir sous une enseigne toute la diversité des solutions de mobilité proposées par Vista Group. Présentation d'un concept tourné vers l'avenir.
Antoine Contardo, le président de Vista Group et fondateur de Yes My Car.

 

"Agitateur de mobilité", telle sera la nouvelle devise d'Antoine Contardo. Le président de Vista Automobile, s'apprête à prendre un virage qui fera date dans l'histoire de son groupe. De distributeur de véhicules neufs et d'occasion, il entend devenir un acteur de la mobilité sous toutes ses formes. Raison pour laquelle, il vient de créer une toute nouvelle marque en propre, Yes My Car. Une entité sous laquelle il va regrouper ses différentes activités pour proposer une expérience fédérée à ses clients. Une vision stratégique qui va prendre corps avec l'inauguration, au mois de juillet, de deux centres Yes My Car Store, à Reims (51) et à Charleville-Mézières (08).

 

Au cours des 12 prochains mois, ces deux emplacements de 800 m² environ vont servir de laboratoires au distributeur rémois, avant d'envisager d'autres implantations. S'y retrouveront les étendards de Distinxion, qu'il a adopté en début d'année 2019 à la place de VPN, mais aussi d'Easy VO, dont il a été le premier signataire, d'Ada, que le groupe représente depuis 18 mois et de nouvelles venues dans le giron. En effet, en cette toute fin du mois de juin, Antoine Contardo est devenu concessionnaire de la marque Triumph et finalise les entrées de Kawasaki, Suzuki et Kymco. "Nous allons regrouper tous nos savoir-faire et ajouter un service après-vente, ainsi qu'une structure de préparation, révèle-t-il au Journal de l'Automobile. Nous attendons une clarification de la législation pour prendre position sur le vélo électrique et la micro-mobilité". Tout un programme pour cette marque appelée à tirer le développement géographique du distributeur.

 

Des standards propres à la marque

 

Par souci de respect pour la marque qui lui a permis de se construire et "la seule avec laquelle le groupe conçoit de se développer en VN", Antoine Contardo n'intégrera pas Kia au bâtiment de Charleville-Mézières. D'autant plus que le site ardennais se trouvera à quelques encablures du distributeur local. Tout au plus il proposera des VO récents, en fonction de la demande du marché. Le principal challenge du distributeur reste d'identifier une force commerciale capable de porter un message aux nuances de couleurs si variées.

 

Et pour aider à la tâche Yes My Car disposera de ses propres standards et outils. Tandis qu'il a lancé la production d'une application dédiée, destinée à l'animation de la communauté, la gestion de la relation client la réservation de véhicules de location, le président réfléchit notamment à la création de Yes My Car Finance avec le soutien d'un partenaire spécialisé. Il ne manque pas de souligner que son départ du réseau Midas coïncide avec la concrétisation de Yes My Car Service, une solution après-vente à sortir dans les mois qui viennent.  

 

Toujours concentré sur le VO

 

En ce qui concerne le VO, soit la source de revenu majoritaire de Vista Group, les objectifs sont ambitieux. Au cours du premier semestre d'activité, les deux centres Yes My Car Store devront immatriculer 35 unités mensuelles à particuliers. "80 % du stock sera exposé en intérieur afin d'accroitre le confort des visiteurs, explique Christophe Bindel, le directeur commercial. Dans nos régions, les conditions climatiques sont difficiles et entre la faible luminosité naturelle, la pluviométrie et le gel, il faut exploiter au maximum le hall". Le véhicule d'occasion constituera de surcroît un produit d'appel permettant de présenter l'intégralité du catalogue de solutions. "Les clients doivent intégrer que nous pouvons faire partie de leur quotidien", lance Antoine Contardo.

 

Rappelons qu'avec le label Easy VO, déployé à Reims et dans les Ardennes, Vista Group réalise entre 300 et 400 VO par an. "Il manque un peu de véhicules à vendre, mais Gérald Richard travaille sur le sujet actuellement", confie Antoine Contardo. Sous le panneau Distinxion, qu'il a installé dans les Ardennes, il vise un total de 300 à 350 unités, en 2019. "Ces derniers temps, nous vendons 60 à 70 % de notre stock chaque mois", relève Christophe Bindel. 50 % des commandes signées par les clients sont financées par une souscription auprès de CGI, un partenaire de longue date du groupe.

 

Avec Ada aussi, il est question de s'inscrire dans un partenariat pérenne. En 18 mois, il est devenu le gérant d'agences dans les Ardennes, la Marne et Paris, dont celles expérimentales des Gare de l'Est, dans la Capitale, et de la gare Champagne-Ardenne TGV, à Reims. Le loueur souhaitant renouer avec le marché des aéroports et des gares pilote une solution dématérialisée, à l'instar de Virtuo, depuis trois mois. "Nous négocions l'ouverture d'une agence parisienne qui aurait la gestion de deux gares, glisse Antoine Contardo. Nous encourageons par ailleurs Ada à tester son boitier de connectivité sur des Kia afin de pouvoir être fournisseur d'une partie de la flotte". Sans en faire un canal de ventes tactiques personnel, le concessionnaire souhaiterait profiter de ses agences pour fabriquer des VO récents de la marque coréenne pour ses panneaux.

 

Une croissance décidée

 

Il y a trois ans, le groupe immatriculait 600 VN et VO, il table sur un volume de 1 500 à 1 600 en 2019 et 2 600 véhicules en 2020 en ajoutant l'univers du deux-roues. De fait, le chiffre d'affaires de 7 millions d'euros en 2017 passera à 14 millions d'euros cette année et à 30 millions d'euros en 2021. Ce qui aura en outre un impact sur les montants financés. En 2017, Vista Group générait 4 millions d'euros de lignes de crédits. Ce total avait doublé l'année suivante, atteindra 12 millions d'euros, au terme de l'exercice en cours et flirtera avec les 20 millions d'euros, en 2020.

 

Une progression spectaculaire qui se lit dans les statistiques de ressources humaines. Entre 2016 et 2019, le nombre d'employés a triplé, de 12 à 35 personnes. "Nous ne subissons rien, nous avons décidé notre croissance", défend Antoine Contardo, dont la politique fait la part belle à la parité dans l'entreprise. Plus singulier encore, la gente féminine se trouve plus représentée que les hommes aux postes d'encadrement. "90 % de nos recrues proviennent de secteurs autres que l'automobile, ainsi nous pouvons les formater à cette vision que porte Yes My Car", argue-t-il.

 

Un centre de contact et e-Store City

 

Plusieurs recrutements sont prévus. En fin d'année, Vista Group va créer un centre de contact, à Bezannes (51). Cette équipe de deux à trois personnes aura la charge de traiter les prospects, VN, VO et après-vente, de réaliser des campagnes marketing sortantes, mais également de mener des enquêtes de satisfaction auprès des clients VO et SAV. En plus de cela, Antoine Contardo et Christophe Bindel souhaitent renforcer le département VO, en ajoutant un responsable des achats. Il pourrait rejoindre les rangs dès septembre prochain. Le groupe pratique un parfait équilibre entre les sources d'approvisionnement BtoB, ce nouveau responsable, doté d'outils perfectionnés, ouvrira le canal des achats aux particuliers. Nous allons créer un site d'achats directs, mais un humain sera en charge de valider manuellement les dossiers, sinon de renégocier les montants en fonction des conditions de marché.

 

En cette période favorable, les financements se font plus faciles à obtenir auprès des banques. Le groupe aurait tort de se restreindre alors qu'il estime se mettre en ligne avec les éléments clés qui composeront la prochaine décennie. A ce titre une autre tendance va s'inviter dans le modèle d'affaires d'Antoine Contardo. Sur le modèle de Carrefour, Décathlon et autre Point S, il veut surfer sur la vague des concepts "City", soit ces déclinaisons de magasins à ouvrir dans l'hyper centre des villes. En 2020, ouvrira de fait e-City Store by Yes My Car, à Reims. Cette boutique de 100 m² tout au plus proposera des solutions et des objets de mobilité au tout venant. La prudence reste de mise cependant. "Nous ne voulons pas aller trop vite dans la mobilité partagée", fixe pour limite le dirigeant qui garde le VO au cœur de son affaire.

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