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Constructeurs

Volkswagen réalise un semestre record mais s’inquiète de la pénurie de puces

Publié le 29 juillet 2021

Par Damien Chalon
3 min de lecture
Fort de résultats financiers historiques au premier semestre 2021, le groupe Volkswagen vient de relever sa prévision de rentabilité. Volkswagen s’inquiète toutefois de la pénurie de semi-conducteurs qui empêche la fabrication d'au moins 100 000 voitures.
Le groupe Volkswagen a dégagé un bénéfice opérationnel de 11,6 milliards d'euros au premier semestre 2021.
Le groupe Volkswagen a dégagé un bénéfice opérationnel de 11,6 milliards d'euros au premier semestre 2021.

 

Volkswagen a relevé jeudi 29 juillet sa prévision de rentabilité pour l'année 2021, de 0,5 point de pourcentage après un semestre "record", mais s'est dit plus pessimiste sur les ventes en raison de la pénurie mondiale de puces. Le groupe s'attend à une marge opérationnelle comprise entre 6,0 % et 7,5 % après avoir "limité avec succès" l'impact de la pandémie et des problèmes d'approvisionnement en semi-conducteurs pendant les six premiers mois de l'année. Il s'attend cependant à des "effets plus prononcés" au troisième trimestre, selon le directeur financier Arno Antlitz.

 

Entre janvier et juin, l'entreprise a dégagé un bénéfice opérationnel de 11,6 milliards d'euros, conforme aux chiffres préliminaires communiqués début juillet et supérieur aux près de 9 milliards du premier semestre de 2019, qui avait marqué un record juste avant la crise sanitaire. Le résultat net a atteint 8,5 milliards d'euros contre 1 milliard de perte en 2020, selon un communiqué. Conséquence d'une "bonne performance financière", la rentabilité a atteint 8,8 % sur six mois.

 

"Surtout, les ventes premium ont très bien évolué" avec des marges "à deux chiffres", selon le patron du groupe, Herbert Diess, tandis que les ventes en Chine ont baissé à cause du manque de puces. Cependant, Volkswagen reste, comme l'ensemble du secteur, exposé aux effets de la pénurie de semi-conducteurs qui perturbe les chaînes d'approvisionnement de ses marques (Audi, VW, Seat, Skoda, Porsche...). "Le groupe abaisse en conséquence son pronostic de ventes" et prévoit un niveau "sensiblement" supérieur à celui de 2020, soit une hausse de 10 % contre 15 % prévu jusqu'ici, a précisé M. Antlitz lors d'une conférence de presse.

 

Une "grand plateforme de mobilité" avec Europcar

 

Pour gérer les contraintes d'approvisionnement, le groupe se concentre sur les marques et modèles haut de gamme, plus rentables au moment où plus de 100 000 voitures - un "nombre à six chiffres", selon M. Diess - ne peuvent pas être fabriquées en raison de la pénurie. Par ailleurs, "notre offensive électrique gagne de plus en plus en dynamique", a noté M. Diess, avec une hausse de 165 % à 171 000 unités du nombre de voitures électriques vendues, et une nouvelle "accélération" attendue sur le reste de l'année.

 

Le numéro 2 mondial, qui investit des dizaines de milliards d'euros pour tourner largement le dos aux moteurs thermiques, compte vendre 50 % de véhicules électriques d'ici 2030 et "presque 100 %" en 2040 sur ses principaux marchés, visant la position de numéro un mondial dans le domaine. Le groupe prévoit de vendre en 2021, pour la première fois, au moins un million de véhicules électriques et hybrides, lui permettant de respecter les normes d'émission européennes, a précisé le directeur.

 

L'acquisition d'Europcar pour 2,5 milliards d'euros avec deux partenaires, annoncée mercredi 28 juillet, marque "le meilleur point de départ" pour lancer une "grande plateforme de mobilité" adaptée aux "évolutions" de la demande des consommateurs, a expliqué M. Diess à des journalistes. "Nous avons acheté une entreprise de location de voitures, mais elle n'en sera plus une dans cinq ou dix ans", proposant alors également de l'autopartage ou la gestion de flottes de voitures de fonction, a-t-il ajouté. "Il est très dur d'atteindre la profitabilité avec de l'autopartage" et la combinaison avec la location "est probablement le seul moyen" de tirer des bénéfices des systèmes de mobilité en libre-service, a jugé la patron autrichien, à la tête du groupe depuis 2018. (avec AFP)
 

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