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Constructeurs

Toyota France affiche une solidité à toute épreuve malgré un marché automobile sous tension

Publié le 30 janvier 2026

Par Jean-Baptiste Kapela
8 min de lecture
Dans un contexte automobile mondial en repli, le constructeur japonais tire son épingle du jeu. Porté par ses best-sellers, un dynamisme en Europe et une stratégie multitechnologie assumée, Toyota enregistre des performances historiques, notamment en France, où il renforce encore sa position en 2025.
Toyota Aygo X
Arrivée en concession en janvier 2026, l'Aygo X hybride, selon le groupe, a déjà réalisé 25 % de son plan annuel 2026. ©Toyota

Dans un contexte globalement compliqué pour le secteur automobile, Toyota s’en sort très bien. Le constructeur japonais a présenté des chiffres très positifs à l’échelle mondiale, enregistrant une croissance globale de 3,7 % des ventes de véhicules en 2025, à 10,5 millions d’unités.

 

Le constructeur peut compter sur deux best-sellers, la Corolla et le RAV4, qui s’affiche "dans le top trois des véhicules les plus vendus dans le monde", selon le PDG de Toyota France, Florian Aragon, lors de ses vœux à la presse le 30 janvier 2025.

 

Pour le groupe, l’Europe représente son quatrième marché et a réalisé des records l’année passée. En effet, pour la cinquième année consécutive, Toyota s’affiche comme la deuxième marque en Europe derrière Volkswagen, avec 7,4 % de part de marché pour ses marques Toyota et Lexus.

 

Au total, sur le Vieux Continent, ces dernières ont vendu près de 1,23 million de véhicules, ce qui représente un record de ventes historique pour le groupe, dépassant de 12 000 unités celui établi en 2024. Dans ce volume, les véhicules électrifiés (VE + PHEV + HEV) représentent 77 % du total, en progression de 5 %.

 

En France, Toyota France réalise une performance historique

 

En se concentrant sur l’Hexagone, le groupe Toyota enregistre la deuxième meilleure performance de son histoire en 2025, avec 132 490 véhicules particuliers et utilitaires immatriculés : 126 000 Toyota et 6 000 Lexus (2,4 % de part de marché).

 

Le constructeur nippon représente ainsi 7,1 % de part de marché en France, avec, pour sa marque mère, la première place des marques étrangères à particulier, même si elle enregistre une baisse de ses immatriculations de VP de 13,7 %, contrebalancée par des VU en hausse. "La France est le premier, c’est le plus gros pays en Europe dans la distribution de Toyota européenne, où nous couvrons 53 pays."

 

Dans son mix de ventes, l’hybride représente 80 % de son volume en France. "Toyota possède la gamme HEV la plus large du marché." Pour 2026, le groupe va lancer une multitude de nouveaux modèles, en commençant par l’arrivée de l’Aygo X hybride en concession qui, selon le groupe, a déjà réalisé 25 % de son plan annuel 2026.

 

En France, si les immatriculations de Lexus demeurent faibles, Toyota France se satisfait de sa performance. La marque premium du groupe a été portée en 2025 par le LBX, qui enregistre une progression de 37 %. Par ailleurs, selon la filiale française du groupe, toutes marques confondues, Lexus est celle qui est la mieux notée sur Google.

 

Outre le véhicule neuf, sur le marché de l’occasion, le groupe est parvenu à commercialiser en 2025 près de 80 000 voitures dans ses concessions avec ses deux labels Toyota Occasion et Lexus Préférence. Pour n’importe quel VO acheté, le client bénéficie de trois ans de garantie et de l’assistance incluse. Au niveau du financement, le groupe peut toujours compter sur Toyota Finance Monde et sa filiale interne dédiée à la location longue durée, Kinto, qui a réalisé 11 500 contrats de LLD en 2025.

 

Rentabilité du réseau Toyota

 

Si le groupe n’a pas encore les derniers chiffres sur la rentabilité de son réseau, l’entreprise table sur une année dans la continuité de 2024. Florian Aragon estime ainsi, en prenant des pincettes, que la rentabilité sera "proche des 1,9 %". "Nous ne voulons pas annoncer les 2 % parce que nous n’avons pas cumulé tous les chiffres encore. Ce devrait être entre 1,9 et 2, je pense", précise avec précaution le PDG de Toyota France.

 

Une très bonne rentabilité dans le contexte actuel, surtout avec des ventes de VP en baisse. Elle est en partie portée par le VUL. Si les dires de son dirigeant s’avèrent justes, le constructeur nippon devrait probablement s’afficher une fois de plus dans le top 5 des marques généralistes ayant la meilleure rentabilité en 2025.

 

"Plusieurs facteurs expliquent cette bonne rentabilité. Sur le volume déjà, Toyota est la première marque de véhicules particuliers étrangère, donc c’est quand même un volume qui permet d’amortir les frais des concessions, lance dans un premier temps Florian Aragon. Deux autres facteurs fondamentaux expliquent cette performance. Déjà, nous constatons que nos clients sont fidèles et reviennent à l’après-vente. Ensuite, nous avons fortement développé le véhicule d’occasion ces cinq dernières années. Enfin, il y a la chaîne de valeur et la multitechnologie, qui nous permet de ne pas proposer que du VE et d’avoir une assise plus cohérente", détaille-t-il.

 

Le groupe compte en France près de 300 sites Toyota et 46 sites Lexus, et assure nouer une relation particulière avec son réseau. "Nous sommes très proches de notre réseau, nous travaillons en symbiose avec lui. Il est une force pour nous et nous n’oublions pas qu’il s’agit du premier contact avec le client", tient à souligner Florian Aragon.

 

Pour rappel, la marque s’affiche à la tête des marques préférées dans le classement annuel de la cote d’amour des constructeurs réalisé par Mobilians.

 

Des ventes de VU en hausse de 30,5 % en France

 

En progression de 30,5 % en 2025, les véhicules utilitaires prennent de l’importance pour Toyota France. Le groupe a ainsi plus que doublé son volume de ventes sur cette catégorie en dix ans, avec 14 000 unités immatriculées en 2025.


"Ça fait longtemps que nous proposons des véhicules utilitaires, mais là, nous avons une vraie gamme. Nous allons continuer de développer ce segment, de structurer notre réseau. Notre ambition, c’est de continuer à grandir fortement dans les trois prochaines années."

 

En matière de stratégie sur ce véhicule, Toyota France mise sur l’accessibilité et assure être capable de financer n’importe quel VU. Dès l’été 2026, un nouvel utilitaire Toyota devrait être commercialisé en version microhybride et diesel. Notons qu’une version hydrogène verra le jour en 2028.

 

Arrivée du Toyota RAV4 et de la Lexus ES

 

"Notre ambition, c’est d’aller vers le zéro carbone le plus vite possible, partout dans le monde. Pour cela, nous ne cessons de le répéter : nous devons être multitechnologie et être en capacité de comprendre et de proposer à nos clients ce dont ils ont besoin pour leur mobilité", a répété tout au long de ses vœux à la presse Florian Aragon, directeur général de Toyota France. Pour "répondre à la mobilité de ses clients", le groupe prévoit de sortir une batterie de nouveaux modèles en 2026.

 

L’une des nouveautés majeures, le RAV4 en motorisation HEV et PHEV, en version deux ou quatre roues motrices et avec plus de 100 km d’autonomie en mode électrique, débarquera en showroom au début du mois d’avril. "Nous estimons que ce sera un réel succès", affirme Florian Aragon.

 

Du côté de Lexus, le groupe va lancer la berline ES sur une nouvelle plateforme, en hybride et en électrique, avec un nouveau design intérieur et extérieur. "Elle ne remplace pas vraiment l’actuelle ES, elle remplace un peu l’ancienne LS, donc elle monte en gamme. C’est vraiment une icône pour nous et elle va se lancer en électrique, et nous avons de fortes ambitions avec", estime le PDG de Toyota France.

 

Une pluie de modèles électriques Toyota-Lexus en 2026

 

"Nous, on pense qu’on n’est pas en retard. Nous pensons que nous sommes dans le juste, en fonction de la demande du client. L’électrique en France, c’est 20 % du marché. Il y a une demande et nous sommes en capacité d’y répondre au bon moment, avec les bons produits", tient à rassurer Florian Aragon.

 

En ce qui concerne les sorties de sa gamme 100 % électrique, le nouveau bZ4X est d’ores et déjà commercialisé en 2026, tandis que le prochain C-HR+ sera disponible en mars 2026. Quant au bZ4X Touring, le véhicule verra le jour dans les concessions en juin 2026.

 

"Nous avons une stratégie assez simple : si vous allez en concession, un C-HR+ sera au même loyer qu’un C-HR, soit 279 euros par mois", précise le dirigeant de Toyota France. Le pick-up Toyota Hilux sera commercialisé au mois d’avril en version électrique et "durant l’été 2026" pour sa version diesel.

 

Côté Lexus, le RZ débarquera dans les showrooms début avril 2026 et l’ES paraîtra en septembre. "Il y a un autre modèle qui arrive en fin d’année qu’on n’annonce pas encore", prévient Florian Aragon sans en dire plus. De nombreux modèles destinés à prolonger les bonnes performances du groupe dans l’Hexagone.

 

Prévisions pour 2026

 

Pour cette année, en France, le groupe prévoit un marché à 2,05 millions de véhicules, dont 345 000 VE. C’est un marché qui se réduit en termes de segmentation, et les voitures qui se vendent sont de plus petite taille. Les voitures électriques continuent à progresser et la législation évolue. Rien que l’année dernière, il y a eu cinq changements de façon très directe et soudaine.

 

Selon le constructeur, Toyota vise un volume de 126 000 véhicules neufs et de 81 000 VO. Pour Lexus, le groupe aspire à dépasser les 7 000 VN et atteindre les 5 600 VO. Le groupe espère également faire grandir sa chaîne de valeur.

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