Stellantis relance le diesel en Europe et revoit ses ambitions dans l’électrique

Stellantis poursuit son recentrage stratégique. Après avoir acté un net ralentissement dans l’électrique, le constructeur réintroduit des versions diesel pour au moins sept modèles en Europe et prolonge la production de motorisations existantes.
"Notre objectif est de proposer une offre pertinente à nos clients, en leur donnant ce qu’ils veulent et ce dont ils ont besoin. Mais nous restons pleinement engagés en faveur de l’électrification", explique un porte-parole du groupe.
Si Stellantis prévoit toujours le lancement d’une trentaine de nouveaux modèles électriques ou hybrides entre 2025 et 2026, le groupe confirme parallèlement le maintien du diesel dans son portefeuille. "Dans certains cas, nous élargissons même notre gamme de motorisations", précise-t-il.
Le diesel de retour sur les compactes et les utilitaires
Plusieurs modèles compacts voient ainsi réapparaître des versions diesel au catalogue : Peugeot 308, Opel Astra et DS n°4.
Dans les utilitaires, le mouvement est encore plus significatif. Le diesel fait son retour sur les Citroën Berlingo, Fiat Professional Qubo L, Opel Combo et Peugeot Rifter, une motorisation qui avait pourtant été abandonnée il y a un an.
Comme annoncé après le départ de l’ancien directeur général Carlos Tavares fin 2024, Stellantis confirme également la poursuite de la production des utilitaires diesel, notamment sur les Citroën SpaceTourer, Fiat Professional Ulysse, Opel Vivaro et Peugeot Traveller.
22 milliards d’euros de charges dans l’électrique
La semaine dernière, le constructeur avait annoncé près de 22 milliards d’euros de charges afin de réduire ses ambitions dans les véhicules électriques, confronté à une demande jugée insuffisante sur plusieurs marchés.
Ce virage ne concerne pas uniquement l’Europe. Aux États-Unis, où les consommateurs restent réservés face au tout-électrique, le nouveau directeur général Antonio Filosa a également annoncé le retour de versions thermiques.
Le groupe réintroduit notamment son moteur essence V8 HEMI sur ses pick-up, un bloc emblématique que Carlos Tavares avait retiré des gammes Dodge et Jeep.
En Europe, Stellantis relance par ailleurs une version thermique de la Fiat 500, initialement positionnée comme modèle 100 % électrique. Aux États-Unis, le constructeur met en revanche fin à la production de ses hybrides rechargeables.
Ce repositionnement intervient dans un environnement réglementaire en évolution des deux côtés de l’Atlantique.
Aux États-Unis, Donald Trump a annoncé la suppression des normes d’émissions de CO₂ pour les véhicules. De son côté, l’Union européenne a assoupli mi-décembre l’interdiction des véhicules thermiques prévue à l’horizon 2035.
Un diesel affaibli mais toujours stratégique
Longtemps décrié par les défenseurs de l’environnement, le diesel conserve néanmoins une base d’utilisateurs fidèles, notamment parmi les gros rouleurs et les professionnels.
En Europe, sa part de marché est tombée à 8,9 % des ventes de voitures particulières (en recul de 24 %). En revanche, il représente encore 80,7 % des immatriculations d’utilitaires légers auprès des professionnels. En France, le diesel constitue toujours près de la moitié du parc automobile roulant.
Stellantis n’est pas isolé dans ce rééquilibrage : ces derniers mois, Ford, Volvo et General Motors ont eux aussi infléchi leur stratégie électrique et relancé certaines motorisations thermiques.
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