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Constructeurs

Renault : la Fonderie de Bretagne va changer de mains

Publié le 5 juillet 2022

Par Christophe Jaussaud
4 min de lecture
Mise en vente par Renault depuis mars 2021, la Fonderie de Bretagne va être reprise par un fonds allemand. Pour faciliter cette transaction et ouvrir des perspectives, le groupe français investira 32 millions d'euros dans la modernisation du site.
Renault va vendre la fonderie mais aussi  investir 32 millions d'euros pour la moderniser.
Renault va vendre la fonderie mais aussi investir 32 millions d'euros pour la moderniser.

Renault a choisi, lundi 4 juillet 2022, le fonds d'investissement allemand Callista Private Equity pour reprendre La Fonderie de Bretagne de Caudan (56). L'annonce a été faite lors d'un comité social et économique extraordinaire (CSE) sur le site de la Fonderie, qui emploie 285 salariés en CDI et 20 intérimaires près de Lorient (56).

 

Renault avait annoncé en mars 2021 la mise en vente de l'usine, ce qui avait déclenché un mouvement de grève de deux mois, les salariés réclamant leur maintien au sein du groupe. "Le projet industriel porté par Callista, dont le siège social est basé à Munich, correspond aux engagements pris par Renault Group de parvenir à une exploitation rentable du site notamment grâce à un investissement massif, une restauration de la compétitivité et une capacité à se diversifier et identifier de nouveaux marchés", a déclaré le groupe à l'issue du CSE.

 

Interrogé par l'AFP, Renault a précisé qu'il accompagnera la revente par un investissement de 32 millions d'euros pour "moderniser le processus de fusion, la ligne de noyautage, et pour créer une deuxième ligne de sortie afin de passer des pièces plus grosses pour d'autres types de clients". Renault et Callista présenteront le plan de reprise plus en détails lors d'un CSE extraordinaire le 11 juillet.

Un investissement de 32 millions d'euros

 

"Nous sommes très moyennement satisfaits car on a déjà été échaudés par le passé et Callista est un fonds qui a des objectifs de court terme, à l'horizon 2025, pour redresser l'entreprise, faute de quoi ils fermeront", a réagi auprès de l'AFP Maël Le Goff, délégué syndical CGT. "On sait qu'il y a du potentiel mais Renault ne veut plus avoir la Fonderie de Bretagne dans son giron et, gros point noir, a accepté que les salariés qui ont envie de rester dans le groupe restent alors que nous souffrons déjà de difficultés pour trouver des compétences", a-t-il ajouté, tout en saluant l'absence de licenciement et le "gros investissement".

 

"La bonne nouvelle, c'est qu'on a un repreneur car on n'avait plus de son ou d'image concernant le processus, mais on doit encore analyser la viabilité du business plan", a pour sa part réagi Stéphane Dubois, délégué CFE-CGC. Le président de la région Bretagne, Loïg Chesnais-Girard, s'est pour sa part félicité de l'annonce tout en se montrant prudent.

 

"Qu'il y ait un repreneur, c'est une bonne nouvelle", a-t-il réagi auprès de l'AFP. "Renault jusqu'au bout doit assumer ses responsabilités en tant que propriétaire de la Fonderie de Bretagne et donc responsable des salariés", prévient-il toutefois.

 

"Il était plus que temps que Renault mette fin à cette période d'incertitude qui minait un peu tout le monde", a également réagi Fabrice Vély, maire (DVD) de Caudan. "Tout le monde est conscient que l'usine ne gagne pas d'argent, il faut la moderniser pour qu'elle soit profitable et que les emplois soient sauvés. Il y a un certain soulagement mais la vigilance est aussi de mise", a-t-il ajouté.

 

"Pas vocation à rester dans le groupe"

 

En difficulté, le constructeur français avait annoncé début 2020 un plan d'économies de plus de 2 milliards d'euros sur trois ans, prévoyant 4 600 suppressions d'emplois sur 48 000 en France, et plus de 10 000 hors de France. Le président de Renault Jean-Dominique Senard avait évoqué au printemps 2020 cette usine bretonne qui n'avait "pas vocation à rester dans le groupe Renault".

 

Héritière des Forges d'Hennebont, créées en 1860, la Fonderie de Bretagne est implantée à Caudan depuis 1965. La marque au losange y fabrique des pièces de sécurité et des pièces pour les moteurs et les boîtes de vitesses. Le groupe avait déjà revendu l'usine en 1999 à Teksid-Fiat, avant de la reprendre en 2009. (avec AFP)

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