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Constructeurs

Les Européens pas encore vraiment convaincus par la connectivité

Publié le 4 mars 2019

Par Gredy Raffin
5 min de lecture
Dans les sept pays européens étudiés par le cabinet Deloitte, il s'avère que moins d'une personne sur deux voit un intérêt dans la connectivité des véhicules. Ils sont encore aussi nombreux à se méfier de la conduite autonome.
Dans les sept pays européens étudiés par le cabinet Deloitte, il s'avère que moins d'une personne sur deux voit un intérêt dans la connectivité des véhicules. Ils sont encore aussi nombreux à se méfier de la conduite autonome.

 

Les grandes révolutions doivent encore faire leur preuve. Selon le rapport de l'étude consommateur 2019, réalisée par Deloitte, publiée ce 4 mars 2019, la connectivité automobile peine toujours à convaincre les automobilistes. Dans les sept pays passés au crible, à savoir la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, l'Italie, la Belgique, les Pays-Bas et l'Autriche, moins d'un sondé sur deux perçoit la percée des technologies de connectivité comme un bénéfice.

 

Hormis en Italie, où 60 % de la population sondée considère que la connexion des véhicules est une évolution à poursuivre à l'avantage du consommateur, les chiffres tombent sous la barre des 50 % sur tous les autres marchés. En France, ils sont 36 % à accorder du crédit à la connectivité, soit à peine plus qu'en Allemagne (35 %) et en retrait par rapport aux Pays-Bas (38 %). La Belgique (47 %) et le Royaume-Uni (45 %) se détachent d'un peloton fermé par l'Autriche (29 %), selon le rapport publié par Deloitte.

 

Il faut dire que la défiance est forte sur le Vieux-Continent. Encore nombreux sont les consommateurs à estimer que les données générées par les véhicules n'ont pas à être traitées par un tiers. C'est notamment le cas en Autriche, où 33 % des sondés refusent de partager les informations, contre 26 % qui acceptent de s'ouvrir aux constructeurs, et aux Pays-Bas, marché sur lequel ils sont 30 % à s'opposer à tout transfert, contre 20 % à autoriser les constructeurs et 22 % à considérer un tiers de confiance.

 

Les concessionnaires au troisième plan

 

La France figure parmi les moins réfractaires. 34 % des consommateurs se disent prêts à laisser les données transiter vers les constructeurs et 18 % vers une société tierce. La part des personnes fermées à tout partage tombe à 23 %. Encore une fois, la maturité de l'Italie, où l'assurance télématique est devenue une religion, se lit dans les statistiques. 33 % des habitants de la péninsule placent leur confiance dans les constructeurs, contre 32 % dans les tiers. 13 % à peine émettent des réserves. L'Allemagne et le Royaume-Uni se montrent quant à eux toujours mitigés, avec un équilibre quasi parfait entre les partisans des constructeurs et ceux du refus (31 % vs 30 % pour le premier, 27 % vs 25 % pour le second).

 

Des répartitions qui relèguent les concessionnaires aux rôles mineurs pour ce qui est de la captation et le traitement de la donnée. Dans le meilleur des cas, comme aux Pays-Bas, les distributeurs obtiennent 16 % des suffrages. En France, ils obtiennent 15 % et 13 % pour l'Italie et la Belgique. Ailleurs, ils tombent sous la barre des 10 % (Allemagne, Royaume-Uni et Autriche). En fait, les consommateurs européens préfèrent voir leurs informations partir vers des services gérés par les pouvoirs publics. L'Autriche (20 %), l'Allemagne (15 %) et les Pays-Bas (12 %) sont les exemples les plus emblématiques de cette tendance.

 

Les politiques appelés à prendre part

 

Les gouvernements ont un autre rôle primordial à jouer, d'après le sondage mené par le cabinet Deloitte. En moyenne sur les sept pays étudiés, ils sont en effet 62,7 % à souhaiter que les pouvoirs publics s'impliquent de manière significative dans le développement de la conduite autonome. La part est la plus élevée aux Pays-Bas, où elle atteint 73 %. En France, 62 % sont favorables à une entrée du gouvernement dans les programmes de recherche, contre 61 % au Royaume-Uni et 63 % en Italie. Figure de proue du mouvement de l'automatisation en Europe, l'Allemagne est relativement préservée. 59 % des sondés réclament une visibilité accrue des dirigeants politiques. Un fait probablement dû au niveau de confiance placée dans les industriels de renom engagés dans ce dossier.

 

Pourtant, on observe un recadrage de la perception des consommateurs. Ils sont de moins en moins à faire majoritairement confiance aux constructeurs pour concevoir la technologie d'automatisation de la conduite. Des sorties médiatiques telle que celle de Valeo, durant le Mondial, contribuant à changer la perception du public, la part des sondés en faveur de cette perspective est passée de 56 à 41 % en France, entre 2017 et 2019. Un constat encore plus marqué en Allemagne, avec 18 points de moins (33 %). Au Royaume-Uni, la part recule de 14 points en deux ans, à 39 %. Quant à l'Italie, la confiance placée dans les constructeurs fait le yo-yo : elle atteint 36 % après avoir été de 44 % en 2017 et de 51 % en 2018. De bon augure, si FCA confie la tâche à Waymo (Google).

 

L'accident tragique d'Uber-Volvo, en 2018, tout comme ceux de Tesla, ont laissé une trace dans les esprits. Cependant, le niveau de méfiance recule dans tous les pays européens sondés par Deloitte. A l'exception des Néerlandais (56 %) ils sont désormais moins d'un répondant sur 2 à penser que l'automatisation de la conduite ne sera pas sécurisée. A 29 %, les Italiens affichent le meilleur niveau du panel. Ils étaient encore 66 % à estimer que les véhicules seraient dangereux, il y a deux ans. Les Français ne sont pas en reste. 36 % d'entre eux à peine sont encore méfiants, contre 65 %, en 2017. Les Britanniques se stabilisent à 48 %, contre 73 % en 2017, tandis que les Allemands sont à 47 % (contre 72 %, en 2017).

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