L'électrique, encore une goutte d'eau à l'échelle du parc automobile européen

Selon la dernière étude publiée par l'ACEA, le parc de voitures particulières de l’Union européenne a poursuivi sa progression en 2024 (derniers chiffres connus). Il a enregistré une hausse de 1,4 % par rapport à 2023. Il frôle désormais les 256 millions de véhicules en circulation, confirmant une dynamique de croissance quasi généralisée à l’échelle du continent. Si l'on inclut le Royaume-Uni (38,3 millions) ainsi que l'Islande (0,25 million), la Norvège (2,8 millions) et la Suisse (4,9 millions), il atteint même 302 millions, soit une progression également de 1,4 %.
Outre les voitures particulières, l'Europe comptait 31,1 millions de camionnettes en circulation, dont la moitié concentrée dans trois pays : la France (6,5 millions), l’Italie (4,6 millions) et l’Espagne (4,2 millions), ce à quoi s'ajoutent les 5,7 millions d'utilitaires circulant au Royaume-Uni.
Un parc qui ne cesse de vieillir
Malgré cette expansion, le vieillissement du parc reste un enjeu central. L’âge moyen des voitures particulières s’établit à 12,7 ans dans l'Europe des 27. La Grèce affiche le parc le plus ancien (17,8 ans), tandis que le Luxembourg dispose du plus récent (8,2 ans).
La France se situe en dessous de la moyenne avec un parc âgé de 11,5 ans. La situation est comparable pour les véhicules utilitaires légers, dont l’âge moyen atteint 12,9 ans, avec une ancienneté particulièrement marquée en Italie et en Espagne. De son côté, la France enregistre un parc d'utilitaires âgé de 11,5 ans.
Sur le plan énergétique, la transition vers l’électrique reste extrêmement limitée à l’échelle du parc total. Les voitures 100 % électriques représentent 2,3 % des véhicules en circulation, contre 1,4 % pour les hybrides rechargeables. Dans l'Europe des 27, seuls cinq pays dépassent le seuil symbolique des 5 % : le Danemark (12,1 %), la Suède (7,2 %), le Luxembourg (7,1 %), les Pays-Bas (6,1 %) et la Belgique (5,1 %).
Moins de 3 % du parc est électrique en France
La France est légèrement au-dessus de la moyenne avec un parc électrique de 2,8 %. Hors UE, la Norvège constitue un cas à part, avec plus d’un quart de son parc déjà électrique. À noter également le fort taux de voitures électriques dans le parc islandais, à savoir 12,1 %.
Pour que le parc soit entièrement décarboné, il faudra donc plusieurs décennies. Dans l'Europe des 27, les moteurs à combustion restent en effet dominants. L'essence représente 49,2 % de part de marché et le diesel 38,4 %, soit une part de marché totale de 87,6 %.
Pour rappel, les premières voitures électriques, la Nissan Leaf et la Renault Zoe, ne sont apparues sur le marché qu'au début des années 2010. Cependant, la part de l'électrique ne cessera de croître dans les années à venir, grâce à une offre qui se développe depuis cinq ans.
Les foyers italiens fortement motorisés
Enfin, les disparités d’usage et d’équipement restent marquées. L’UE compte en moyenne 570 voitures particulières pour mille habitants. L’Italie affiche la plus forte densité automobile (701 véhicules pour mille habitants). À l’inverse, la Lettonie (418 véhicules pour mille habitants) présente le taux le plus faible. En France, avec 580 véhicules pour mille habitants, le taux est légèrement plus élevé que celui de la moyenne européenne. Il a progressé de 1,75 % depuis 2020.
Les comportements diffèrent également selon les pays : près de 40 % des ménages danois ne possèdent pas de voiture, alors qu'ils ne sont que 15 % en France. En parallèle, 31 % des foyers français en détiennent deux. Quant à la distance moyenne annuelle parcourue, elle s’élève à 12 349 kilomètres, mais de très grandes disparités existent entre les pays. En France, elle est de 8 970 km avec un modèle essence, 12 880 km en diesel et 11 360 km en électrique, soit une moyenne de 10 810 km par an.
Les Estoniens, les rois de la route
Si l'étude ne donne pas l'information pour tous les pays, il est à noter que les détenteurs de voitures électriques roulent plus que la moyenne de leurs concitoyens. Ainsi, si les Belges et les Néerlandais roulent en moyenne respectivement 14 220 km et 12 400 km, les conducteurs d'électriques dépassent les 19 000 km et 18 000 km. Enfin, les plus gros rouleurs européens sont les Estoniens avec 15 000 km par an, voire 22 000 km par an pour les dieselistes.
Cliquez ici pour lire le rapport de l'ACEA.
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