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Constructeurs

La fin du moteur thermique attaquée en justice

Publié le 26 septembre 2023

Par Christophe Jaussaud
2 min de lecture
Le texte de l'Union européenne interdisant la vente des moteurs thermiques en 2035 est attaqué en justice par une entreprise allemande spécialisée dans les carburants de synthèse, Lühmann Gruppe. Elle estime que cette décision va priver le marché d'alternatives écologiques aux carburants fossiles.
interdiction des moteurs thermiques en 2035
Une entreprise allemande attaque l'interdiction des moteurs thermiques en 2035 devant la Cour de justice européenne. ©Union Européenne/EC-Service audiovisuel

La fin des moteurs thermiques en 2035 n'est pas du goût de tout le monde. En effet, plusieurs filiales de l'entreprise Lühmann Gruppe, spécialisées dans la distribution de carburant en Allemagne, ont déposé en juillet "une plainte devant la Cour européenne de justice contre le durcissement des normes d'émissions de CO2", ont-elles annoncé dans un communiqué lundi 25 septembre 2023.

 

L'approche de l'UE "entrave de manière inappropriée la mise en place d'une industrie innovante dans les carburants renouvelables, qui pourraient contribuer à la réalisation des objectifs climatiques", déplorent-elles.

 

A lire aussi : E-carburants : Bruxelles assouplit l'interdiction des moteurs thermiques

 

Les 27 États membres de l'UE ont définitivement approuvé fin mars la fin des moteurs thermiques dans les voitures neuves à partir de 2035, mesure centrale du plan climat européen pour respecter la neutralité carbone en 2050.

 

Or, cette résolution exclut pour l'instant de prolonger l'utilisation des moteurs à combustion pour des carburants synthétiques, une technologie consistant à produire du carburant à partir du CO2 issu d'activités industrielles, présentée comme neutre en carbone par ses promoteurs.

 

Cette alternative est considérée pour l'instant comme très coûteuse et inefficace contre le réchauffement climatique, notamment par rapport aux véhicules électriques. La question des carburants synthétiques a toutefois fait l'objet d'intenses débats entre les États membres, avant le vote. L'Allemagne, où l'industrie automobile est un pilier de l'économie, avait même menacé de bloquer en mars la procédure pour que la Commission assouplisse la règle sur ces carburants.

 

Finalement, un accord avait été trouvé, Bruxelles s'engageant à ouvrir plus nettement la voie aux carburants de synthèse dans une proposition séparée qui devra être validée d'ici l'automne 2024. Le texte initial reste pour l'instant inchangé.

 

Un compromis trop faible, selon le groupe Lühmann, qui emploie plusieurs centaines de personnes en Allemagne et s'est lancé ces dernières années dans une transition partielle vers les carburants de synthèse.

 

"Les carburants à bilan carbone neutre offrent la seule possibilité d'intégrer les véhicules équipés de moteur à combustion, qui continueront de dominer les parcs automobiles à long terme, dans les efforts de protection du climat", assure le PDG du groupe Lorenz Kiene, dans le communiqué. (avec AFP)

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