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Constructeurs

Honda plie mais ne rompt pas

Publié le 10 février 2026

Par Christophe Jaussaud
3 min de lecture
Alors que Honda affiche un repli de 3,4 % de son chiffre d'affaires au troisième trimestre de son exercice décalé, il maintient ses prévisions sur l'ensemble de l'exercice 2025-2026. Le nippon attend un bénéfice net en repli de 64 %, à cause de l'impact des droits de douane sur le marché américain, et de la concurrence des constructeurs chinois en Asie.
Résultats Honda exercice décalé
Le chiffre d'affaires trimestriel de Honda aux États-Unis a reculé de 10 %. ©Honda

Malgré un recul de ses principaux indicateurs financiers au troisième trimestre de son exercice 2025-2026 décalé, Honda maintient ses prévisions pour l'ensemble de son exercice.

 

Ainsi, entre octobre et décembre, le chiffre d'affaires du nippon a reculé de 3,4 % sur un an à 5 343 milliards de yens (28,9 milliards d'euros), tandis que son bénéfice d'exploitation plongeait de 61,4 % à 153,3 milliards de yens (829 millions d'euros).

 

Si ces performances s'avèrent supérieures aux prévisions du marché, elles n'en dépeignent pas moins un tableau toujours morose, marqué par des ventes atones. C'est en particulier le cas aux États-Unis, où le chiffre d'affaires trimestriel a fondu de 10 %, tandis que le bénéfice d'exploitation s'y effondrait de 45,7 %.

 

 

Les taxes douanières de 15 % imposées par Washington aux importations de voitures japonaises constituent une entrave pour Honda, qui réalise la moitié de ses ventes de voitures en Amérique du Nord, même s'il fabrique localement plus de 60 % des véhicules qu'il vend aux États-Unis.

 

Pour autant, Honda a abaissé à 310 milliards de yens (1,68 milliard d'euros), contre 450 milliards de yens précédemment, son estimation de l'impact de ces taxes douanières sur son résultat annuel, en sabrant ses coûts pour rester compétitif.

 

"Grâce à de nombreux efforts, notamment la collaboration avec les fournisseurs, l'impact des droits de douane a été réduit", commente le groupe, qui se félicite aussi de "l'impact positif" de l'affaiblissement du yen qui soutient ses exportations.

 

L'impact de la concurrence chinoise

 

Pour autant, "l'intensification de la concurrence sur les marchés automobiles asiatiques", où les constructeurs chinois progressent de façon agressive, "a entraîné une hausse des incitations et un contexte commercial incertain", note le constructeur.

 

Le recul est par ailleurs atténué par une forte demande pour les voitures hybrides, ainsi que par les bénéfices générés par sa robuste activité motos.

 

 

En conséquence, sur l'ensemble de l'exercice s'achevant fin mars 2026, Honda prévoit toujours un bénéfice net de 300 milliards de yens (1,62 milliard d'euros), en chute de 64 % sur un an, pour un résultat d'exploitation annuel à 550 milliards de yens (-55 % sur un an).

 

Ses anticipations de chiffre d'affaires annuel ont été très légèrement relevées, à 21 100 milliards de yens (114 milliards d'euros, -2,7 % sur un an). Le constructeur prévoit de vendre sur l'exercice 3,34 millions d'automobiles.

 

Enfin, alors que la crise autour du fournisseur mondial de puces Nexperia, au cœur d'un bras de fer entre la Chine et les Pays-Bas, affolait cet automne l'industrie automobile, les tensions s'apaisent.

 

"Des mesures ont été prises pour prévenir la récurrence de la pénurie d'approvisionnement en semi-conducteurs au troisième trimestre", même si de nouveaux risques réapparaissent, cette fois concernant les terres rares, note Honda. (avec AFP)

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