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Constructeurs

Ford présente un nouveau plan pour l'Europe

Publié le 10 janvier 2019

Par Christophe Jaussaud
3 min de lecture
Le dernier plan de restructuration datait de 2012 et avait notamment conduit à la fermeture de l'usine belge de Genk. Huit ans plus tard, la filiale européenne n'a toujours pas trouvé la solution et Ford annonce un nouveau plan pour "renouer avec la rentabilité".

 

Ce n'était qu'une question de temps. Après l'annonce d'un vaste plan en juillet dernier à Dearborn, mais aussi un large chamboulement de l'organigramme de Ford Europe le 7 décembre 2018, le constructeur américain vient donc de dévoiler, le 10 janvier, les grands axes de son nouveau plan de restructuration pour sa filiale européenne.

 

Une vaste réorganisation de ses activités en Europe qui se traduira par des suppressions d'emplois, qu'il n'a pas chiffrées, afin de relancer une compétitivité jugée insuffisante. "L'amélioration des coûts structurels sera soutenue par une réduction des emplois excédentaires à travers toutes les fonctions", a déclaré l'entreprise dans un communiqué, en annonçant démarrer des consultations avec les organisations syndicales.

 

"Ford a pour objectif de réduire ses coûts de main-d'œuvre, autant que possible, à travers des départs volontaires en Europe et va travailler étroitement avec les partenaires sociaux et les autres parties prenantes pour atteindre cet objectif", affirme le groupe. Le deuxième constructeur américain, qui souffre depuis des années d'une perte de parts de marché et d'une rentabilité insuffisante en Europe, affirme vouloir "renouer avec la rentabilité à court terme".

 

Ford souligne qu'il va revoir son portefeuille de produits, considéré par des experts comme peu adapté aux tendances du marché européen. Si le VUL fonctionne bien en Europe, et Ford veut légitimement renforcer cette activité, l'américain a assez largement manqué la vague des SUV et certains autres produits, comme la Mondeo, ont été largement pénalisé par la réorganisation industrielle précédente de la marque en Europe, en 2012, qui avait notamment conduit à la fermeture de l'usine belge de Genk.

 

La gamme VP de l'ovale bleu va donc évoluer, quelle que soit la région du monde. On sait d'ores et déjà que les monospaces C-Max et Grand C-Max, produits dans son usine de Saarlouis, ne seront pas renouvelés. Qu'adviendra-t-il de la Mondeo ?

 

En Europe, alors que les Focus et Fiesta sont toutes récentes, les SUV devraient être au centre des attentions. Ford devait d'ailleurs dès le mois d'octobre 2019 lancer la production d'un nouveau SUV du segment B dans l'usine de Craiova en Roumanie. Usine qui produit actuellement l'EcoSport.

 

Ford doit impérativement enrayer la baisse de ses ventes sur le continent où sa part de marché s'est effondrée depuis une vingtaine d'années, passant de près de 11 % des ventes en 2000 à 6,4% l'an dernier. Le constructeur explique qu'il "entend améliorer ou supprimer les modèles les moins rentables, et va mettre en place des plans d'actions spécifiques pour les pays sous-performants".

 

Ford souligne qu'il a déjà engagé la fermeture (effective fin août 2019) de son usine de boîtes de vitesse de Blanquefort en Gironde. Rappelons qu'un repreneur avait reçu l'aval des salariés et du gouvernement français mais Ford n'a pas accepté l'offre et choisi la fermeture du site. Enfin, Ford examine aussi "plusieurs options de restructuration de sa co-entreprise Ford Sollers en Russie" et "une décision est attendue au deuxième trimestre".

 

"Ford fournira des détails de sa stratégie dans les prochains mois, une fois conclues les consultations formelles avec son comité d'entreprise et ses partenaires syndicaux", a-t-il précisé. Le constructeur est depuis des mois sous la pression de Wall Street qui réclame un plan stratégique pour améliorer les profits. L'action de Ford a chuté de 33% sur un an et perdu près de la moitié de sa valeur sur les cinq dernières années.

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