...aujourd'hui le marché de l'automobile en Hongrie ?
Serge Yoccoz. Il représente environ 220 000 véhicules par an soit, pour vous donner un élément de comparaison, les deux tiers du marché automobile autrichien. Mais le marché hongrois est capricieux. Il a connu, de 1997 à 2004, une progression très forte dépassant les dix points par an. Puis, en 2004, le gouvernement a modifié la fiscalité automobile au point qu'aujourd'hui, les prix d'achat d'un véhicule neuf ont subi une hausse de l'ordre de 2 à 3 %. Le salaire moyen d'un Hongrois étant de 160 3, l'achat d'une voiture représente un investissement très lourd. Et contrairement à la Pologne par exemple, nous n'avons pas non plus connu une explosion du marché du véhicule d'occasion.
JA. On a souvent en tête une image un peu surannée de l'automobile dans certains pays d'Europe centrale. On s'imagine notamment croiser beaucoup de véhicules du type Trabans, qu'en est-il réellement ?
SY. En Hongrie, la moyenne d'âge du parc automobile est effectivement proche des 12 ans. Sauf à Budapest puisque le gouvernement a décidé, il y a six ans, d'expurger le parc pour pallier les problèmes de pollution. Pour autant, dans le reste du pays, il y a 600 000 à 700 000 véhicules de l'ère communiste qui sont encore en circulation ! Et ce sont évidemment des véhicules qui ne répondent pas aux normes européennes, ce qui représente dès lors un excellent potentiel.
JA. La Logan a également été lancée en Hongrie. Quel est justement l'impact de ce véhicule bon marché au niveau local ?
SY. Pour la Logan, nous visons cette année les 2 % de parts de marché, ce qui est déjà un bel objectif sachant que Dacia ne jouit pas, dans le pays, d'une très bonne notoriété. Nous allons donc, au moins pour l'année 2005, concentrer nos efforts pour relancer la marque Dacia et redorer son image. Concrètement, à ce jour, nous avons enregistré 2 500 commandes pour ce véhicule.