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Constructeurs

Entretien avec Patrick Le Quement, directeur du design industriel chez Renault : "Le succès ne se mesure vraiment qu'en fin de vie d'un modèle"

Publié le 5 décembre 2003

Par Alexandre Guillet
12 min de lecture
Les épisodes Avantime et VelSatis avaient fragilisé la position de Patrick le Quément et ses détracteurs se faisaient un plaisir de le souligner. Avec la nouvelle Mégane et le nouveau Scénic, Patrick le Quément démontre que son projet design pour Renault a du sens et de l'efficacité commerciale....
...En notre compagnie, il revient sur ces modèles, mais aussi sur l'évolution de son métier et sur les détails de l'Alliance. Avec le langage direct et le sens inné de l'image qu'on lui connaît. Le Journal de l'Automobile : Après deux lancements capitaux pour la marque, Mégane et Scénic, quelle analyse faites-vous de l'accueil réservé par le public à vos modèles ?Patrick le Quément : Ces deux modèles étaient effectivement très importants, car ils correspondent à des segments sur lesquels Renault possède des parts de marché significatives. En outre, les 1res générations de ces modèles avaient connu un immense succès. A l'heure actuelle, on peut dire que les premiers résultats de la Mégane II et du Scénic II sont bons et parfaitement en ligne avec nos objectifs.  Pour Mégane, la 5 portes et la 3 portes connaissent d'excellents débuts, tandis que le break, encore poussif dans l'hexagone, marche très bien sur "ses" marchés, comme l'Italie par exemple. La tri-corps connaît aussi un bon départ, meilleur que la tri-corps de Mégane 1 qui était un sac à dos et n'avait pas été dessinée dès le début du projet. Par ailleurs, avec Mégane, nous avons réussi à rajeunir notre clientèle, ce qui constitue un point stratégique déterminant. Pour la grosse artillerie, c'est-à-dire le Scénic, c'est très bien parti, ce qui est d'autant plus remarquable que nous ne sommes plus du tout isolés sur ce segment ! Cependant, il convient de rester prudent et modeste, car mon expérience m'a appris que le succès ne se mesure vraiment qu'en fin de vie d'un modèle. J.A. : Sans faire de polémique, ne pensez-vous pas que l'échec plus ou moins relatif de l'Avantime et de la VelSatis était un passage obligé pour imposer la nouvelle identité Renault et, in fine, ne pensez-vous pas avoir gagné votre pari en réussissant sur les modèles de grande série ?P. l. Q. : Cette question ne porte pas à polémique et ne doit pas être évitée. Avec cette expérience, on apprend qu'il faut savoir mener une chose à la fois et qu'on peut bousculer les habitudes, mais avec mesure. Le cas de l'Avantime est à part, car il soulève aussi des questions industrielles et commerciales. Trop d'éléments négatifs se sont agrégés sur ce véhicule pour qu'il ait du succès...même si les propriétaires d'Avantime sont fiers du style de leur voiture. Pour la VelSatis, le plan de références était très complexe et la voiture avait été dessinée de l'intérieur vers l'extérieur avec des proportions en rupture. C'était un véhicule vraiment architecturé. En revanche, avec la Mégane, le plan de références correspond aux codes communs et nous avons respecté certains fondamentaux, comme le respect de proportion[...]

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