Emanuele Cappellano, président de Stellantis Europe, doute de l'impact des annonces de la Commission européenne

Pour le président de Stellantis Europe, Emanuele Cappellano, les annonces faites par la Commission européenne en décembre 2025 ne règlent rien. Ou pas grand-chose. Le compte n'y est pas.
"Il y a eu une énorme convergence" dans la position de "l'industrie automobile, y compris les équipementiers. Et nous demandions, par rapport à 2035, de la flexibilité pour aborder les problèmes à court terme, notamment pour les véhicules utilitaires légers, mais aussi en termes de technologie pour décarboner", a expliqué Emanuele Cappellano au quotidien Libération.
"Or, tout ce qui a été annoncé en décembre n'aura aucun impact, ni sur le court terme ni pour 2035", a-t-il encore indiqué.
En revanche, le président de Stellantis Europe espère beaucoup des prochaines annonces de Bruxelles, prévues fin janvier 2026, sur un minimum de contenu européen requis pour les aides aux voitures électriques.
"La filière batteries a par exemple besoin de temps pour être développée. Donc, nous devrions essayer d'établir des règles qui disent : dans trois ans, à partir de maintenant, vous devez assembler en Europe ; dans cinq ans, y ajouter une partie de la production. Et dans dix ans, vous devrez être totalement autonomes en termes de batteries produites en Europe. Même chose pour les semi-conducteurs", a détaillé le PDG.
"Sinon, de combien les prix des voitures vont augmenter ? Et local doit être européen car il n'y a pas d'échelle nationale pour supporter ça", a-t-il conclu.
Lors de ses annonces du 16 décembre 2025, la Commission a introduit un principe de traitement préférentiel pour les véhicules ayant un contenu local européen, encore à préciser. Un principe défendu surtout par la France.
La Commission européenne veut ainsi favoriser les équipementiers, fournisseurs et sous-traitants européens en instaurant une "préférence européenne" dans l'automobile, c'est-à-dire des obligations de contenus locaux dans les chaînes de production des industriels bénéficiant de financements publics. Un texte baptisé "accélérateur industriel", attendu pour fin janvier, devrait inclure des mesures en ce sens. (avec AFP)
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