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Constructeurs

Carnets de voyages : Carlos Ghosn, président-directeur général de Renault

Publié le 27 mai 2005

Par Tanguy Merrien
9 min de lecture
Sans lui, le constructeur japonais Nissan aurait probablement irrémédiablement sombré dans l'état de cachexie amorcé vingt-sept ans plus tôt. Avec lui, Renault poursuivra indubitablement son entrée dans la mondialisation. Lui, c'est Carlos Ghosn, demi-dieu au Pays du Soleil Levant. Craint de ceux...
...qui ne l'ont pas encore rencontré. Homme du monde dans toute l'acception du terme. Carlos Ghosn n'est ni d'ici, ni de là. Ses racines le transportent d'un bout à l'autre du globe. Sa carrière aussi. Celui qui a redressé Nissan n'est pas japonais, pas vraiment français non plus. Carlos Ghosn, issu d'une famille d'origine libanaise, est né au Brésil et son éducation est empreinte de culture française. De ces racines atypiques, il a fait sien le monde. Un monde sans frontières. Un monde où la barrière de la langue n'est qu'utopie. Il en parle quatre : portugais, anglais, arabe, français bien sûr… Et un peu de japonais, même si l'appropriation incomplète de cet idiome reste, de son propre aveu, une terrible frustration. Au Liban, Carlos Ghosn intègre l'ordre des Jésuites. Un cursus scolaire qui témoigne déjà de ce que sera le manager : "Les Jésuites dispensent une éducation dans laquelle la discipline est très importante, mais également la compétition, le défi permanent, un système de classement qui incite les élèves à se dépasser. (…) J'ai beaucoup appris. Quand j'ai quitté les Jésuites, j'avais un sens de la discipline, de l'organisation, de la compétition, et puis le goût du travail bien fait."(*) Carlos Ghosn est rebelle, mais bon élève. Matheux sur le papier, mais littéraire dans l'âme, le jeune Franco-libano-brésilien, tiré vers le haut par quelques professeurs consciencieux, deviendra finalement "taupe", nom donné aux élèves de maths sup/maths spé. A force de travail, Carlos Ghosn rejoint le peloton de tête. L'un des fleurons de l'éducation à la française, l'Ecole polytechnique lui ouvre ses portes. Puis, suite logique à ce parcours sans fautes, l'Ecole des mines et des ponts et chaussées. La vie de l'étudiant est légère. Demain n'est pas sa priorité. Michelin : premières leçons L'histoire prend la forme d'une blague de potaches, d'un coup de téléphone impromptu qui, à deux reprises, décidera de l'avenir de Carlos Ghosn. Premier appel en mars 78, il a alors 24 ans. "Je n'y ai pas cru un instant. Je me suis dit, c'est un de ces farceurs qui me fait une blague à huit heures et demie du matin.[...]

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