Aides à la conduite : utiles, mais trop chères et mal expliquées

Selon une étude du cabinet du Boston Consulting Group, les systèmes avancés d’aide à la conduite (Adas) représentent aujourd’hui l’un des plus grands réservoirs de valeur encore inexploités de l’industrie automobile. La preuve : plus de 40 % des consommateurs en France se disent prêts à payer un surcoût pour un véhicule offrant les fonctionnalités Adas les plus avancées.
Pourtant, cette promesse de valeur se heurte à un paradoxe : d’une part, le prix élevé des véhicules freine la transformation de cette intention en valeur réelle ; d’autre part, ces systèmes sont encore peu utilisés au quotidien, voire désactivés par une partie des conducteurs.
Menée auprès de près de 3 000 acheteurs de véhicules équipés d’Adas dans sept grands marchés automobiles (Allemagne, Chine, Corée du Sud, États-Unis, France, Japon et Royaume-Uni), l’étude montre que le principal frein à la création de valeur n’est plus la technologie elle-même, mais la confiance, la compréhension et la fluidité de l’expérience auprès des utilisateurs.
Utiles à la sécurité…
Dans le détail, l'étude révèle que la sécurité prime largement à l’achat. 48 % du panel citent l’amélioration de la sécurité comme le principal facteur dans le choix des fonctionnalités Adas.
Ce taux n'est pas aussi élevé dans tous les marchés. En Chine, les Adas sont déjà largement intégrées aux attentes des consommateurs : 81 % estiment qu’un véhicule équipé d’Adas renforce leur statut social (contre 48 % au niveau mondial et 35 % en France). Dans ce marché où l’automobile demeure un symbole de réussite, les Adas sont moins perçues comme une option que comme un standard attendu.
… mais trop chères
L'étude montre surtout un paradoxe entre appétit et usage. En moyenne, plus de 55 % des consommateurs se disent prêts à payer plus cher pour des véhicules dotés des Adas les plus avancées (contre 85 % en Chine et 40 % en France).
Pourtant, seul un quart les utilise le plus souvent possible (contre 30 % en France). À noter que les générations plus âgées, autre paradoxe, y ont davantage recours que les plus jeunes (33 % contre 17 %).
Enfin, les distributeurs ont un énorme travail de pédagogie à réaliser auprès de leurs clients. En moyenne, près de 30 % des utilisateurs expliquent qu’ils découvrent le fonctionnement des Adas en les testant seuls, sans réelle explication au moment de l’achat. Pour les constructeurs, l’enjeu est de concevoir un parcours conducteur continu, de l’achat à la post-vente, pour favoriser leur adoption au quotidien.
Manque de confiance
Reste aussi une défiance sur l'utilité même de ces aides, pourtant rendues obligatoires par la réglementation européenne. Parmi les conducteurs qui utilisent peu les Adas, 36 % estiment ne pas en avoir besoin ou ne pas les apprécier, et 22 % déclarent ne pas comprendre comment les utiliser. Les faux déclenchements type freinage fantôme érodent la confiance : 9 % des jeunes générations et 16 % des acheteurs de véhicules premium désactivent définitivement certaines fonctionnalités.
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