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CO2 : l’industrie automobile à l’aune des 95 grammes

CO2 : l’industrie automobile à l’aune des 95 grammes

Les constructeurs sont désormais aux portes du défi imposé par l’Europe pour abaisser leur moyenne d’émissions de CO2. Bond du parc électrique, achat de crédits pollution, fusion…les spéculations vont bon train sur le visage que prendra l’industrie automobile de demain.

 

Alors que les constructeurs s’apprêtent à dévoiler leur future offre à Francfort à l’occasion du Salon IAA, qui se déroule du 12 au 22 septembre 2019, leur stratégie pour respecter les normes imposées par l’Union Européenne en matière d’émissions de CO2 est au cœur des spéculations. Et pour cause, la première échéance sera bientôt effective.

 

Fixée à 2021, elle impose que leurs flottes de véhicules neufs vendus rejettent en moyenne moins de 95 grammes de CO2 par kilomètre, avec, pour chacun, un objectif personnalisé, sous peine d’une amende de 95 euros par gramme supplémentaire et par véhicule écoulé. Bien loins de la dernière moyenne de 120g/km révélée par l’ACEA pour l’Europe des 28, les constructeurs vont devoir peaufiner leur feuille de route pour se maintenir sur le marché.

 

Bond du parc électrique dès 2020

 

En effet, une enquête de Jato Dynamics relevait récemment l’ampleur des amendes que risquait chaque groupe si cette moyenne restait inchangée. Bon nombre d’entre eux n’y survivraient pas. C’est pourquoi cette année les constructeurs ont mis un coup de collier considérable pour électrifier leur gamme. « Ils avaient investi 25 milliards d'euros dans l'électrification sur ces huit dernières années, cela va être dix fois plus, soit 250 milliards, dans les huit prochaines », rapporte Laurent Petizon, directeur général d’Alix Partners à l’AFP. L’accroissement de l’investissement, déjà tangible, sera fera sentir sur le marché des VP neufs dès l’année prochaine.

 

En effet, selon une étude de Transport & Environment (T&E), un million de véhicules électriques seront immatriculés l’année prochaine en Europe. Ils représenteront 5 % des ventes à 2020 et atteindront 10 % du parc neuf écoulé dès 2021. Or, selon un calcul de l’assureur Euler Hermes, rapporté par l’AFP, il faut atteindre un quart des immatriculations en véhicules hybrides et électriques pour respecter les règles de l’Union Européenne, et ce dès l’année prochaine.

 

Différentes stratégies à l’étude

 

Si l’électrification des ventes est la voie la plus évidente pour respecter les normes européennes, d’autres possibilités, s’offrent au constructeur. « Certains d’entre eux devront abandonner la production de leurs modèles trop émetteurs. L’amende encourue rendrait leur profitabilité négative », conseille Felipe Munoz-Viera, porte-parole de Jato Dynamics.

 

Justement, outre les prévisions du parc électrique, l’enquête de T&E va plus loin et révèle les différents scénarios que chaque constructeur pourra adopter pour éviter les amendes en 2021 (voir tableau ci-dessous). Ainsi, dans le cas où le groupe PSA cesserait de vendre des véhicules à fortes émissions, il ne lui faudra écouler que 2 % de véhicules électriques pour ne pas payer d’amendes à l'horizon 2021. Tandis qu’il lui faudrait une proportion de 8 % de VE pour compenser ses modèles les plus émetteurs. En ce qui concerne le groupe Renault, il devra afficher au moins 10 % de ventes électriques, contre 3 % s’il abandonne ses moteurs rejetant le plus de CO2.

 

Urgence du côté des Allemands

 

Les allemands, quant à eux, devront naturellement livrer plus de VE pour faire la balance avec leurs gros moteurs. Ainsi les groupes Volkswagen, BMW et Daimler éviteront d’être taxés s’ils écoulent respectivement 13 %, 16 % et 18 % de VE. S’ils renoncent à leurs modèles les plus polluants, la proportion de VE nécessaire tomberait alors, dans l’ordre, à 5 %, 8 % et 10 %. Si ce dernier scénario est peu probable à courte échéance, reste l’alternative d’acheter du « crédit pollution ».

 

Tableau : part des ventes de véhicules électriques nécessaire pour respecter les normes CO2  par constructeur en 2021

 

Vers d’autres accords pour le « droit à polluer » ?

 

A l’instar de FCA et General Motors, qui pour diminuer leur moyenne d’émissions ont rémunéré Tesla pour intégrer leurs ventes à celle de l’américain. « On pourrait imaginer d’autres accords de ce type. Notamment des groupes européens avec certains constructeurs asiatiques dont les véhicules émettent moins de CO2. Mais cela reste tout de même un coût à intégrer » perçoit Felipe Munoz-Viera.

 

Autre piste envisagée, la restructuration et la concentration des groupes automobiles. Si les constructeurs ne passent pas le cap, le nombre de fusions et/ou acquisitions pourraient se multiplier à court terme.

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