Mecalife vers une sortie de crise ?

"Il se dit que 80 % des entreprises placées en redressement judiciaire finissent par disparaître. Nous appartiendrons certainement à l'autre partie". Par ces termes, Nicolas Porta, le fondateur et président du groupe Mecalife, témoigne de la satisfaction de savoir que son plan de sortie de crise a été validé, le 22 février 2026, par le Tribunal de commerce de Toulouse (31), selon une publication du Bodacc.
Le groupe qui édite des services digitaux à destination des distributeurs de voitures d'occasion a obtenu un étalement des remboursements sur dix ans. Nicolas Porta explique être repassé devant le juge afin de valider "une nouvelle version du plan négocié avec le mandataire". Et de poursuivre : "le taux est bien plus à l'avantage des créanciers".
Coupe dans les logiciels et le personnel
La dette contractée par le groupe Mecalife résultait, selon le fondateur, d'un financement par de la dette, via un pool bancaire regroupant BPI, la Banque Populaire Occitane (BPOC) et Créalia, réalisé au début de l'aventure entrepreneuriale, auprès de Bpifrance et la région Occitanie. "Cela constituait la majeure partie de notre problème financier", relate le président. Il y avait aussi des fournisseurs. "Nous avions une licence Jato qui nous coûtait cher. Nous avons décidé de nous en remettre exclusivement à DAT même si nous y perdons en exhaustivité d'informations", rétorque Nicolas Porta. L'accord avec Jato remontait à 2021.
Pour sortir de l'ornière, le groupe toulousain a non seulement optimisé les coûts informatiques, mais il a également coupé nettement dans les effectifs. L'équipe est passée de 12 à 4 personnes aux dépends de la cellule R&D et celle du développement commercial. Un sacrifice bien perçu par le Tribunal de commerce, tout comme l'effort financier des investisseurs qui ont remis un peu moins de 50 000 euros au budget du groupe Mecalife.
Une autre manne financière pourrait venir gonfler la trésorerie de Mecalife. En effet, Nicolas Porta a soumis un dossier de remboursement sous forme de crédit d'impôt innovation (C2I). Cela constituerait une aide à hauteur de "plusieurs dizaines de milliers d'euros" compensant les investissements dans l'humain durant la période 2020-2021.
Abandon de la marketplace CtoB
En termes de produits, la place de marché CtoB a été tout simplement mise en veille. Elle avait participé à creuser les pertes. Les modules MecaVIN et MecaScore restent, pour leur part, actifs. "Notre service d'historique d'entretien a prouvé son utilité et sa singularité. Nous pourrions même devenir fournisseur de ces données pour des spécialistes de l'historique de véhicules d'occasion", glisse Nicolas Porta.
"Malgré les difficultés, nous sommes donc toujours opérationnels. Construire cette logique de groupe a été l'opportunité de ma vie professionnelle. La seule erreur conséquente aura été de parier sur la marketplace CtoB, concède Nicolas Porta. Désormais, nous sommes concentrés sur les nouveautés à venir".
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