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Arkéa Financements & Services lance son offre de LLD

Publié le 10 avril 2026

Par Catherine Leroy
4 min de lecture
Longtemps absent du segment, Arkéa Financements & Services démarre sa première offre de location longue durée. Un virage stratégique devenu indispensable pour accéder aux appels d'offres des constructeurs et répondre aux attentes des distributeurs.
Offre LLD Arkea Financement
Arkéa Financements & Services démarre sa première offre de location longue durée. ©AdobeStock-studio v-zwoelf

Le lancement était attendu de longue date. Depuis le 30 mars 2026, Arkéa Financements & Services (AFS) commercialise officiellement son offre de location longue durée (LLD), comblant ainsi un manque qui le pénalisait depuis plusieurs années face à ses concurrents.

 

"Nous étions régulièrement sollicités par des constructeurs, notamment des nouveaux entrants, mais nous ne pouvions pas aller au bout des discussions faute d’offre LLD", reconnaît Françoise Dugenest, directrice réseau et développement des marchés auto, moto et loisirs d’AFS.

 

Résultat : des opportunités manquées et un accès limité à certains partenariats stratégiques, notamment sur le véhicule électrique. Car sans LLD, impossible de franchir la première étape des appels d’offres. Les constructeurs attendent une gamme complète de solutions, intégrant LOA, LLD, assurances et services.

 

"Cette nouvelle activité était indispensable pour optimiser notre positionnement, s’adapter aux réalités du marché et ainsi atteindre les objectifs de développement que nous nous sommes fixés dans les prochaines années", précise Françoise Dugenest.

 

Un lancement progressif

 

La société de financement a choisi une montée en puissance progressive. L’offre est d’abord déployée auprès d’une dizaine de partenaires pilotes, avant un élargissement progressif à l’ensemble du réseau. "Nous nous laissons trois à quatre mois pour bien caler le dispositif. Mais dès le début de l’été, nous serons pleinement opérationnels", précise Grégory Tinon, directeur des marchés auto, moto et loisirs.

 

Ce calendrier traduit la complexité du projet. Car au-delà du produit financier, la LLD implique une transformation profonde du modèle opérationnel, notamment sur la gestion des véhicules en fin de contrat. C’est le point central de l’offre. Contrairement à certaines solutions proposées sur le marché par des indépendants, AFS revendique une LLD complète, avec reprise des véhicules à son bilan.

 

Dans les faits, Arkéa prévoit d’assumer la reprise de 80 à 90 % des véhicules en fin de contrat. Le concessionnaire reste prioritaire s’il souhaite reprendre le véhicule, mais n’y est pas contraint. Un argument décisif dans le contexte actuel. De nombreux distributeurs refusent désormais de porter les engagements de reprise, en particulier sur les véhicules électriques, dont les valeurs résiduelles restent incertaines. "Si le concessionnaire ne veut pas le racheter, nous le reprenons. C’est sécurisant pour lui", souligne le dirigeant.

 

Le défi du remarketing

 

Pour soutenir ce modèle, Arkéa a dû structurer en profondeur toute sa chaîne de remarketing. Le groupe a renforcé ses équipes avec des spécialistes des valeurs résiduelles et du marché de l’occasion, tout en nouant des partenariats avec différents canaux de revente : enchéristes, concessionnaires et groupes automobiles.

 

"Nous avons tissé des partenariats pour sécuriser la revente des véhicules", explique Grégory Tinon. Un travail de fond mené depuis plus d’un an, indispensable pour maîtriser le risque financier inhérent à la LLD.

 

Avant de lancer son offre, Arkéa a pris le temps de sonder le terrain. Pendant six mois, ses équipes ont interrogé distributeurs et groupes automobiles afin de comprendre précisément leurs attentes. Or, si la LLD est déjà bien installée sur le marché des professionnels, elle reste encore limitée chez les particuliers, avec une part estimée entre 10 et 15 %. Dans le même temps, les distributeurs recherchent des solutions leur permettant de sécuriser leurs risques, notamment sur les engagements de reprise.

 

Un produit stratégique… mais moins rémunérateur

 

Si la LLD s’impose comme un passage obligé, elle n’est pas sans contrepartie. "Nous ne pourrons pas offrir les mêmes niveaux de rémunération en LLD qu’en LOA", prévient Grégory Tinon. Le modèle économique repose en effet sur des loyers plus attractifs pour le client final, ce qui limite mécaniquement les marges générées pour les distributeurs.

 

Arrivé plus tard que ses concurrents sur le segment, Arkéa Financements et services revendique ce décalage comme un avantage. Dans un marché en pleine recomposition, marqué par les tensions sur les valeurs résiduelles, cette entrée tardive permet à AFS de tirer parti des retours d’expérience et d’affiner son approche.

 

Mais aussi de se préparer à un transfert des offres de LOA vers la LLD une fois la directive crédit à la consommation entrée en vigueur en France en novembre 2026. À ce moment-là, la LOA devrait afficher un taux d’usure qui pourrait peut-être rebuter les clients particuliers.

 

 

"Avec cette offre, nous allons développer des synergies intragroupes, et disposer d’une alternative pour nos clients particuliers, puisque qu’à compter de novembre 2026, la LOA va être soumise à la même réglementation que le crédit à la consommation", précise Françoise Dugenest.

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