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Industrie

Une page se tourne pour les ex-salariés de la SAM

Publié le 26 avril 2022

Par Christophe Jaussaud
3 min de lecture
Malgré une liquidation prononcée le 26 novembre 2021, une partie des ex-salariés de la Société aveyronnaise de métallurgie (SAM) occupait l’usine pour en préserver les outils et ainsi laisser une chance à un projet de rachat. Leur engagement a pris fin après 154 jours de mobilisation.
Après un accord préservant l'outil de travail, les ex-salariés de la SAM ont décidé de quitter l'usine qu'ils occupaient depuis 154 jours.
Après un accord préservant l'outil de travail, les ex-salariés de la SAM ont décidé de quitter l'usine qu'ils occupaient depuis 154 jours.

Après 154 jours d'occupation, les ex-salariés de la SAM, sous-traitant de Renault qui a fait faillite, ont quitté, lundi 25 avril 2022, leur usine de Viviez, dans l'Aveyron, partagés entre nostalgie et fierté.

 

"C'est extrêmement douloureux, c'est une véritable famille qui s’est séparée", a déclaré à l'AFP David Gistau, représentant CGT des ex-salariés qui ont quitté les lieux à midi, salués par une haie d'honneur de 200 personnes. "C'est une lutte qui marquera l'histoire sociale de l'Aveyron et même au-delà. C'est une page qui se tourne, et nous l'avons tournée avec dignité", a-t-il estimé.

 

La décision de quitter l'usine avait été prise jeudi par les salariés, après une réunion avec la préfète de l'Aveyron. Un accord a finalement été trouvé entre les mandataires judiciaires et les collectivités locales, afin de garantir la sécurisation de l'usine et la préservation de l'outil de travail.

 

Préserver l’outil de travail 

 

Reprise en 2017 par le groupe chinois Jinjiang, la Société aveyronnaise de métallurgie (SAM), installée à Viviez dans l'ancien bassin minier sinistré de Decazeville, avait été placée en redressement judiciaire en décembre 2019. Le 26 novembre 2021, le tribunal de commerce de Toulouse a prononcé la cessation de son activité et sa liquidation, après le refus de Renault de soutenir l'unique projet de reprise.

 

Depuis, près de la moitié des quelque 350 salariés se relayaient jour et nuit pour occuper le site. Ils entendaient ainsi empêcher une vente aux enchères des machines par les mandataires, craignant que cela décourage la reprise de la fonderie.

 

"On est fier car on est allé au bout de ce qu'on pouvait faire, s’est félicité David Gistau. On part avec l'intime conviction et l'espoir, qui se confirme un peu plus chaque jour, de pouvoir y retourner."

 

Un offre de rachat possible 

 

L'accord trouvé par les différentes parties, et validé par les ex-salariés, laisse jusqu'au 30 juin au groupe MH Industries, basé dans le Lot voisin, pour déposer une offre de rachat et envisager une éventuelle reprise.

 

"Les conditions sont désormais réunies pour que les études relatives à la réimplantation sur le site d'un projet industriel soutenu conjointement par l'État et la Région se déroulent dans les meilleures conditions", a estimé dans un communiqué la préfecture lundi 25 avril 2022, après le départ des anciens salariés de l’usine.

 

Si l'occupation s'est terminée "avec beaucoup de larmes", selon le représentant CGT, la lutte va se poursuivre aux prud'hommes, avec le dépôt de 282 dossiers d'ex-salariés assignant Renault. Ils visent le groupe automobile en tant que co-employeur et réclament des primes supra-légales plus importantes que celles proposées après la liquidation de la SAM. (avec AFP)

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