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Industrie

PSA prend appui sur l'ANPE

Publié le 21 novembre 2003

Par Alexandre Guillet
4 min de lecture
Le groupe PSA Peugeot-Citroën et l'Agence nationale pour l'emploi viennent de signer un "accord-cadre national de collaboration" visant à renforcer leur coopération en matière d'emploi et d'insertion professionnelle. Programmé sur trois années, cet accord est susceptible d'évoluer...
Le groupe PSA Peugeot-Citroën et l'Agence nationale pour l'emploi viennent de signer un "accord-cadre national de collaboration" visant à renforcer leur coopération en matière d'emploi et d'insertion professionnelle. Programmé sur trois années, cet accord est susceptible d'évoluer...

...au fil du temps.


Les collaborations entre l'ANPE et PSA ne sont plus au stade expérimental et peuvent déjà faire valoir un ancrage certain dans la durée. Sans même remonter jusqu'à la genèse de ce rapprochement, plusieurs projets ont ainsi été conduits avec succès depuis 1999, tandis que d'autres sont actuellement en cours. Bref spicilège représentatif. Sur le site de Metz-Borny, une mission de dix recrutements de femmes pour des postes de conductrice sur lignes automatisées a été menée à bien, avant d'être reconduite en cette fin d'année et étendue au site voisin de Tremery. A Rennes, lors du lancement industriel de la Citroën C5, un Plan Emploi Formation fut mis en place pour aboutir à 1 160 embauches en CDD. A Mulhouse, une convention pour l'embauche de 400 personnes, via la méthode de simulation, est mise en oeuvre jusqu'à fin 2004. Enfin, dans le bastion sochalien du groupe, une convention Etat-Région-PSA est déployée pour favoriser le recrutement ou le retour à l'emploi de personnes éloignées du travail, sans qualification particulière, ou ayant des difficultés à trouver un premier employeur. Ces quelques exemples permettent de mieux percevoir la diversité du registre des collaborations intervenant entre PSA et l'ANPE. Cependant, l'accord-cadre conclu le 22 octobre dernier entre les deux entités reste significatif, car il s'inscrit sur une durée de trois ans et privilégie la méthode de recrutement par simulation, c'est-à-dire l'adéquation poste à pourvoir/candidat, à la sacro-sainte prééminence du diplôme.

Cet accord, structuré autour d'engagements mutuels, repose sur le principe de réciprocité

En outre, les deux signataires, Jean-Luc Vergne, directeur des relations et ressources humaines de PSA Peugeot- Citroën, et Michel Bernard, directeur général de l'ANPE, précisent de concert que "cet accord est établi sur le principe d'échanges réciproques d'informations et de savoir-faire, à l'exclusion de toutes contreparties financières".
La colonne vertébrale du présent accord s'appuie donc sur le principe de la réciprocité et se décline sous la forme d'un catalogue d'engagements. D'une part, PSA s'engage à informer l'ANPE des plans de recrutement en nombre, à privilégier la méthode recrutement par simulation, à examiner des candidatures issues d'horizon divers, à participer aux actions de promotion des métiers de l'automobile organisées par l'ANPE et à échanger avec l'ANPE sur l'évolution des métiers et des emplois. D'autre part, l'ANPE s'engage à travailler avec PSA à la définition des postes à pourvoir et des profils de candidats recherchés, à déterminer des modalités de recrutement adaptées aux besoins des différents sites concernés, à lutter contre les difficultés de recrutement en élargissant le spectre des critères de sélection, à contribuer à la mise en oeuvre d'actions de formations spécifiques pour les métiers faisant appel à des compétences de grande technicité et, enfin, à informer PSA sur les mesures et les dispositifs existants pour faciliter l'insertion des demandeurs d'emploi. Par ailleurs, l'accord-cadre consacre un volet important au cas particulier de "la fin de recours à des équipes de travail supplémentaires temporaires". On retrouve donc l'épineuse problématique de l'intérim (voir JA n° 854). Dans ce cadre, PSA doit mettre en oeuvre des mesures d'accompagnement (valorisation des acquis, informations d'orientation...) pour les salariés concernés par l'arrêt des équipes et tenter de favoriser leur retour à l'emploi. Au final, cet accord traduit la volonté de PSA d'uniformiser des critères de recrutement objectifs à l'échelle nationale, même si dans un logique souci d'efficacité, les actions d'embauche seront pilotées à l'échelle régionale. Dans une optique moins philanthropique, le groupe cherche aussi à améliorer, en qualité comme en délai, ses actions de recrutement et à pallier, via le réseau de l'ANPE, un déficit de compétences constaté dans certains bassins d'emploi. Pour l'ANPE, dont l'efficacité est parfois remise en question, c'est l'occasion de démontrer, en bénéficiant de la notoriété d'un grand groupe, sa valeur ajoutée concrète et son rôle social, basé notamment sur le refus des ségrégations en tous genres. Enfin, pour garantir son efficacité opérationnelle, cet accord-cadre fera l'objet d'une évaluation annuelle. Un comité composé par des représentants des deux parties établira un bilan des actions menées et étayera ce dernier d'une analyse qualitative et quantitative des résultats enregistrés. A la lumière de ces conclusions, l'accord sera donc susceptible d'évoluer au fil du temps et pourra, par exemple, s'enrichir d'actions de communication spécifiques.


Alexandre Guillet

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