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Industrie

L'Italie veut repousser à 2040 la fin du moteur thermique

Publié le 24 juin 2022

Par Damien Chalon
3 min de lecture
Adoptée le 8 juin 2022 par le Parlement européen, l'interdiction de vente des véhicules thermiques en 2035 ne fait pas l’unanimité parmi les membres de l’UE. L’Italie et quatre autres pays appellent à repousser l’échéance de 5 ans.
Une proposition de l'Italie signée par la Bulgarie, le Portugal, la Roumanie et la Slovaquie propose de repousser de 5 ans l'interdiction de la vente de voitures thermiques.
Une proposition de l'Italie signée par la Bulgarie, le Portugal, la Roumanie et la Slovaquie propose de repousser de 5 ans l'interdiction de la vente de voitures thermiques.

L'Italie, soutenue par quatre autres pays, propose de reporter à 2040 la fin de la vente de voitures à moteur thermique dans l'Union européenne, contre 2035 dans la proposition de Bruxelles actuellement discutée par les États membres, selon un document vu par l'AFP.

 

Dans le cadre de son ambitieux plan climat, la Commission européenne a proposé en juillet 2021 de réduire à zéro les émissions de CO2 des voitures neuves dans l'UE à partir de 2035, ce qui entraînerait de facto l'arrêt des ventes de véhicules essence et diesel au profit de motorisations 100 % électriques.

 

"Coûts disproportionnés et inutiles"

 

Le Parlement européen a entériné cet objectif 2035 début juin, et les États membres doivent désormais tenter, lors d'une réunion des ministres européens de l'Environnement mardi 28 juin à Luxembourg, de s'entendre une position commune.

 

Or, une proposition de l'Italie et signée par la Bulgarie, le Portugal, la Roumanie et la Slovaquie plaide pour un report de 5 ans du calendrier afin d'éviter "des coûts disproportionnés et inutiles pour le secteur automobile comme pour les consommateurs".

 

Ce texte, qui sera soumis aux ambassadeurs des Vingt-Sept lors d'une réunion à Bruxelles, propose d'imposer une réduction de 90 % des émissions pour les ventes de voitures individuelles neuves en 2035, avant d'atteindre le zéro émission en 2040.

 

L'Allemagne favorable aux e-carburants

 

"Pour parvenir à une mobilité zéro émission, il faudra surmonter des obstacles : accroître les infrastructures de recharge, développer la production de batteries, améliorer les technologies actuelles de façon rentable, introduire des mesures incitatives pour les consommateurs...", argumente Rome dans ce document.

 

Il faudra également du temps pour que l'écosystème industriel, tissu dense de sous-traitants et de PME, s'adapte à de nouveaux composants et technologies. Le secteur automobile est une industrie importante pour l'Italie comme pour les autres signataires.

 

L'Allemagne, où l'automobile représente aussi un poids économique conséquent, pourrait être favorable à des assouplissements pour prolonger la vente de voitures à moteurs à combustion roulant aux e-carburants (fabriqués avec de l'électricité décarbonée).

 

Nouveau compromis ?

 

Contactée par l'AFP, l'ONG Transport & Environment redoute un recul des ambitions et appelle la France, qui occupe jusqu'à fin juin 2022 la présidence tournante de l'UE, à maintenir la date de 2035, y voyant "le premier grand test de sincérité" sur le climat pour Emmanuel Macron depuis sa réélection.

 

Les ministres des Vingt-Sept se prononceront mardi à la majorité qualifiée, mais en cas de rejet, ce sera à la République tchèque, qui prendra la présidence tournante européenne début juillet, de négocier un nouveau compromis. (avec AFP)

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