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Industrie

Bosch confirme sa prudence pour 2024

Publié le 7 février 2024

Par Christophe Jaussaud
3 min de lecture
À l'annonce de ses résultats préliminaires pour l'exercice 2023, l'équipementier allemand a indiqué que les années 2024 et 2025 seraient plus difficiles que prévu. La croissance du marché électrique n'est pas à la hauteur.
Stefan Hartung Bosch
Stefan Hartung, PDG de Bosch. ©Bosch

Le marché des véhicules électriques progresse, c'est incontestable, mais pas aussi vite qu'attendu. "Nous observons un retard dans la pénétration du marché de ces technologies, et l'élan du marché a ralenti", a déclaré Stefan Hartung, PDG de Bosch, lors d'une conférence de presse présentant les résultats annuels préliminaires de l'entreprise.

 

Une situation qui pousse même le premier équipementier mondial à penser que l'année 2024 sera "plus difficile que prévu".

 

A lire aussi : Bosch renonce à ses objectifs financiers pour 2024

 

En 2023, Bosch a réalisé un chiffre d'affaires de 91,6 milliards d'euros, en hausse de 4 % sur un an, et dégagé une marge opérationnelle de 5 %. Le groupe a pour objectif d'augmenter encore ses ventes en 2024, mais doit "repousser" son "calendrier initial", comme annoncé déjà en décembre.

 

L'équipementier souhaitait à l'origine atteindre une rentabilité opérationnelle (EBIT) de 7 % au moins à partir de 2024.

 

©Bosch

 

"2024 sera plus difficile que prévu, et 2025 devrait suivre également", a indiqué Markus Forschner, directeur financier du groupe, évoquant des perspectives "moroses".

 

Dans l'industrie automobile, d'où il tire près de deux tiers de ses revenus, Bosch s'attend à une stagnation du volume de production qui se répercutera sur son activité. Bosch, comme ses principaux concurrents allemands, subit le ralentissement de la demande pour les voitures, notamment électriques, au moment où le groupe réalise de gros investissements pour développer les technologies équipant les véhicules à batterie et connectés.

 

A lire aussi : Les équipementiers automobiles européens ont fortement décroché

 

L'inflation, la hausse des taux d'intérêts, ou encore la baisse des aides à l'achat en Allemagne, le premier marché européen, ont freiné l'enthousiasme pour les voitures électriques.

 

À cela s'ajoute la compétition internationale croissante, venant de nouveaux équipementiers chinois, leaders de la production de batteries électriques, et des compagnies technologiques américaines qui s'imposent sur le secteur des logiciels intégrés aux voitures.

 

Cela a permis au producteur de cellules de batteries chinois CATL – qui équipe entre autres Mercedes-Benz, BMW, Volkswagen et Tesla – de passer au 3e rang des équipementiers mondiaux en termes de revenus, devant l'allemand ZF, selon le classement du cabinet Rolland Berger.

 

Des ajustements dans plusieurs secteurs

 

Dans cette situation, Bosch souhaite "intensifier encore ses efforts pour améliorer ses coûts et sa compétitivité", selon Markus Forschner.

 

"Bosch s'attend à un besoin d'ajustement dans plusieurs secteurs, comme celui de la mobilité", a déclaré Stefan Hartung, indiquant être en discussion avec les représentants des salariés. Bosch a annoncé mi-janvier un plan de suppression de 1 200 emplois dans sa division de systèmes électroniques embarqués.

 

Un mois plus tôt, il prévoyait un plan de suppression de 1 500 emplois sur deux sites en Allemagne fabriquant des transmissions, des systèmes qui nécessitent moins de composants et de travail dans les voitures électriques que dans les voitures thermiques. (avec AFP)

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