Batterie : la filière européenne se structure pour préserver sa souveraineté

Face à un quasi-monopole de la Chine sur la fabrication de batteries, la France renforce ses partenariats en Europe. C’est dans ce contexte que Sébastien Martin, ministre délégué à l’Industrie, et la ministre norvégienne du Commerce et de l’Industrie, Cecilie Myrseth, se sont rendus sur le site de la gigafactory ACC à Billy-Berclau, dans le Pas-de-Calais, le mardi 24 mars 2026.
Un rendez-vous qui aboutit à la signature d’un protocole d’entente sur les métaux critiques et à l’actualisation de leur "partenariat industriel vert". Cette collaboration se renforce et s’étend aux matières premières, mais également à la capture et au stockage de carbone issus de l’industrie et aux technologies avancées, comme l’intelligence artificielle et le spatial.
Un déplacement dans cette gigafactory qui n’est pas le fruit du hasard. En effet, ce partenariat avec la filière scandinave doit permettre de sécuriser certains matériaux rares pour de nombreux domaines industriels comme l’aéronautique et, bien sûr, la fabrication de batteries. "La Norvège nous aidera à sécuriser les métaux dans la production de batteries et de terres rares pour les moteurs électriques, puisqu’ils ont des gisements importants de matières stratégiques pour la filière", précise un porte-parole du ministère de l’Économie.
France Batterie, un intermédiaire de la filière de la batterie en Europe
À l’occasion de ce déplacement, le Comité stratégique de filière (CSF) Nouveaux Systèmes Énergétiques annonce la création de l’association France Batterie. Cette dernière se présente comme un intermédiaire de référence pour toute la filière, de la fabrication au recyclage des batteries. Elle accompagnera également le développement des compétences dans ce domaine. "Cette association aura pour objectif de défendre les intérêts de l’écosystème batterie de manière homogène à l’échelle européenne et de continuer à structurer des projets pour permettre de les concrétiser", détaille le porte-parole du ministère de l'Économie.
Cette nouvelle association sera pilotée par Aurélie Picard, déléguée générale du CSF Nouveaux Systèmes Énergétiques, et Stéphane Michel, coprésident du CSF. Son fonctionnement devrait s’apparenter à celui de la Plateforme française de l’automobile (PFA). Selon le ministère de l’Économie, l'association réunit 40 industriels et les principaux organismes de recherche français sur l'ensemble de la chaîne de valeur.
France Batterie se donne trois priorités telles que le déploiement de gigafactories dans l'objectif d'atteindre 100 à 120 GWh de capacité de production d'ici 2030 et la sécurisation des approvisionnements en matières premières, mais également le développement d'un écosystème de réparation et de seconde vie des batteries.
"Depuis 2018, la France et l’Europe s'engagent dans une politique industrielle pour maîtriser toute la chaîne de valeur de production de batteries. Les premiers résultats sont là avec la montée en cadence des usines de batteries et la confirmation du projet Orano-XTC, assure Sébastien Martin. Le lancement de France Batterie vient structurer cette dynamique et construit un acteur qui représentera la filière vis-à-vis des pouvoirs publics français et européens."
Rappelons que la Commission européenne a prévu de soutenir la montée en cadence des usines de batteries européennes avec 1,5 milliard d’euros dans le cadre du Battery Booster Facility, une aide plafonnée à 500 millions d’euros par acteur. "La France demande que ces aides soient débloquées rapidement pour passer d’un principe de soutien à un soutien réel. Une aide temporaire et d’urgence qui devrait encourager une production en Europe avec des composants européens", soutient le porte-parole du ministère de l’Économie. Un dispositif auquel ACC et Verkor sont éligibles.
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