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Distribution

Un règlement en sommeil ?

Publié le 31 mars 2006

Par Alexandre Guillet
4 min de lecture
Une plus grande concurrence ? Une plus grand liberté offerte aux concessionnaires ? Rien de tout cela ne semble être apparu avec le règlement 1400/2002. Pourtant, les concessionnaires ne baissent pas les bras et viennent de remporter une bataille au nom du multimarquisme... A...
Une plus grande concurrence ? Une plus grand liberté offerte aux concessionnaires ? Rien de tout cela ne semble être apparu avec le règlement 1400/2002. Pourtant, les concessionnaires ne baissent pas les bras et viennent de remporter une bataille au nom du multimarquisme... A...

...quoi sert le règlement européen 1400/02 ? Il arrive à mi-chemin et on n'a pas vraiment remarqué qu'il ait changé la donne dans le commerce automobile. Il aurait dû introduire un supplément de concurrence, au profit des consommateurs. Le multimarquisme, d'une part, et l'abolition de la clause de localisation, de l'autre, auraient dû stimuler respectivement la concurrence inter et intra marque. Rien de tout cela n'a l'air de démarrer. Persistance des habitudes, hostilité des professionnels, indifférence des consommateurs ? Il y a un peu de tout cela, sans doute. Et le règlement a l'air d'avoir hiberné, en attendant on ne sait quoi. Ceux qui, comme nous même, pensaient que ce règlement allait apporter un nouveau souffle au commerce automobile, doivent-ils donc dresser un constat d'échec ? Les tenants de l'immobilisme ont-ils gagné ? Ils ont gagné... notre estime compatissante, parce qu'ils vont, comme prévu, devoir se rendre à l'évidence : le système de distribution du siècle dernier n'a plus les moyens financiers d'assurer sa subsistance. Ni la leur, s'ils n'acceptent pas les règles du jeu de la concurrence.

Le sommeil du règlement et le réveil de la concurrence

Comme le disait Gorbatchev a propos de l'Union Soviétique, "on ne peut pas continuer à vivre comme ça". A force de laisser subsister des entreprises de distribution non viables et de les subventionner pour qu'elles tiennent le coup pendant quelque temps encore, les constructeurs courent le risque de mettre en danger non seulement leur propre rentabilité, mais leur pérennité. Règlement ou pas, il leur faudra en revenir à un sain principe de concurrence : laisser les concessions les plus efficaces réaliser des bénéfices importants, et les plus mauvaises accumuler des pertes et faire faillite. Certains le disent déjà ( déjà !?), d'autres le font ou le feront sans le dire. En tout cas, le règlement 1400/02 est la meilleure opportunité qui ait été offerte à la profession pour se rénover et s'adapter à un marché difficile Beaucoup ont fini par l'admettre bon gré mal gré, y compris les plus réticents. Pourquoi, dès lors, a-t-on eu l'impression que le règlement était en sommeil ? La responsabilité en incombe en partie à la Commission européenne et pour le reste à la volonté de ne rien changer, présente à des degrés divers chez tous les acteurs du marché. Les textes publiés (Règlement, brochure explicative, "questions fréquemment posées", déclarations diverses...) ont suscité des perplexités et parfois donné l'impression qu'il y avait des échappatoires. L'attentisme a été, et est encore trop souvent, l'attitude apparemment la plus sage et effectivement la plus répandue. 

Quelques signes du réveil...

La Commission vient de publier, le 13 mars, la réponse donnée aux concessionnaires GM et BMW, qui avaient posé leurs questions respectivement... entre septembre 2003 et mars 2004, et en  juin 2003. Peut être aurait-il fallu que la Commission se daignât de répondre avec plus d'empressement, parce que le temps passe et que le règlement vieillit. Soulignons cependant que si l'attente a été longue, elle a aussi été fructueuse :  les mises au point de la Commission, accompagnées de décisions adéquates de la part des constructeurs concernés, vont bien dans le sens de la libéralisation du marché. Nous y reviendrons peut être en détail dans une prochaine chronique. Ce qu'il nous importe de souligner ici, c'est que les choses avancent, dans le sens souhaitable et souhaité par quiconque accepte l'idée qu'une concurrence accrue est LA solution à mettre en oeuvre pour retrouver un niveau de rentabilité acceptable de la branche, constructeurs inclus. Les réponses sont, cette fois ci, dépourvues d'ambiguïté et prêtes à l'emploi, non seulement pour les concessionnaires GM et BMW, mais pour tous les autres aussi. On y traite du multimarquisme, de l'après-vente, des objectifs... Un seul exemple, tiré  du MEMO/06/20 (trad. E.F.) : "Les objectifs de vente (...) seront définis en prenant en compte les variations éventuelles des conditions du marché local et les conditions individuelles concernant l'activité du concessionnaire. Un réexamen des objectifs de vente annuels est donc possible quand un concessionnaire GM décide de vendre une marque concurrente supplémentaire dans les mêmes locaux". C'est clair et simple.


Ernest  Ferrari
Consultant

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