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Distribution

On prend les mêmes et...

Publié le 26 mars 2004

Par Tanguy Merrien
4 min de lecture
Au bout du compte, tous les réseaux n'étaient pas sur la même ligne de départ le 1er octobre dernier. Nombreux étaient ceux qui ont mis à profit l'année 2003 pour réduire leur voilure en supprimant bon nombre de sites et en résiliant beaucoup de leurs partenaires. Les réseaux sont-ils enfin...

...en place ?


Tous les réseaux n'étaient pas prêts. Pourtant, en brandissant le spectre de l'entrée en vigueur de la nouvelle réglementation européenne, ils étaient nombreux à estimer que leurs opérateurs et leurs points de vente seraient prêts pour le 1er octobre dernier. Tous les constructeurs ne sont pas concernés par ce constat. Les trois français, par exemple, avaient débuté, dès 1998, le processus de concentration et, avec pertes et fracas, avaient considérablement réduit leur voilure, sachant qu'il fallait être opérationnel le jour J. Finalement, les trois réseaux français se sont considérablement concentrés et distancent de loin les autres : un investisseur Renault possède en moyenne 6 sites, un investisseur Peugeot en détient en moyenne 3,5 et un opérateur Citroën près de 3. En règle générale, les investisseurs se sont "raréfiés" du paysage automobile français : 212 partenaires en moins en 2000, 261 en 2001, 93 en 2002 et 166 en 2003 pour une année que l'on avait prédit plus calme. Que s'est-il passé pour en arriver à tant de départs? Les constructeurs n'auraient-ils pas tenu parole en annonçant en chœur que "les investisseurs en place sont les investisseurs de demain" ? Ou est-ce plutôt la conjoncture économique de 2003 qui aurait forcé les opérateurs, condamnés par ailleurs par des investissements dans la mise aux normes de leurs affaires, à mettre la clé sous la porte ?






2 494
le nombre total de partenaires sur les 27 réseaux recensés


5 084
le nombre total de sites de distribution


3 902
le nombre total de contrats de distribution

Les reprises ont été deux fois moins nombreuses que d'accoutumée, preuve que les zones de chalandise sont définitivement distribuées

Un peu des deux sans doute. Récemment, un distributeur nous faisait part du constat suivant : "Si l'année 2003 fut difficile pour les distributeurs, il se pourrait que 2004 le soit tout autant. Marché et situation financière des opérateurs sont au plus mal. L'année 2004, plus qu'un nouveau départ, pourrait être une année de transition."
Si le nombre de partenaires a diminué, celui des sites primaires en a fait autant. Alors que l'on constatait une recrudescence des points de vente en 2002 (+ 38), nombreux sont ceux ayant disparu (- 214). Certains réseaux n'ont pas lésiné en amputant sérieusement leur maillage. Ainsi, Audi perd en l'espace de deux ans 110 sites pour ne plus compter aujourd'hui que 208 points de représentation. Une tendance que l'on retrouve de façon générale au sein du groupe Volkswagen qui accuse la fermeture de 180 sites dans les quatre réseaux du groupe. Fiat n'est pas en reste puisque 23 sites manquent à l'appel en 2003.
Cependant, si le nombre de sites a diminué, ce n'est pas forcément le cas des succursales. De nombreux constructeurs préfèrent, en effet, investir eux-mêmes dans les grandes agglomérations pour contrôler la distribution, mais aussi parce que les villes deviennent trop coûteuses pour les opérateurs privés. Certaines filialisations ont eu lieu dans le réseau Peugeot en 2003 (21,3 % des ventes totales), comme dans le réseau Mercedes où les filiales doivent à terme contrôler 30 % des ventes totales de la marque.
Par ailleurs, les reprises de contrats se sont faites plus rares en 2003 : si elles étaient, au sein des réseaux, de 250 en 2001, de 148 en 2002, elles ont diminué de moitié en 2003 pour atteindre le chiffre de 71. Preuve que les zones de chalandise sont définitivement (ou presque) distribuées. Parmi les grandes acquisitions de l'année, retenons essentiellement la reprise du groupe Lainé par le groupe Gérard, du groupe Bouvet par le groupe Loret ou encore du groupe Vacelet par le groupe Schuller.

Si les grands groupes sont présents, les investisseurs monosites perdurent

Dernier constat de cette année 2003 : la taille des investisseurs. Depuis plusieurs années, nous attirons l'attention sur les petits distributeurs promis à se faire reprendre par les géants de la distribution automobile française. Si, effectivement, les grands groupes sont présents et de plus en plus nombreux, la plupart des réseaux se composent encore de beaucoup d'investisseurs monosites. C'est le cas notamment d'Opel où 90 partenaires sur 163 possèdent un seul site, de Peugeot également avec 53 monosites pour 123 investisseurs ou encore de Citroën (82 pour 135 opérateurs). Preuve qu'il reste de la place pour tout le monde dans les réseaux.
Mais si l'année 2004 ressemblait trop à l'année 2003, risquerait-on à nouveau de voir les réseaux se réduire ? Sur les 2 437 investisseurs recensés (*), combien serontils en fin d'année ? 


(*) Sur les 27 réseaux qui nous ont répondu.

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