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Distribution

Les VO espagnols trop chers malgré la crise

Publié le 21 juin 2011

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Par Benoît Landré
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5 min de lecture
Dans le rouge depuis la fin 2008, le marché automobile espagnol n’est toujours pas reparti. Les professionnels rivalisent de stratégie pour s’adapter à un contexte aussi fragile que fluctuant, mais se heurtent encore à la pénurie de véhicules et à des prix trop élevés.

En mai, les Espagnols sont descendus dans la rue pour manifester leur désarroi. L’économie ne repart pas et le pays vit des heures difficiles. Dans ce contexte, le marché de l’automobile ibérique peine à redécoller, la faute à la crise, aux banques qui ne prêtent pas, aux prix qui restent élevés... ”Les particuliers ne peuvent pas acheter de voitures faute de crédits. Sur dix demandes de financement, huit sont rejetées en moyenne”, explique Jean-Marie Piallasse, dirigeant de la société Motor Export, basée à Alicante. “Nous sommes dans une spirale infernale, personne ne sait quand nous sortirons de cette situation et surtout dans quelle condition”, déplore pour sa part Patrice Bourillon, fondateur du site de ventes aux enchères Autosconnexion. Trop instable, imprévisible, le marché ne laisse pas encore augurer de relance solide et pérenne. Après un premier trimestre difficile, Eric Tejedo, dirigeant de la société Auto Export Aragon, a constaté une remontée des immatriculations en mai, qui pourrait se poursuivre en juin. “Mais pour combien de temps ?”, s’interroge-t-il.

Le robinet espagnol est fermé

Les loueurs qui continuent d’allonger la durée des contrats de location, ou encore la baisse des transactions, qui ralentit d’autant plus le marché de la seconde main, rendent, dès lors, les approvisionnements très difficiles. “Il y a moins de véhicules en circulation, c’est indéniable, et les volumes repartent difficilement”, soulève Patrice Bourillon. Jean-Marie Piallasse estime que le marché devrait générer 10 000 buy-backs en 2011, contre près de 33 000 en 2008. Les deux dirigeants s’accordent également sur une autre tendance : les véhicules d’occasion sont trop chers. En effet, l’évolution des prix des VO n’a pas suivi la courbe de l’économie du pays. “C’est totalement paradoxal. Les particuliers n’ont pas d’argent pour acheter des voitures, mais en face, les loueurs longue durée comme les distributeurs, vendent plus chers leurs véhicules parce qu’ils en ont moins”, ajoute Patrice Bourillon. Et d’illustrer cette tendance : “Nous arrivons alors à des situation ubuesques où nous voyons des véhicules d’occasion qui dorment pendant plusieurs mois sur les parcs sans changer de prix. La moitié du parc du concessionnaire Volkswagen, dans les environs d’Alicante, doit bien afficher un an de stock. C’est culturel, les vendeurs espagnols ont du mal à toucher à un prix. Ils restent figés jusqu’à ce qu’ils décident, un jour, de baisser d’un coup le montant de 3 000 euros. Je ne sais même pas si le taux de rotation est un paramètre qu’ils connaissent.” L’Espagne, qui a longtemps été l’eldorado des professionnels français en matière d’approvisionnements, a perdu de sa splendeur, obligeant ainsi les marchands à prospecter dans d’autres pays.

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