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Distribution

Le groupe Vulcain prouve sa pugnacité

Publié le 23 septembre 2020

Par Alice Thuot
7 min de lecture
L’opérateur a convié investisseurs et médias pour la 20e édition de sa traditionnelle réunion transparence, à travers un format digital. L’occasion de faire le point sur la très bonne année 2019, mais aussi sur les défis de cet exercice, marqué par un contexte inédit.
Le groupe Vulcain compte bien afficher une rentabilité positive en 2020.

 

Cette 20e édition de la traditionnelle réunion transparence du groupe Vulcain était attendue, comme toujours, en juin 2020. Crise du coronavirus oblige, c’est via une conférence digitale que l’opérateur a tenu à faire le point sur sa situation auprès de la presse, des investisseurs et des constructeurs. "Il était important de ne pas déroger et d’avoir ce moment de franchise", souligne le dirigeant du groupe, Vincent Girerd, qui a souhaité rendre hommage au travail des équipes durant cette période inédite. "Ce qui m’a frappé, c’est que le groupe est resté très soudé." Et de la solidarité, il en a fallu pour le groupe Vulcain, comme pour tous les distributeurs, pour qui la chute en 2020 s’est montrée rude. Et d’autant plus après une année 2019 de haut vol.

 

L’an passé, l’opérateur a écoulé près de 18 100 VN et VO, soit une amélioration de 4,5 % par rapport à 2018. L’une de ses priorités, le financement, a également donné satisfaction avec taux de pénétration en belle progression. 78 millions d’euros de financement ont été générés, soit 10 millions supplémentaires par rapport à 2018, et surtout, soit plus 250 % par rapport à 2014. Résultat, le chiffre d’affaires avant impôts du groupe a affiché une hausse de 8,5 % à 345 millions d’euros, tandis que le résultat net, tout juste à l’équilibre l’an passé, s’est ressaisi en 2019 pour atteindre quasiment le niveau de 2017, soit 0,44 % du chiffre d’affaires. Les différentes sociétés du groupe ont contribué de façon hétérogène à ces résultats. Motif de réjouissance, celles en difficulté l’an passé, dont la plaque PR, Felix Faure (Volvo) ou encore Lyon Elite Motors (Kia et Hyundai) ont connu un redressement. A l’inverse, les trois sociétés Arvenis (Honda), Atlantic (Opel) et Montet (Kia, Opel, Mitsubishi) ont perdu de l’argent.

 

7 millions de PGE non consommés

"2019 a été une belle année, meilleure que 2018, et nous avions de gros espoirs pour 2020", précise Vincent Girerd. Hélas, est venu ce que personne n’attendait, perturbant cette belle trajectoire. "Le groupe, par définition, est  toujours optimiste et confiant mais nous sommes passés par un vrai moment d’inquiétude. Nous nous sommes vite remobilisés, d’abord pour apporter notre contribution de réparateur automobile." Le groupe a ensuite pu compter sur la mobilisation de ses partenaires financiers et de l’Etat. Il y a eu le recours au chômage partiel, avec, entre mi-mars et mi-mai, 2,5 millions d’euros d’économies. Puis une mesure d’abandon de loyers sur 6 mois, permis par un immobilier détenu à 82 % par le groupe, avec, à la clé, la sauvegarde de près d’1,7 million d’euros. Côté trésorerie, le groupe a pu bénéficier d’un report des échéances des emprunts de 6 mois pour 3,3 millions d’euros, auquel s’est ajouté un PGE, de 7 millions d’euros, finalement non consommé et que le groupe s’engage à rembourser intégralement d’ici la fin 2020.

 

De quoi donner de l’air à l'entreprise, qui, à date, a d’ores et déjà pu payer l’ensemble des dettes fiscales et sociales, à l’exception des parts patronales d’URSSAF, pour près d’un million d’euros. Et de quoi également lui permettre d’envisager 2020 sereinement. Du moins, autant que faire se peut. Si les affaires étaient florissantes au déconfinement, la suite semble plus incertaine. "Les portes ouvertes de septembre ainsi que les ventes privées ont été décevantes, constate Vincent Girerd. Pour 2020, nous tablons sur un recul du marché de 20 %". Dans ce contexte, l’opérateur ambitionne de réaliser environ 16 050 immatriculations de VN et VO, soit un repli de 15 %. Le chiffre d’affaires devrait suivre la même tendance, à 295 millions d’euros, tandis que le résultat net avant impôts oscillerait entre + 0,15 et 0,30 % du chiffre d’affaires. Une rentabilité, fruit de la contribution des différents services, du VO au financement en passant par l’après-vente, avec un objectif sur ce dernier point : parvenir à augmenter le taux de couverture des frais fixes. "Nous avons la capacité de sortir des résultats positifs, hors éléments exceptionnels", souligne Jean-Pierre Rinaudo qui fait allusion aux 2,5 millions d’euros de dédommagements que le groupe doit recevoir de Chevrolet et les 1,33 million d’euros que l’Etat ne lui a toujours pas remboursés au titre des avances consenties pour le bonus et la prime à la conversion.

 

La chasse aux coûts se poursuit

A toutes ces mesures ponctuelles se sont ajoutés les fruits d’une stratégie menée au long cours : la réduction des frais généraux, "une  adaptation défensive à cette année 2020 hors norme", a qualifié l’opérateur. Au programme : la rationalisation des structures et des sites, l’optimisation des coûts marketing, et la renégociation des contrats avec les fournisseurs. Sur ce volet gestion, le groupe compte également s’améliorer sur un point faible, déjà détecté l’an passé : la gestion des stocks. Cette maîtrise s’est imposée comme un véritable challenge pour le groupe Vulcain en 2019, comme l’explique Vincent Girerd. "Nous avons répondu aux sollicitations de nos partenaires et n’avons pas suffisamment maîtrisé ce niveau en fin d’année, ce qui a impacté notre équilibre financier", juge-t-il. "Cette année, notre chiffre d’affaires sera en baisse, il faut donc que les stocks le soient aussi. Il y aura des discussions franches avec les constructeurs", prévient de son côté Jean-Pierre Rinaudo.

 

Cette rigueur permet au groupe de poursuivre son offensive menée dans trois domaines. Le premier, le développement, à travers de nouvelles marques, de nouveaux sites, ou  des rénovations de concessions. Une stratégie de développement "raisonnée", "à notre rythme", souligne Vincent Girerd qui remémore l’acquisition du groupe Magris ou l’ouverture de la nouvelle concession Kia à Annecy (74). Deuxième domaine, l’électrification. "Une tendance qui s’est accélérée et continuera de progresser avec les nouveaux objectifs de baisse d’émissions de CO2, selon le dirigeant. Dans ce contexte, nous devons nous aussi réussir cette transformation et adapter nos concessions". Pistes explorées, l’électrification des sites à travers des bornes et une capacité électrique renforcée, l’équipements des ateliers, la formation des collaborateurs en après-vente. Ainsi, le centre lyonnais de préparation VO pourrait par exemple devenir un centre de recharge d’envergure.

 

Le format de la concession en question

Enfin, troisième axe, la digitalisation. Si le groupe fait déjà partie de ceux considérés comme matures sur le sujet, cela ne l’a pas empêché, sous la houlette du nouveau référant digital Xavier Roland, de procéder à quelques évolutions. Le Business Development Center, qui, au-delà du simple centre d’appels, deviendra un vrai centre de business en traitant les leads issus de ses sites et informédiaires. Le groupe a également procédé au renouvellement des 33 sites. Lancés en juin, ils intègrent davantage de fonctionnalités comme le chat en ligne, permettant d’augmenter le trafic. Sans oublier la prise de rendez-vous après-vente en ligne ou la reprise en ligne. L’opérateur teste également avec Spid Tech la vente d’accessoires en ligne, depuis juillet 2020, tandis que la deuxième mouture de planète VO a été lancée en début d’année.

 

Pas de quoi, pour l'instant, permettre la vente directe de véhicules, mais le sujet est dans toutes les têtes. "Nous avons collectivement, avec nos partenaires constructeurs, un gros travail à faire pour adapter nos structures. Les constructeurs doivent adapter leurs exigences, au travers de leurs standards, puisque les ventes directes vont rogner sur les marges des concessionnaires" , objecte Vicent Girerd. Le message est passé sur ce futur défi, pas si lointain, à relever.

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