Mobilians plaide pour une écologie compatible avec la réalité du marché

À l’occasion de ses vœux 2025 à l'Automobile Club de France, à Paris, Francis Bartholomé, président de Mobilians, qui cédera son fauteuil en juin prochain après douze ans à la tête de l'organisation, a livré un diagnostic sans détour sur l’état de la filière automobile et des services de la mobilité en France. Devant Roland Lescure, ministre de l'Industrie, l’ensemble des représentants régionaux et des métiers du groupe, il a mêlé message politique, bilan industriel et appel à la relance économique.
Après avoir rappelé son attachement au terrain et aux territoires : "J’ai parcouru la France profonde et la France entrepreneuriale" dans la première partie de son discours, le dirigeant a insisté sur la cohésion d’un écosystème qui rassemble près de 25 métiers. "Il y a beaucoup plus d’éléments qui nous rapprochent que d’éléments qui nous séparent", a-t-il souligné, revendiquant une organisation fondée sur la solidarité professionnelle, la formation et la protection sociale.
Un marché attentiste
Mais derrière ce discours fédérateur, l’inquiétude est bien réelle. Le marché automobile est jugé "à l’arrêt", freiné par l’attentisme des ménages et des entreprises. "Les gens attendent, s’interrogent, n’investissent plus", a-t-il observé, soulignant que le nombre de repreneurs est désormais inférieur à celui des dirigeants cherchant à céder leur entreprise, un signal jugé particulièrement préoccupant pour la vitalité du secteur.
La transition écologique constitue le principal point de tension. Si Mobilians ne conteste pas l’objectif de décarbonation, son président critique une politique européenne jugée trop abstraite. "On a fixé des objectifs, mais on a oublié la réalité économique et le consommateur", a-t-il déclaré, regrettant que personne n’ait sérieusement évalué la capacité des ménages à acheter des voitures électriques "à 50 000 euros pour sauver la planète". Il plaide pour remettre "l’acceptabilité" au cœur des politiques publiques afin de restaurer la confiance.
Les taxes tuent le marché
La fiscalité est également pointée du doigt. "Il ne faut pas être punitif", a-t-il martelé, dénonçant un système de bonus-malus devenu déséquilibré et utilisé comme variable d’ajustement budgétaire. À l’inverse, il plaide pour le retour de dispositifs incitatifs comme les primes à la conversion et l’éco-entretien, jugés plus efficaces pour améliorer rapidement la qualité du parc roulant.
Dans un contexte de concurrence internationale accrue, notamment chinoise, Mobilians mise enfin sur une réponse européenne coordonnée, l’innovation, la RSE et le soutien aux start-up pour préserver un secteur stratégique qui représente "un emploi sur deux" dans la filière industrielle du continent.
Sur le même sujet
Laisser un commentaire
Vous devez vous connecter pour publier un commentaire.
