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Les électriques d'occasion bientôt plus abordables que les diesel ?

Publié le 10 juillet 2024

Par Gredy Raffin
6 min de lecture
Dans son analyse trimestrielle du marché des voitures d'occasion, La Centrale note un rapprochement entre les prix affichés par les modèles diesel et électriques. Des données à prendre avec précaution, mais révélatrices d'une tendance.
Prix véhicules d'occasion électriques
La différence de niveau d'appétence des consommateurs conduit à un rapprochement des prix entre les modèles d'occasion diesel et électriques en Europe. ©Le Journal de l'Automobile

"C’est le bon moment pour acheter un véhicule électrique d’occasion". L'invitation lancée aux consommateurs par Anaïs Harmant, directrice marketing de La Centrale, est sans équivoque. Elle découle de l'analyse trimestrielle de l'évolution des prix sur le marché qui laisse apparaître une baisse significative.

 

Entre les premier et deuxième trimestres 2024, la catégorie des voitures d'occasion électriques et hybrides a vu le prix moyen affiché descendre de 2,3 %, à 29 900 euros. En comparaison au deuxième trimestre 2023, la déflation est évaluée à -9,4 %, toujours selon l'infomédiaire.

 

Cette gamme de produits reste toujours la plus onéreuse. En effet, il faut compter en moyenne 17 990 euros pour une voiture d'occasion essence (-5,3 % entre le T1 et le T2 2024) et 20 800 euros pour un VO diesel (-5 % entre le T1 et le T2). Des segments qui ont respectivement baissé en prix de 10 % et de 5,4 % entre les deuxièmes trimestres 2023 et 2024.

 

Dégradation de la valeur résiduelle

 

La Centrale tient surtout à mettre en évidence un phénomène bien plus spécifique. Les analystes de l'infomédiaire affirment que l'écart tarifaire s'est nettement resserré entre les modèles diesel et électriques. Tout du moins sur les tranches d'âge inférieures.

 

Sur celle des 2 à 4 ans, les véhicules électriques d'occasion coûtent désormais 3 700 euros de moins en moyenne que les véhicules diesel. Sur celle des 4 à 5 ans, il y a 2 500 euros d'écart en faveur des VEO. Sur celle des 5 à 8 ans, La Centrale estime la différence à 7 600 euros sur le prix moyen.

 

La conséquence des aides à l'achat sur les voitures neuves qui ont des répercussions sur les tarifs affichés à la revente. "Le contexte actuel est donc particulièrement propice aux bonnes affaires, commente encore Anaïs Harmant. Les acheteurs qui hésiteraient toujours à sauter le pas de l’électrique malgré ces baisses de prix peuvent être rassurés sur la fiabilité des véhicules électriques puisque leur batterie est généralement sous garantie jusqu’à huit ans".

 

Et sur la tranche des 5 à 8 ans, quel que soit le kilométrage, les véhicules remis en vente sont toujours moins chers en électrique qu'en diesel, peut-on découvrir dans un rapport plus détaillé de La Centrale.

 

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La résultante aussi d'une dégradation plus rapide de la valeur résiduelle (VR). Dans un contexte de défiance des consommateurs, rares sont les véhicules électriques qui, à douze mois comme à 36 mois, se tiennent mieux que leurs concurrentes diesel. Autovista en atteste. Dans des tableaux partagés par la société de cotation, il est détaillé que la VR des modèles généralistes de segment B, segment C et segment SUV-B plonge plus vite pour les VE. Cependant, le prix facial estimé demeure supérieur pour les VE compte tenu de leurs tarifs catalogue. Il n'y a guère que la Renault Megane qui fait exception.

 

Un constat qui se veut plus modéré pour les marques premium. En fonction des cas, la balance de la VR penche en faveur des diesel ou des électriques. À titre d'exemple, à douze mois, sur le segment SUV-C, la décote des VE s'accentue sur les Audi et les Mercedes, non chez BWM. Sur les SUV-D, les versions diesel se maintiennent bien plus. À 36 mois, il vaut mieux privilégier Audi et dans une bien moindre mesure Volvo pour garder l'avantage du VE sur le diesel.

 

Les courbes se croisent en Grande-Bretagne

 

Pour comprendre des mouvements de fond en France et en Europe, il convient souvent de regarder ce qui se passe de l'autre côté de la Manche. Dans son dernier livre blanc, Indicata s'est prêté à cet exercice. En se fondant sur un indice 100 établi en janvier 2023, la filiale du groupe Autorola constate une chute des prix des VE bien plus forte que pour les autres motorisations.

 

En mars 2024, soit quinze mois plus tard, les indices de valeur étaient passés à 87,3 pour les VO essence, à 86 pour les diesel et à 82,2 pour les hybrides. Dans le même temps, les électriques d'occasion avaient plongé à 64,2.

 

Indicata a regardé de plus près certains modèles emblématiques du marché des électriques, affichant deux ans d'ancienneté et 20 000 km au compteur. Si la Hyundai Kona et la MG ZS voient leurs déclinaisons électriques résister tant bien que mal à la dévaluation depuis janvier 2023, ce n'est pas le cas pour d'autres compétitrices.

 

Dès juin 2023, la Citroën ë-C4 valait moins que la version diesel sur le marché britannique des occasions. L'Opel Corsa a connu un croisement des courbes de valeur au début de cette année. Aussi, à l'exception d'une période s'étalant de mai à décembre 2023, la Peugeot e-208 n'a jamais valu plus que l'alternative HDi.

 

La France, mais aussi l'Europe des grands marchés

 

Globalement, les marchés européens montrent une pression croissante sur les valeurs résiduelles des VE, influencée par une demande fluctuante et des incitations disparates. Les modèles diesel et hybrides continuent de se vendre plus rapidement que les VE, conservant ainsi de meilleures situations dans le temps.

 

En France, comme ailleurs en Europe, l'attrait pour les VE diminue, reflétant une tendance continentale à la réticence face aux prix élevés et aux performances actuelles des voitures électriques. De fait, comme le souligne Autovista dans son rapport mensuel, la valeur de revente des voitures d'occasion en Europe a atteint son plus bas niveau de l'année, en juin 2024, avec des baisses de 3,1 à 12,4 points de pourcentage.

 

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En France, la demande pour les voitures électriques d'occasion a chuté de 7,2 % par rapport à mai, une baisse exacerbée par la fin des incitations financières et les prix élevés des modèles d'occasion. Sur le marché tricolore, les VE ont conservé 41,1 % de leur valeur initiale, d'après Autovista, soit 14,9 points derrière la moyenne du marché européen.

 

Cette dynamique négative se retrouve en Italie (34,3 %), au Royaume-Uni (37,3 %) et en Allemagne (39,3 %), pointe la société d'analyse. En Suisse et en Autriche, les valeurs de revente des VE sont respectivement de 43,2 % et 44,2 %. Paradoxalement, l'Espagne, où les voitures électriques attendent encore un véritable démarrage, trône au classement avec des valeurs résiduelles moyennes de 49,5 %, selon Autovista.

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