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Constructeurs

Renault sous la menace d'une action collective

Publié le 13 janvier 2022

Par Louis Choiset
3 min de lecture
Des propriétaires de voitures Renault, Nissan, Dacia et Mercedes, qui se disent victimes de pannes, vont lancer un recours collectif contre la marque. La raison principale serait l'état défectueux de certains moteurs.
Des propriétaires de voitures Renault, Nissan, Dacia et Mercedes qui se disent victimes de pannes vont lancer un recours collectif.
Des propriétaires de voitures Renault, Nissan, Dacia et Mercedes qui se disent victimes de pannes vont lancer un recours collectif.

La menace d'une action collective pèse aujourd'hui sur Renault. La cause ? Des voitures équipées de moteurs essence 1.2 TCe fabriqués par le constructeur entre octobre 2012 et juin 2016. Ces véhicules sont victimes d'une surconsommation d'huile qui augmente les dépenses d'entretien et la pollution, ainsi que, parfois, d'une casse moteur entre 65 000 et 125 000 kilomètres, comme l'a affirmé l'avocat Christophe Lèguevaques lors d'une conférence de presse.

 

Ce spécialiste des actions collectives tente de rassembler en ligne quelques centaines de clients concernés pour forcer Renault à mieux les indemniser. Une vingtaine se sont déjà inscrits, mais près de 4 000 sont en contact via un groupe Facebook.

 

Du côté de Renault, le groupe a confirmé avoir constaté une surconsommation d'huile sur "une faible partie des modèles". "On a fait du cas par cas", a souligné un porte-parole de la marque. "Si les clients ont été scrupuleux sur l'entretien, on a eu une prise en charge totale".

 

Renault dénonce un mauvais entretien

 

Ces moteurs ont été produits à Valladolid (Espagne) et Sunderland (Royaume-Uni) à 400 000 exemplaires. Ils équipaient toute la gamme de Renault (Clio, Mégane, Kangoo, entre autres) mais aussi des Dacia (DusterDokkerLodgy), le Mercedes Citan ou des Nissan (moteur 1.2 DIG-T pour le JukeQashqai 2 et Pulsar). 133 050 véhicules en ont été équipés en France, selon Renault.

 

Une automobiliste citée par l'avocat aurait déclaré : "Le voyant moteur de ma Clio IV s'est allumé, perte de puissance subite et la voiture s'est brutalement arrêtée sur l'autoroute. L'expertise est toujours en cours. Renault m'oppose un mauvais entretien du véhicule et notamment le non-remplacement des bougies en 2020 à seulement... 18 661 km".

 

Le constructeur "connaît le vice caché de ces moteurs et la dangerosité ainsi engendrée", accuse l'avocat, mais il n'a "procédé à aucun rappel systématique des véhicules concernés pour de tenter de résoudre les problèmes". Ce à quoi répond Renault :"90% des clients qui nous ont adressé des demandes ont bénéficié d'une prise en charge totale ou partielle. Il n'y a pas eu de rappel global car le moteur n'est pas considéré comme un élément de sécurité".

 

Une première alerte en 2019

 

Une alerte avait déjà été lancée en 2019 à propos de ces moteurs. C'est l'association de consommateurs UFC-Que Choisir qui dénombrait 400 000 véhicules concernés en France et d'autres cas signalés ailleurs en Europe.

 

Dans le détail, maître Lèguevaques compte lancer un référé et obtenir des informations sur ces moteurs de la part de la marque, avant de citer Renault devant un tribunal "avec des éléments suffisants pour montrer que la responsabilité de la marque est engagée". (Avec AFP)

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