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Quelques jours avant l'ouverture du Salon de Francfort, une bombe éclatait dans la presse allemande annonçant que le groupe Volkswagen pourrait licencier 14 000 emplois dont 10 000 en Allemagne. Quelques semaines auparavant, au sortir de l'été, on apprenait que Peter Hartz, l'emblématique directeur des ressources humaines du groupe avait démissionné suite à une sombre affaire de corruption. Le jour même de l'ouverture du Salon, Jürgen Trittin, ministre de l'Environnement allemand y allait lui aussi de son couplet et critiquait "la négligence des constructeurs allemands et plus particulièrement Volkswagen qui s'est désintéressé des nouvelles techniques visant à rendre les véhicules plus respectueux de l'environnement." Ajoutons à cela une pincée de campagne électorale où les candidats à la Chancellerie, Gerhard Schröder et Angela Merkel se disputent les faveurs des électeurs, le géant de Wolfsburg était attaqué de toutes parts au moment d'inaugurer son stand. Qu'allaient être l'attitude et la réponse du groupe Volkswagen ?
Faisant face aux questions, c'est Bernd Pischetsrieder, président de la firme, qui est monté le premier au créneau. Le dirigeant commençait par évoquer le scandale de corruption en "se félicitant que celui-ci n'avait eu aucunes répercussions sur les ventes du groupe, le mois d'août ayant même été le meilleur mois depuis longtemps." Hans Dieter Pötsch, directeur financier de Volkswagen, lui emboîtait le pas ajoutant de son côté que "la situation du groupe s'était améliorée par rapport au premier et deuxième trimestre." Quant à la question sociale, les dirigeants trouvaient même un allié de circonstance, en la personne de Christian Wulff, Premier ministre du Land de Basse-Saxe, mais également 1er actionnaire de Volkswagen, qui soutient les projets de Bernd Pischetsrieder arguant "qu'il serait fondamentalement mauvais d'attendre de Volkswagen quelque chose qui serait économiquement déraisonnable."
Le président du groupe pouvait alors annoncer un nouveau plan de rigueur visant des économies de coûts de 10 milliards d'euros d'ici 2008 en particulier dans le domaine des achats et de la production. Le groupe a, en outre, précisé que 7 milliards d'euros concernerait la seule marque Volkswagen. Les trois milliards supplémentaires devront être économisés dans les filiales Audi, Seat, Skoda et la division utilitaire. Bernd Pischetsrieder entend par ces économies "faire grimper son bénéfice avant impôts de 4 milliards d'euros à 5,1 milliards d'euros". Pour poursuivre la contre-attaque, c'est cette fois-ci Wolfgang Bernhard, responsable du groupe de marques Volkswagen qui annonçait "que l'entreprise commercialiserait cinq à dix nouveaux modèles d'ici 2010." Francfort tombait donc à point nommé pour répliquer aux attaques et le groupe ne s'est pas gêné pour montrer l'étendue de son savoir-faire. A commencer par la marque Volkswagen.