S'abonner
Constructeurs

Pour Volkswagen, l'électrification est la seule voie d'avenir à moyen terme

Publié le 7 septembre 2021

Par Catherine Leroy
4 min de lecture
Selon le dirigeant du groupe Volkswagen, Herbert Diess, le passage vers la voiture électrique ne peut se faire plus rapidement. Cette voie n'a pas été soutenue par les pouvoirs publics, empêchant une restructuration plus rapide de l'industrie automobile.
Herbert Diess, CEO de Volkswagen Group.
Herbert Diess, CEO de Volkswagen Group.

Fer de lance du diesel jusqu’en septembre 2015, date à laquelle l’affaire du dieselgate éclate lors du salon de Francfort, Volkswagen a désormais changé son fusil d’épaule et devient le chantre de la voiture électrique. Interrogé par l’AFP pendant le salon IAA Mobility de Munich, Herbert Diess, patron du deuxième groupe automobile mondial derrière Toyota en termes de ventes, n’a pas hésité à montrer du doigt le gouvernement allemand.

 

Le groupe, qui investit des dizaines de milliards d'euros dans le projet, compte vendre 50 % de véhicules électriques d'ici 2030. Dix ans plus tard, la proportion doit quasiment atteindre 100 % sur ses principaux marchés. Sa marque de luxe Audi sera entièrement électrique dès 2033. "Quelqu'un peut-il être plus rapide que nous ? J'ai mes doutes", a expliqué Herbert Diess. "Mais le tournant électrique a aussi définitivement été ralenti par les pouvoirs publics", a-t-il jugé. "Pour cette transition, vous avez besoin du bon environnement" dépourvu de diesel au prix artificiellement bas, a-t-il détaillé.

 

Des reproches pour Angela Merkel

 

Une flèche envoyée en direction d’Angela Merkel, qui visitait, ce 7 septembre 2021, le salon de l’automobile allemand. La dirigeante quittera la politique à l'issue des législatives du 26 septembre 2021 et ne se voit donc pas réellement remerciée pour avoir défendu aussi ardemment que possible l’industrie nationale auprès de la Commission européenne. Tout d’abord lors de la négociation des normes d’émissions de CO2 dites CAFE, en adoucissant la sanction du poids des véhicules assemblés par les constructeurs allemands. Mais aussi en poursuivant les avantages fiscaux liés au diesel.

 

Les subventions, cela permet d'atténuer les problèmes économiques à court terme, mais pas de construire une nouvelle structure Herbert Diess, PDG du groupe Volkswagen

 

"Primes à la casse, primes à l'achat de voitures électriques, subventions pour la production de batteries, aide au recyclage, allocations de chômage partiel - c'est l'environnement dans lequel l'industrie a évolué pendant 16 ans", a poursuivi Herbert Diess, lors de son entretien.  "Cela permet d'atténuer les problèmes économiques à court terme, mais pas de construire une nouvelle structure", observe-t-il. Outre une stratégie de recherche insuffisante, le dirigeant déplore le maintien de cadres dépassés : "l'avantage fiscal sur le carburant diesel, par exemple, est extrêmement décourageant et incompréhensible. Le boom du diesel a été alimenté par la baisse des taxes".

 

Pour se transformer, "vous avez besoin du bon environnement", abonde le PDG de Volkswagen. "Si vous gardez le diesel bon marché (...) personne n'achètera une voiture électrique, c'est impossible".

 

Pas d'alternative à l'électrique

 

S'il garde d'Angela Merkel un souvenir positif, "elle aurait pu être plus décisive dans certains domaines", notamment sur l'électrification. "Dans l'ensemble, nous sommes très heureux de la stabilité qu'elle a apportée et du soutien au secteur en matière de relations internationales", notamment pour maintenir la compétitivité face à la Chine et aux Etats-Unis, a souligné Herbert Diess, à la tête du groupe depuis 2018. "Désormais, le marché électrique allemand va bien, mais je suis plus inquiet pour l'Europe de l'Est ou du Sud, où le chemin sera encore long."

 

Ayant résolument engagé Volkswagen sur l'électrique, Herbert Diess estime que ceux qui souhaitent développer le moteur à hydrogène comme énergie alternative, comme le candidat conservateur à la succession d'Angela Merkel, Armin Laschet, négligent les enjeux scientifiques. Le grand patron estime que l'électrification est la voie d'avenir, la seule à moyen terme, et que la technologie hydrogène ne révolutionnera pas le marché des véhicules particuliers. De nombreux constructeurs se sont engagés à progressivement à tourner le dos aux moteurs thermiques alors que la Commission européenne pousse à la fin de ces technologies d'ici 2035.

Partager :

Sur le même sujet

Laisser un commentaire

cross-circle