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Constructeurs

Porsche passe au plug-in hybride

Publié le 4 juin 2013

Par Christophe Jaussaud
4 min de lecture
En attendant la 918, la Panamera sera la première Porsche plug-in hybride sur le marché en juillet prochain. Un véritable tournant qui ne remet toutefois pas en cause la philosophie de la marque. Explications.

La 100 000e Panamera vient de sortir de l’usine de Leipzig. Il s’agit d’une Panamera S E-Hybrid. La nouvelle arme de Porsche. Le constructeur écrit ainsi un nouveau chapitre de son histoire avec cette berline Plug-in hybride pétrie de qualités dont les plus étonnantes se résument en deux chiffres : 3,1 et 71. Il s’agit de sa consommation moyenne et de ses émissions de CO2/km. C’est 56 % de moins que la Panamera Full Hybride, apparue en 2011, qui affichait 7,1 litres et 167 g de CO2/km, des valeurs déjà raisonnable pour un tel véhicule. Voyons comment les ingénieurs de Zuffenhausen sont arrivés à ce résultat. “Un tel projet était considéré comme une utopie il y a encore quelques années” a lancé Uwe Michael, directeur électrique et système électronique de Porsche, que l’on a senti fier de nous présenter cette réalité.

Jusqu’à 36 km en 100 % électrique

Bien que la Panamera S Hybrid ait logiquement servi de base, la batterie, le moteur électrique, mais aussi l’électronique de puissance, presque tout a finalement été revu. Le moteur électrique, toujours placé entre le V6 à compresseur et la boîte automatique 8 rapports, a vu sa puissance grimper de 36 à 70 kW malgré un encombrement et une masse similaire. La batterie lithium-ion, toujours sous le plancher du coffre, affiche maintenant une capacité de 9,4 kWh (dont 7,3 d’utiles), soit 9 fois plus que la précédente batterie utilisant une technologie nickel-métal. De quoi offrir jusqu’à 36 km d’autonomie en mode 100 % électrique. Pour cela, l’accumulateur demande un temps de recharge compris entre deux heures et demie et quatre heures, selon la force du courant qui l’alimente. Mais la recharge peut également se faire en roulant, de préférence sur des parcours où la demande supplémentaire de puissance sur le moteur thermique ne viendra pas trop grever le rendement global. Sur autoroute, par exemple, le plein d’énergie se fera en 45 minutes environ. Le mode électrique, sélectionnable depuis la console centrale, permet ainsi à la Panamera de se mouvoir sans émission en ville, mais aussi ailleurs car ce mode de propulsion accepte une vitesse maximale de 135 km/h. Une fois l’énergie disponible épuisée ou si les sollicitations deviennent trop fortes, la berline bascule alors en mode hybride, traditionnel. L’ensemble de ces modifications a fait augmenter la masse du véhicule de 115 kg, dont 49 pour la seule batterie qui est passée de 80 à 129 kg. Si Porsche livre ainsi l’une de ses visions hybrides Plug-in, elle est loin d’être la seule, comme en témoigne la 918 ou la 911 GT3 R Hybrid, qui s’est illustrée sur les circuits avec un système à volant d’inertie, mais aussi les travaux en cours pour encore améliorer le système avec, par exemple, ceux sur le moteur électrique qui atteindra bientôt 95 kW. Ce n’est que le début d’une nouvelle et longue histoire.

Un bonus de 4 000 euros en France

Cependant, ce “nouveau Porsche” n’en oublie pas pour autant son passé. En effet, tradition oblige, et bien que très efficiente, cette Panamera doit jouer la carte de la sportivité qui colle à son blason. La puissance cumulée du groupe moteur atteint tout de même 416 ch (333 ch pour le V6 et 95 ch pour le moteur électrique), de quoi abattre le 0 à 100 km/h en 5,5 secondes. Mais l’électricité entre dans ce schéma “sportif” en venant accompagner la mécanique thermique dans les phases d’accélérations maximales, mais aussi lorsque le mode sport est sélectionné. Dans cette situation, le bloc électrique intervient plus tôt pour accroître encore la performance.

En attendant la 918, mais surtout le Cayenne E-Hybride, car le SUV reste l’hybride le plus vendu de la marque, cette Panamera semble promise à un beau succès. Elle pourrait en effet facilement représenter 10 % des ventes du modèle, qui, pour mémoire, s’est écoulé à 30 429 unités dans le monde en 2012. Quant à la France, sa part pourrait être encore plus importante car, avec 71 g de CO2/km, synonymes d’une faible TVS pour les entreprises et de 4 000 euros de bonus pour les particuliers, les arguments sont solides. Comme nous le confiait Marc Ouayoun, le président de Porsche France, lors du dernier mondial : “Porsche a pris un virage salutaire sans toutefois renier ses racines et son héritage.”

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