...nécessaire entre les marques A et B, qu'une nouvelle offre tend à se tailler la part du lion chez les utilisateurs professionnels et les jeunes : le téléphone GPS.
"En 2006, 1,23 million de PND se sont vendus en France. En 2007, les estimations s'élèvent à plus de 2,6 millions, soit l'équivalent des ventes depuis leur mise sur le marché en 2004." Comment mieux résumer la situation que par cette explication de Julien Jolivet, responsable du secteur dédié au système de navigation de l'institut GfK. On a de cesse de le répéter, la navigation est le marché le plus porteur de l'électronique automobile. A l'échelle mondiale, on enregistre une progression de 123,5 % par rapport au second semestre 2006, soit 7,4 millions d'unités. Même les Etats-Unis, longtemps restés frileux à son égard, l'ont adopté et voient leur marché exploser avec une pénétration supérieure à 300 % ces deux dernières années. "Une croissance emmenée par une maturité et une connaissance du produit de la part du client, des prix de plus en plus abordables et des canaux de distributions rodés", analyse Cris Jones, vice-président du cabinet Canalys. En Europe, où le PND pèse 60 % des ventes mondiales, le produit progresse de 90 % en moyenne d'une année sur l'autre. En France, "plus de 15 % des ménages motorisés sont équipés", rappelle le responsable de GfK, "dont 41 % d'entre eux sont localisés dans Paris ou dans des villes de plus de 200 000 habitants." Dans le secteur de l'aftermarket électronique automobile, le GPS compte pour 72 % du chiffre d'affaires annuel, soit approximativement 715 millions d'euros en 2007 (455 millions d'euros en 2006). Des chiffres éloquents. Une pareille réussite suscite forcément la convoitise. Si bien que le nombre de marques a explosé. "Une cinquantaine de constructeurs sont dorénavant représentés sur le marché et plus de 200 références sont répertoriées", constate le cabinet d'étude. "Pour nous, c'est un business d'opportunistes plus que de fond", admet Julien Geffrotin, chef de produit du secteur automobile chez LG. Pourtant, au regard de l'évolution de l'offre, la promesse d'un eldorado s'est peu à peu effacée pour révéler une réalité plus amère. "Le métier de la navigation est complexe et nécessite une structure adéquate, rappelle Roger David Lellouche, directeur de Takara. Ce n'est pas la succes story, il faut du temps pour se faire une place et rentabiliser son engagement". Ainsi, beaucoup ont abandonné. Selon les leaders du marché, "cette sélection naturelle" entre les "marques A", qui sont appelées à demeurer et les "marques B" résulte simplement de la concurrence tarifaire à laquelle se livrent les ténors. Une émulation que seuls les grands constructeurs aux moyens de production substantiels peuvent assurer. Et Paul Notteboom, président de Mio Technology Europe d'éclaircir sa position : "Les prix sont constamment sous pression, il faut donc une valeur ajoutée solide pour résister et rester compétitifs. En tant que filiale de Mitac, numéro 1 des constructeurs de GPS, nous bénéficions de cette puissance industrielle nécessaire pour réduire nos coûts de fabrication." Sous-entendu que lorsque "certains sont obligés de les acheter à divers fournisseurs", Mio, par le biais de sa maison mère, "développe et produit ses propres composants". En termes de chiffres, GfK a observé "une érosion des prix de l'ordre de 27 %" sur l'année. Une tendance qui devrait se prolonger sur 2008 "sans pour autant réduire l'écart entre le haut et l'entrée de gamme."
Nokia s'offre Navteq !
C'est un véritable coup de tonnerre qui s'est abattu sur le monde de la navigation. Un mois à peine après le tour de force réussi par TomTom, Nokia annonce le rachat du cartographe Navteq. Le suédois n'a pas lésiné sur les investissements en dépensant pas moins de 5,7 milliards d'euros (8,1 milliards de dollars) pour conclure la transaction. Au vu d'une telle somme, le doute n'est plus permis : le géant de la téléphonie veut conquérir le marché et s'en donne les moyens. L'opération reste suspendue à la décision des autorités de régulation et ne devrait se finaliser qu'au premier trimestre 2008. Comme TomTom et Télé Atlas, Nokia "conservera l'activité de Navteq", assure Xavier des Horts, responsable communication du constructeur. Mais en parallèle une nouvelle ligne de produit verra le jour. Elle traitera le développement de solutions de navigation pour téléphones mobiles autour d'une multitude de services. Soit un système de cartographie totalement repensé. Selon le responsable, Nokia reste ouvert et "une revente de licences aux autres constructeurs intéressés par la suite n'est donc pas à exclure". Chez Navteq peu de commentaires. Christopher Galvin, le président du conseil d'administration a déclaré dans un communiqué que "l'offre de Nokia s'est révélée très intéressante pour les actionnaires de Navteq, avec une majoration de 34 % par rapport à la cotation du mois dernier", à hauteur de 55,21 euros par action.