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Constructeurs

L'industrie automobile française, grande perdante du coronavirus en Europe

Publié le 4 décembre 2020

Par Alice Thuot
5 min de lecture
Selon l’ACEA, la production automobile de toutes les zones du globe a été impactée par la crise sanitaire. L’Europe fait toutefois partie des plus sinistrées, et la France, un pays plus particulièrement ébranlé.
Niveau production, la France est l'un des pays les plus touchés par la crise sanitaire.
Niveau production, la France est l'un des pays les plus touchés par la crise sanitaire.

 

Dans son rapport sur l’économie et le marché, l’ACEA dresse le bilan de la santé du secteur automobile dans le monde, sur plusieurs volets, dont celui des ventes, des exportations, des importations ou encore de la production. Un rapport qui montre à quel point la crise du coronavirus est venue mettre à mal l’appareil industriel des zones du monde et de leur pays.

 

De janvier à septembre 2020, 40,5 millions de véhicules ont été produits dans le monde, soit un repli de 26 % par rapport à la même période de l’année précédente. Ce sont ainsi 14,2 millions d’unités qui manquent à l’appel. Toutes les zones géographiques n’ont pas été touchées de la même façon. L’Amérique du Sud a subi le plus sévère bilan avec un recul de 39,3 % de la production. Ici le volume est passé de 2,1 millions d’unités à 1,3 millions. En cause : le fort ralentisssement des usines au Brésil, qui représentent plus de 90 % de la production totale de l’Amérique du Sud.

 

L’Europe a perdu 4,1 millions d’unités

 

Deuxième zone la plus touchée, l’Amérique du Nord, qui fait état d’une diminution de sa production de 29,6 % avec 6,5 millions d’unités produites contre 9,3 millions l’an passé. La zone a pesé pour 16,1 % de la production mondiale. Le Vieux Continent s’impose malheureusement comme la troisième zone la plus touchée au monde.

 

Sa production a glissé de 29,2 % sur les neuf premiers mois de l’année, pour se limiter à 9,7 millions d’unités conte 13,8 millions il y a un an. Le redressement de la production automobile, nécessaire pour répondre à une demande stimulée par les aides mises en place dans certains pays, n’a pas suffit a compenser les graves perturbations causées par l’arrêt des usines au printemps, lors du premier confinement. Au global, l'Europe a représenté 24 % de la production mondiale.

 

L’Asie et la région Moyen-Orient Asie n’ont pas non plus été épargnées, avec une diminution respective de 22,3 % et 26,5 % de leur production soit 22,1 millions et 841 263 d’unités produites. L’Asie, malgré un recul particulièrement sévère en Thaïlande, Indonésie et Inde est restée la première zone de production au monde, représentant 54,7 % du total notamment grâce à la Chine, à l’origine de plus de la moitié des 22 millions de véhicules tombés des chaînes.

 

La France perd son troisième rang de producteur européen

 

Petit zoom sur la situation sur le Vieux Continent. La situation découlant de l'épidémie évolue rapidement et continue de provoquer des perturbations économiques massives dans toute la zone, affectant fortement la production. Ainsi, l'activité manufacturière de l'Union européenne a considérablement ralenti au cours des neuf premiers mois de l'année, les dix premiers pays producteurs de voitures enregistrant tous des baisses de production à deux chiffres. Une nation a plus particulièrement souffert : la France. Aucun marché n'a autant perdu en production, puisque le repli atteint 49,1 % par rapport à la même période de l’année précédente. Seules 627 999 unités sont sorties des chaînes, dans le pays, depuis le début de l’année, contre 1 233 944 véhicules au même point de passage en 2019.

 

Le pays laisse donc sa troisième place de producteur européen, pour être relégué au cinquième rang, derrière l’Allemagne, toujours leader malgré une chute de 30,1 % des cadences avec 2,9 millions d’unités produites depuis le début de l’année, l’Espagne (-24,9 % et 1,2 million), et donc, désormais, la République tchèque (-24,3 % et 303 279 unités) et la Slovaquie (-22,6 % et 630 757 unités). Il faut dire que le redémarrage des usines en France a été plus que laborieux au lendemain du premier confinement. 

 

Laborieux redémarrage et exode de la production 

 

D’abord parce que la reprise d’un tel appareil après une fermeture complète de plusieurs semaines prend forcement du temps. Mais on se souvient aussi par exemple de la bataille judiciaire menée par le CGT sur le site de Sandouville, qui avait contraint a suspendre la production qui ne permettait pas, selon la décision du tribunal judiciaire du Havre, "d’assurer la sécurité des travailler de l’usine face aux risques". Le second confinement, bien que plus souple, a également impacté la production. Dans l’usine PSA de Rennes-La Janais (35), l’équipe de nuit, réintégrée en août 2020 après avoir disparu lors du premier confinement, a été une nouvelle stoppée depuis le 16 novembre. Même histoire à PSA Sochaux (25), qui n’a finalement pas retrouvé sa cadence maximale de production en 2020 comme prévu puisque le second confinement a eu raison de la mise en place d’une équipe de weekend.

 

A ces difficultés s'ajoute l'inexorable exode de la production des best-seller des constructeurs français vers d’autres contrées. Comme la Clio V, auparavant originaire de Flins, désormais assemblée en Turquie, ou encore la 208, déjà délocalisée auparavant aux côtés de la C3 en Slovaquie et désormais également assemblée au Maroc. Sans oublier le 2008, désormais espagnol. Et l’hémorragie ne semble pas prête de s’arrêter alors que DS vient de confirmer la production de sa DS4, façonnée selon l’idée du luxe à la française, en Allemagne.

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