S'abonner
Constructeurs

L'Europe veut encore durcir les normes d'émissions des véhicules

Publié le 9 décembre 2020

Par Christophe Jaussaud
3 min de lecture
Afin de réduire, d'ici 2050, les émissions de gaz à effet de serre de 90 % dans le secteur des transports, l'Union européenne a en partie dévoilé sa feuille de route. Elle y annonce notamment un durcissement des normes d'émissions polluantes pour les VP, VUL et PL.
Frans Timmermans, vice-président de la Commission chargé du climat, et Adina Valean, commissaire européen chargée des transports, le 9 décembre 2020.
Frans Timmermans, vice-président de la Commission chargé du climat, et Adina Valean, commissaire européen chargée des transports, le 9 décembre 2020.

 

"Il est nécessaire de réduire de 90 % les émissions de gaz à effet de serre dans le secteur des transports d'ici 2050 pour que l'Europe devienne à cette date neutre en carbone", a rappelé l'exécutif européen en présentant sa feuille de route pour une "mobilité durable". Pour y parvenir, Bruxelles entend proposer d'ici l'été 2021 un durcissement des normes d'émissions polluantes pour les voitures et camionnettes, avant de s'attaquer d'ici 2022 à celles des poids-lourds. De nouvelles contraintes qui garantiront selon elle que "seuls des véhicules à faibles émissions seront mis sur le marché". L'UE souhaite que plus de 30 millions de véhicules zéro émission soient sur les routes du continent d'ici 2030.

 

Lire aussi : Objectifs CO2 : vers une réduction à 60 g/km d'ici 2030

 

Outre l'encouragement de mesures fiscales (potentiellement dans le cadre d'un marché du carbone renforcé), la Commission européenne appelle par ailleurs à développer "à grande échelle" les infrastructures de recharge pour voitures électriques et à hydrogène : il faudrait construire 3 millions de points publics de recharge d'ici 2030. "Nos ambitions sont réalistes. Le contexte politique a changé : on voit clairement une prise de conscience aux niveaux politique, industriel et du secteur des transports", a fait valoir lors d'une conférence de presse Frans Timmermans, vice-président de la Commission chargé du climat.

 

Lire aussi : L'Europe veut encore serrer la vis sur le CO2

 

"On a des besoins en transports en augmentation, et en même temps, il faut réduire le fardeau environnemental... Il y a déjà des choses simples à changer : il y a par exemple une dizaine de vols par jour entre Bruxelles et Amsterdam, alors qu'il y a le train", a-t-il fait valoir. De fait, Bruxelles prévoit que, d'ici 2030, les transports collectifs sur des trajets inférieurs à 500 km soient impérativement "neutres en carbone"... notamment en transférant davantage de fret et de passagers vers le rail. L'UE entend doubler en dix ans la circulation des trains à grande vitesse et accroître de 50 % le fret ferroviaire.

 

Dans le secteur aérien, la Commission mise sur la commercialisation d'avion gros-porteurs sans émissions d'ici 2035. En attendant, elle proposera de réduire les crédits carbone dont dispose le secteur aérien. Des navires "zéro émission" sont eux attendus sur le marché dès 2030. L'UE n'a cependant dévoilé dans l'immédiat aucune mesure concrète accompagnant sa feuille de route, qui fera l'objet de propositions soumises aux eurodéputés et Etats membres. Les vingt-sept, réunis en sommet jeudi et vendredi, doivent adopter cette semaine un objectif de réduction de gaz à effet de serre de l'UE pour 2030. (avec AFP)

Partager :

Sur le même sujet

Laisser un commentaire

cross-circle